Les aires de carénage : obligatoires mais sont-elles sécurisantes ?

Equipements
Samedi 25 septembre 2021 à 12h32

Dans les eaux sans marées, la question ne se pose pas. Pour caréner le bateau, il faut le faire sortir dans un chantier disposant d’une aire de carénage conforme avec récupération des déchets et des eaux usées. Dans les régions à marées comme en Manche et Atlantique, on peut utiliser la même méthode ou, comme le pratique la majorité des plaisanciers, se rendre sur une aire de carénage dédiée disponible dans plus en plus de ports. Malheureusement, ces aires ne sont pas toutes sécurisantes et peuvent être, pour certaines, dangereuses.

Aire de carénage des Bas Sablons à Saint-Malo, bien protégée ©Albert Brel
Dans les eaux sans marées, la question ne se pose pas. Pour caréner le bateau, il faut le faire sortir dans un chantier disposant d’une aire de carénage conforme avec récupération des déchets et des eaux usées. Dans les régions à marées comme en Manche et Atlantique, on peut utiliser la même méthode ou, comme le pratique la majorité des plaisanciers, se rendre sur une aire de carénage dédiée disponible dans plus en plus de ports. Malheureusement, ces aires ne sont pas toutes sécurisantes et peuvent être, pour certaines, dangereuses.

La réglementation en vigueur

 

Si on remonte quelques années en arrière, dans les régions à marées, pour caréner les bateaux, il était de coutume de l’échouer contre un quai ou sur une plage et, pendant la durée de la marée, de le caréner et de passer l’antifouling. Cette pratique est maintenant interdite. Comme nous l’avons évoqué, deux solutions restent possibles : se rendre dans un chantier ou sur une aire dédiée à cet effet.

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Il n'est plus possible de caréner sur une plage© Albert Brel

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Sortie d'un bateau de l'eau pour carénage chantier© Albert Brel

Pourquoi une aire de carénage peut être dangereuse ?

Une aire de carénage est constituée d’une dalle de béton sur laquelle les bateaux viennent s’échouer. Cette aire doit être dans une zone submersible à marée haute, découverte à marée descendante et située dans un endroit où il n’y a aucun risque de remontée d’eau rapide lorsque le bateau est en phase d’échouage, échoué voire lors de la remontée de l’eau. En clair, il doit se poser doucement sur la dalle de béton. Pour cela, il est impératif que l’aire soit située dans un endroit abrité. En résumé, il doit s’échouer normalement au rythme de la marée. Si on prend l’exemple celle de Saint-Malo (port des Sablons), elle est située au fond du port. Elle est constituée d’une dalle de béton de 14 mètres de large sur une longueur totale de 50 mètres (30 mètres dans sa partie haute) avec une inclinaison de 7.25% et d’un appontement d’accostage pour les bateaux qui ne peuvent pas béquiller. Côté équipement, il y a des nettoyeurs haute pression ainsi que des prises d’eau et d’électricité. De par sa position au fond du port et sa protection à marée basse par le seuil du bassin (2 mètres), il n’y a aucun risque qu’un mouvement d’eau rapide ne vienne submerger la dalle d’échouage. Prenons un autre exemple, une aire de carénage ouverte vers le large. Lorsque la mer est calme, tout se passe comme sur une qui est abritée mais en cas de mauvais temps voire de mouvement d’eau (vague), provoqué par un bateau qui passe au large, il en est tout autrement. Là, si le bateau est échoué, en phase d’échouage ou encore au moment de la remontée de l’eau, il est soulevé par la vague et retombe de tout son poids sur la dalle de béton. Dans ce cas, les dégâts peuvent être importants. Si le bateau est béquillé, peu de béquilles résistent à un tel choc ou alors c’est le liston voire la coque qui est endommagée. Si les béquilles cassent, ce qui est généralement le cas, c’est le bateau qui retombe sur sa quille, son safran voire sur l’arbre d’hélice. Dans ce cas, les dégâts peuvent être conséquents pouvant aller jusqu’au défoncement de la coque par la quille, l’arbre et l’hélice peuvent être endommagés voire la mèche de safran tordu et ce dernier détérioré, etc.

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Aire de carénage de Plouër ouverte vers le large© Albert Brel

Notre avis

La carène d’un bateau doit être inspectée annuellement. Même si vous vous contentez d’un simple nettoyage sans passer d’antifouling, cela permet de changer les anodes, de vérifier les capteurs (loch, sondeur), les passe-coques, l’arbre d’hélice, la chaise, etc. Pour le faire, en Méditerranée, vous devez vous rendre dans un chantier. Dans les régions à marées vous pouvez opter soit pour la solution chantier soit pour l’aire de carénage. Si vous choisissez cette dernière, avant de vous y rendre, il est conseillé d’aller voir des bateaux qui y sont en carénage. Cela vous permettra de voir les différentes possibilités d’échouage (béquilles ou contre un quai), le temps d’échouage en fonction de la hauteur d’eau, l’équipement, sur certaines on peut louer un nettoyeur haute pression, sur d’autres il faut apporter son propre matériel, retenir sa place, etc. Ces aires sont gérées par le port qui vous communiquera toutes les informations nécessaires. Dernier point, prenez en compte l’emplacement de l’aire et évitez, dans la mesure du possible, celles qui qui sont orientées vers le large voire dans une zone ouverte, sans protection vers le large. Même par très beau temps, vous êtes toujours à la merci d’un bateau qui passe au large et qui crée une vague avec toutes les conséquences que nous avons mentionnées.

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Grutage pour carénage à terre© Albert Brel

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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