Essai Leopard 53 PC : changement de dimension

Bateaux à moteur
Mardi 24 août 2021 à 12h28

Avec le Leopard 53 PC, la marque aux quatre griffes, implantée en propre en Europe depuis 2010, affiche une ambition accrue sur le marché du catamaran à moteur. Architecture dédiée, design séduisant, l’héritier d’une longue lignée de multicoques venus de l’hémisphère Sud, se veut ambitieux. À peine débarqué du cargo qui l’a amené jusqu’en Europe, Figaro Nautisme est monté à son bord, pour découvrir, en navigation, cette quatrième génération qui pourrait bien battre des records.

©Jérôme Kelagopian / Leopard Catamarans
Avec le Leopard 53 PC, la marque aux quatre griffes, implantée en propre en Europe depuis 2010, affiche une ambition accrue sur le marché du catamaran à moteur. Architecture dédiée, design séduisant, l’héritier d’une longue lignée de multicoques venus de l’hémisphère Sud, se veut ambitieux. À peine débarqué du cargo qui l’a amené jusqu’en Europe, Figaro Nautisme est monté à son bord, pour découvrir, en navigation, cette quatrième génération qui pourrait bien battre des records.

En 2002, le chantier Robertson & Caine lançait son premier Power Cat, le Leopard 47, vite suivi par un 39, tous deux pouvant également être badgés Moorings ou Sunsail au sein des deux sociétés de location également propriétés de Travelopia. Quatorze années plus tard, la division marine du groupe se donne les moyens, avec ce nouveau 53 pieds, de faire encore mieux que son prédécesseur. Bien que vendu à 140 exemplaires en seulement cinq ans, le Leopard 51 PC était en effet, comme ses prédécesseurs, une adaptation d’un voilier, alors que ce nouvel opus bénéficie d’un développement entièrement dédié. Si le duo d’architectes maison, Simonis & Voogd, œuvre toujours à la conception, ils ont cette fois dessiné un catamaran à partir d’une page blanche, avec des carènes et une structure taillées pour une propulsion motorisée et non plus vélique. Pour Alex Simonis, recevoir un cahier des charges rédigé tel celui du Leopard 53 PC est un réel plaisir : « il devait être plus grand, mieux aménagé et plus rapide que le 51, mais en utilisant les mêmes moteurs, issus de la série 8LV de Yanmar, des V8 puissants, parfaitement équilibrés avec un excellent ratio poids/performance. Ces moteurs, associés à des carènes dessinées spécifiquement, avec une optimisation du flux autour des hélices, nous ont permis de pousser la vitesse moyenne de croisière de ce catamaran autour de 18 nœuds, et la vitesse max à plus de 24 nœuds. Mais la bonne nouvelle c’était surtout que nous pouvions partir d’une page vierge, sans aucune contrainte liée aux catamarans Leopard à voile, pour dessiner les aménagements. »

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© Jérôme Kelagopian / Leopard Catamarans

Le bonheur de la page blanche

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© Jérôme Kelagopian / Leopard Catamarans

Si l’esthétisme de la ligne de hublots de coques rappelle celui du Leopard 42, amené à se développer sur l’ensemble des modèles, c’est là le seul point commun avec la gamme voile. Car le bénéfice de cette conception 100 % dédiée au moteur est immédiatement perceptible dès les premiers pas à bord. Libéré des contraintes de manœuvres et de structure d’un pont de voilier, le cockpit se déploie librement sur toute la largeur du catamaran. On circule avec facilité autour des deux grandes assises en L, méridienne-lounge sur tribord, autour de la table sur bâbord. On y est toujours bien à l’abri, tant du vent lié à la vitesse que des rayons du soleil puisque l’immense flybridge se prolonge jusqu’à la poutre arrière du navire. Accessible par l’escalier présent à tribord, cette immense terrasse avec vue sur mer à 360 degrés deviendra vite le centre névralgique du bateau. Protégé d’un excès de soleil par son bimini rigide et d’une bonne partie du vent apparent par un discret pare-brise, on mène ce grand catamaran du bout des doigts depuis l’assise double du poste de barre. Boissons et collations seront préparées dans la cuisine extérieure, en long sur tribord. Tout l’équipage peut se retrouver sur la grande banquette en U qui entoure une belle table de teck fixe. Enfin, les plus férus de bronzage s’inviteront sur l’immense bain de soleil arrière.

Montée en gamme à tous les étages

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© Jérôme Kelagopian / Leopard Catamarans

Revenus sur le pont principal, la curiosité nous pousse très vite à faire coulisser la grande baie vitrée qui sépare le cockpit des aménagements de ce catamaran à moteur nouvelle génération. Accéder par la cuisine, entre immense bloc froid sur notre gauche et cuisine en long sur notre droite aurait pu surprendre. La disposition est en réalité parfaite puisque le salon situé à l’avant, en vis-à-vis du poste de barre intérieur, très cossu, bénéficie ainsi d’une vision frontale panoramique incomparable grâce aux impressionnants hublots verticaux. Est-ce la teinte originale des vitrages ? Le gris « bois flotté » des boiseries ? La qualité de la sellerie ou des équipements ? Sans doute est-ce le résultat de leur subtile association, mais l’impression de montée en gamme est immédiatement perceptible. Une sensation qui n’est bien sûr aucunement démentie lorsque l’on s’aventure dans la coque tribord, réservée au propriétaire. Mais peut-être devrait-on dire armateur au regard des mensurations de la suite qui s’étend sur plus de huit mètres de long, la dimension des hublots de coque le disputant à celles du couchage (174 x 196). À bâbord, les deux cabines invités sont plus classiques, mais ne manquent pas d’espace non plus, dotées chacune d’une salle d’eau privative avec douche séparée bien sûr. Évolution plus que notable de ce 53 pieds, qui fait entrer Leopard dans la catégorie supérieure, les moteurs se trouvent en arrière de toute la zone aménagée, séparés de celle-ci par une épaisse cloison parfaitement isolée.

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Jusqu'à 2 000 milles d'autonomie

En mer justement, dans les conditions certes printanières rencontrées lors de cet essai en baie de Saint-Raphaël, le Leopard 53 PC a fait preuve du comportement marin que l’on pouvait attendre d’un catamaran de cette taille. Croiser en permanence à plus de 20 nœuds n’est pas le programme de cette unité mieux dimensionnée pour vous emmener sereinement entre 13 et 15 nœuds. Mais il en est tout à fait capable et nous ne nous privons donc pas de le tester dans cette limite haute de ses deux moteurs Yanmar de 370 CV. En virage serré à haute vitesse, le Leopard s’incline sereinement de quelques degrés. Même installés sur le flybridge, on ne risque pas de perdre l’équilibre. Mieux, lorsque l’on va croiser, volontairement, les vagues laissées par un motoryacht d’une trentaine de mètres en route vers Saint-Tropez, quelques embruns arrivent bien jusqu’aux vitrages de la nacelle, mais pas plus. Le volume mis dans les étraves amortit en quelques secondes le tangage initié par ces vagues inattendues et le puissant catamaran reprend une route parfaitement stable en un instant. En vitesse de croisière, l’insonorisation soignée des moteurs bien isolés des cabines devrait permettre à tous de se reposer sereinement. Enfin, autour de huit nœuds, la consommation se réduit drastiquement et permet d’envisager une autonomie transatlantique. L’espace disponible et la présentation flatteuse ne doivent pas nous faire oublier que l’on ne se trouve « que » sur un 53 pieds. Nous n’en aurons que plus de mansuétude dans les rares petites remarques que nous pourrions formuler. Un escalier d’accès au flybridge un peu étroit ici, une hotte de cuisine pas idéalement intégrée là. Nous ne sommes pas sur un super-yacht de 70 pieds mais nous pourrions nous laisser griser. Si vous en doutez, le prix de vente standard à moins de 900 000 euros H.T. sera là pour vous le rappeler. Un tarif particulièrement attractif dans le créneau des 50 à 60 pieds où les grands chantiers européens sont curieusement absents. Seul le sino-américain Aquila vient de lancer un 54 pieds, cependant 20 % plus cher. Usage privatif ou charter, design percutant, espaces séduisants, finition soignée, le Leopard 53 PC a toutes les clés pour réussir. Avec 60 unités déjà commandées avant toute présentation officielle hors des États-Unis, c’est d’ores et déjà une réussite.

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© Jérôme Kelagopian / Leopard Catamarans

Les +

- Montée en gamme réussie

- Vrai catamaran moteur multi-usage, de la location au grand voyage

- Suite propriétaire

Les -

- La cuisine moins « huppée » que le reste des aménagements

- Certaines options onéreuses

- À quand des foils pour réduire la consommation ?

Fiche technique

Longueur hors-tout : 15,40 m

Maître bau : 7,67 m

Déplacement lège : 18 629 kg

Tirant d’eau : 0,97 m

Capacité carburant : 2 200 l

Capacité d’eau : 700 l

Cabines : 3/4

Couchages : 6/8

Motorisation standard : 2 x 370 cv

Constructeur : Roberston & Caine (Afrique du Sud)

Prix

Prix de base : 889 000 € H.T.

Prix version essayée : 1 288 487 € H.T.

Quelques options

- Propulseur d’étrave en tunnel : 11 172 € H.T.

- Pack électronique Raymarine : 15 702 € H.T.

- Transport par cargo depuis Cape Town vers Nice (estimation) : 51 852 € H.T.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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