Extincteurs à bord : nos conseils

Equipements
Jeudi 2 juillet 2020 à 6h27

La règlementation française impose, suivant le type de bateaux, des extincteurs répondant à la norme A, B, C. Les professionnels fabricants, motoristes et pompiers sont unanimes, ces produits sont effectivement efficaces, mais la poudre qu’ils contiennent, peut être destructive pour les installations électriques et la motorisation. Tous nos conseils.

Extincteur CO2 recommandé pour le moteur et les installations électriques ©Albert Brel
La règlementation française impose, suivant le type de bateaux, des extincteurs répondant à la norme A, B, C. Les professionnels fabricants, motoristes et pompiers sont unanimes, ces produits sont effectivement efficaces, mais la poudre qu’ils contiennent, peut être destructive pour les installations électriques et la motorisation. Tous nos conseils.

Les différents types d’extincteurs

 

L’origine d’un feu est classée selon cinq lettres A, B, C, D et F. La lettre A est attribuée à un feu sec (bois, papier), la B à un feu gras (huile, gasoil, essence), la C au gaz, la D aux matériaux (aluminium et alliages), quant à la F, elle correspond à un feu d’origine grasse telle que l’huile chaude. Le chiffre indiqué donne le volume d’extinction. Difficile d’avoir à bord un extincteur dédié à chaque type de feu. Pour pallier ce problème, on trouve des modèles à poudre dits universels de type A, B, C. Ils sont universels mais pas sans danger.

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Extincteur proche du tableau électrique© Albert Brel

Les dangers des modèles A, B, C

L’avantage de ces modèles est qu’ils sont polyvalents et qu’ils peuvent convenir sur tous types de feux susceptibles de se déclarer à bord. Dans un premier temps, la poudre souffle la flamme ensuite, par réaction chimique, elle va l’étouffer. La poudre est composée principalement de sulfate et de sel d’ammonium auxquels sont ajoutés des additifs. Cette composition chimique si elle est efficace pour éteindre un feu, est très corrosive et destructive pour les installations électriques, électroniques ainsi que les moteurs. Tous les motoristes sont unanimes, elle va éteindre un feu dans un compartiment moteur, mais du fait qu’elle est extrêmement fine, elle va être aspirée par le filtre à air et provoquer des dégâts importants sur le moteur et ses périphériques électriques (démarreur, alternateur, câble…). Alors que faire pour le compartiment moteur ainsi que pour les installations électriques ? S’équiper d’un extincteur à gaz (dioxyde de carbone CO2).

Extincteur à gaz : efficacité et limite

Le gaz (CO2) contenu dans ces modèles est efficace dans les espaces fermés, par exemple, un compartiment moteur. Il étouffe rapidement le feu par privation d’oxygène. S’il est sans aucun danger pour le matériel mécanique et électrique, sa portée est minimum (de l’ordre de 1 m) et la détente du gaz provoque un froid intense. La portée minimum n’est pas un handicap. La règlementation impose un orifice sur le compartiment moteur pour pouvoir envoyer le gaz (ou la poudre) sans avoir à l’ouvrir, quant au froid, il suffit de se munir d’un gant. Sur le marché, on trouve des extincteurs à gaz portatifs et à commande à distance. A noter que la révision d’un modèle à gaz est tous les dix ans. Là, il est préférable de le changer plutôt que de le faire réviser.

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Incendie sur un ponton© Albert Brel

La règlementation

Si votre bateau est marqué CE, les moyens de lutte contre l'incendie sont définis par le constructeur du bateau et mentionnés dans le manuel du bateau. Pour les bateaux non CE, ils sont définis par la division 245 (mai 2015) et sont les suivant :

Moteur hors-bord

Pour les moteurs dont la puissance et inférieure à 295 CV (220 kW) il est demandé un extincteur (ou plusieurs) d’une capacité 34B. Pour une puissance supérieure un (ou plusieurs extincteurs) d’une puissance égale à 0.3 à celle de la motorisation en kW. Par exemple, pour un moteur de 300 kW (400 CV), ce sera un extincteur de 90B.

Moteur in-bord

La mise en œuvre de l’extincteur doit se faire par un orifice obturable donnant dans la salle des machines (sauf véhicules nautiques à moteur). Pour une puissance inférieure à 120 kW (160 CV) un 34 B est demandé. Pour une puissance supérieure à 120 kW, le ou les extincteurs doivent avoir une capacité totale de 68B avec une mise en œuvre à distance.

Hors motorisation

Il faut à la cuisine si équipée par exemple d’une cuisinière électrique, un extincteur 5A/34B et si la cuisine est à flamme ouverte il faut en plus une couverture. Dans l’espace habitable avec couchette, un 5A/34B (1 kg) à moins de 5 m d’une couchette, pour les installations électriques supérieures à 50 volts alternatif, un extincteur 5A/34B diélectrique. Et pour les navires de plus de 18 m, il faut un réseau d’extinction par eau sous pression.

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Couverture à placer au-dessus de la cuisine© Albert Brel

Nos recommandations

Ayez au minimum ce qu’impose la réglementation et vérifier les dates de validité portées sur les extincteurs. Le temps de décharge est très bref, par exemple, pour un modèle à poudre de 1 kg ou à CO2, il est inférieur à 10 secondes. Il est préférable d’avoir deux extincteurs plutôt qu’un plus volumineux. Par exemple, pour un moteur où il est imposé un 89B (2 kg) il vaut mieux en prendre deux de 45B (1 kg).

Ils doivent être placés aux points importants (cuisine, table à carte, cabine), et faciles à prendre.

Pour le compartiment moteur, si vous optez pour un au CO2, il doit être près de l’orifice du compartiment. Il ne faut jamais ouvrir le compartiment car tout appel d’air et apport d’oxygène attise le feu. Pour la cuisine, la couverture anti-feu est beaucoup plus efficace qu’un extincteur et ne provoque pas de dégâts.

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.