Nous avons testé pour vous : la manivelle de winch Ewincher

Equipements
Jeudi 31 mars 2022 à 11h26

La manivelle électrique n’est pas vraiment un produit récent, mais, jusqu’à présent, il faut bien reconnaître qu’elle n’avait pas rencontré un grand succès auprès des plaisanciers. Une des raisons principales était son alimentation électrique. Sur batteries, son autonomie est faible et, sur le circuit électrique du bord, cela nécessite une installation importante et la manivelle n’est plus indépendante. Ewincher, en utilisant des composants électroniques et des batteries de la dernière génération a réussi, comme nous allons le voir, à redonner à cet équipement tout l’intérêt qu’il mérite.

©Albert Brel
La manivelle électrique n’est pas vraiment un produit récent, mais, jusqu’à présent, il faut bien reconnaître qu’elle n’avait pas rencontré un grand succès auprès des plaisanciers. Une des raisons principales était son alimentation électrique. Sur batteries, son autonomie est faible et, sur le circuit électrique du bord, cela nécessite une installation importante et la manivelle n’est plus indépendante. Ewincher, en utilisant des composants électroniques et des batteries de la dernière génération a réussi, comme nous allons le voir, à redonner à cet équipement tout l’intérêt qu’il mérite.

Ewincher, la manivelle repensée

Pour concevoir sa manivelle, Ewincher n’a pas repris les idées existantes du tout électrique. Le responsable de la société, étant lui-même plaisancier, est parti du concept d’une manivelle manuelle mais lui a intégré une assistance électrique. Il a repris les points essentiels de cette dernière : la longueur et la possibilité de l’utiliser sur tous les winches. La longueur de 250 mm n’est pas un détail. Elle a été retenue comme standard, par tous les fabricants de manivelles manuelles pour plusieurs raisons : l’ergonomie (meilleures positions pour l’utilisateur) et pouvoir comparer entre eux les caractéristiques des différentes marques de winches. Avec une manivelle plus petite, il existe des 200 mm, on a une perte 20%. Avec une plus grande, par exemple le double, on doublerait la puissance mais au risque de détériorer la pignonnerie des winches. De plus lorsqu’un chantier de construction navale positionne un winch sur un bateau, il prend en compte cette longueur pour éviter qu’un équipement, par exemple un taquet, vienne entraver la rotation de la manivelle. Pour pouvoir l’utiliser sur tous les winches du plus petit au plus gros, son carré où l’on positionne la manivelle, placé sur la tête du winch, est celui défini par une normalisation internationale.

Les possibilités offertes

Sur le pommeau de la manivelle, un bouton donne accès au mode manuel ainsi qu’à l’inversion de sens. Un deuxième bouton sur la poignée assure la rotation (assistance électrique), plus on appuie plus elle est rapide. Deux autres boutons, l’un placé à l’avant correspond au déverrouillage du carré de blocage sur le winch et la mise sous tension, l’autre placé latéralement permet de sortir la batterie.

Les quatre possibilités offertes que nous allons détailler dans la prise en main sont : le mode manuel, le mode électrique (15 à 80 t/mn), le mode combiné et le sens de rotation.

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Envoi de la grand-voile© Albert Brel

La prise en main

Le mode d’emploi décrit bien toutes les possibilités que nous venons de citer avec des illustrations pour chaque utilisation. En pratique :

- on positionne la manivelle, comme une manuelle sur le winch. Le bouton (3) permet le verrouillage/déverrouillage.

- on la tient fermement comme une visseuse électrique.

- on ne pousse pas la manivelle mais on la maintient.

Sans action sur les boutons (1 et 2) du pommeau et de la poignée, la manivelle est débrayée. Il est alors possible de la positionner en la tournant sur le winch pour trouver la meilleure position de travail.

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Réglage de la grand-voile© Albert Brel

Les manœuvres principales :

Vitesse 1 (voyant vert allumé) placer la manivelle à gauche du winch, perpendiculaire à l’utilisateur. La tenir fermement et actionner le bouton (2) qui assure la rotation. On maintient la manivelle et on pilote la rotation par pression sur le bouton de la poignée (2).

Vitesse 2 (voyant violet allumé), placer la manivelle à droite du winch et effectuer la même manœuvre qu’en vitesse 1.

Sens de rotation

En tirant la manivelle vers soi pour la faire passer de l’autre côté du winch, on change le sens de rotation. On peut également choisir le sens par une impulsion sur le bouton du pommeau (1).

Mode combiné lorsqu’on utilise la manivelle en électrique, on peut également la tourner manuellement. Dans ce cas, la manœuvre est deux fois plus rapide.

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Ewincher sur guindeau© Figaro Nautisme

Mode manuel

Rien ne vous empêche de l’utiliser comme une manivelle manuelle. On peut également l’utiliser comme une clef à cliquet. Pour le faire, il suffit de maintenir le bouton du pommeau (1) enfoncé et de tirer la manivelle vers vous.     

Qu’en est-il de la puissance ?

Une personne fournit un effort moyen de 15 à 25 kg sur une manivelle de winch. Pour connaître la force résultante, il faut tenir compte du diamètre de la poupée, du rapport de vitesse et de la longueur de la manivelle. Si nous prenons un winch de 40 ayant des rapports de vitesse de 1/1 (première vitesse) et 6/1 (deuxième vitesse) avec un diamètre de poupée de 37 mm, on obtient des rapports de vitesse de (254/37) x 1 = 6,85 sur la vitesse 1 et (254/37 x6) = 41 sur la vitesse 2. Soit une force résultante comprise entre 100 kg (6,85x15) et 170 kg (6,85x25) sur la vitesse 1 et sur la vitesse 2 entre 615 kg (41x15) et 1025 kg (41 x 25). 

Ewincher en standard est livrée réglée sur 23 kg. Cette force permet d’obtenir une force maximum de 157 kg (23x6, 85) à 943 kg (23x41) sur notre winch de 40. A l’aide de l’application gratuite (smartphone), vous pouvez régler cette force entre 10 et 36 kg. Sur le réglage maximum 36 kg, on obtient sur un winch de 40 une force de 274 kg (vitesse 1) et une de 1 312 kg (vitesse 2). Mais, dans ce cas, si la puissance est importante, la force de l’équipier qui retient la manivelle doit l’être aussi. Une valeur maximum à ne pas mettre entre toutes les mains et pas sur tous les winchs au risque de détériorer la mécanique. Ce réglage doit être utilisé non pas pour aller au-delà de 23 kg mais plutôt en dessous en fonction des winchs. A titre indicatif, un équipier peut difficilement wincher en rotation complète à partir du moment où l’effort à fournir sur la poignée dépasse 25 kg. Le couple (90 N/m) que peut développer Ewincher équivaut à une force de plus de 36 kg. Côté rapidité, ce même équipier peut difficilement wincher en manuel (tension sur les cordages modérée) à plus de 60 tours/minute et coté endurance, s’il est en pleine forme, il est capable de délivrer au maximum 200 watts sur 30 secondes en winchant de façon constante, au-delà, il ralentira progressivement. Ewincher a une puissance de 450 watts et une rotation de 100 tours/minute. En résumé, Ewincher, sans parler de l’endurance, est plus rapide et plus puissante qu’un équipier.

La recharge à terre et en mer

La manivelle est fournie avec un chargeur 115/230 volts assurant une recharge complète, suivant l’état de la batterie, en 90 minutes. Pour la recharge à bord, un convertisseur 12/230 volts de 150 watts permet de recharger la batterie. Ce dernier se branche sur une prise allume-cigare. Assurez-vous que vous en possédez une sur votre bateau ou que votre convertisseur permet de brancher le chargeur fourni d’une puissance de 350 watts. Pour obtenir une recharge complète à partir du convertisseur branché sur les batteries de bord, comptez un courant moyen de 6 Ah prélevé sur ces dernières soit environ de 2% de capacité sur un parc batteries de 200 Ah.

Passer à la manivelle électrique ou motoriser les winches

Les prix relevés chez les accastilleurs de 2 299 euros pour la manivelle et 349 euros pour la batterie supplémentaire, peuvent rebuter certains. En fait, il faut raisonner par rapport à la motorisation d’un winch (possibilité offerte sur certains modèles). Si on prend comme exemple la motorisation d’un modèle de 40 le prix moyen est de 2 400 euros et le coût d’un modèle électrique de même diamètre se situe entre 3 000 et 4 000 euros. Avec la Ewincher, on est proche de ces prix mais elle permet de motoriser tous les winches du bord.

L’application smartphone

La manivelle peut être connectée en Bluetooth à un smartphone (application gratuite en anglais). Elle permet de régler la force maximale (10 à 32 kg) et donne des informations sur le temps d’utilisation, l’effort max, etc.

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© Albert Brel

Nos essais

Pour juger de l’efficacité de la Ewincher, nous l’avons testé sur un voilier Nicolson 36. Pour envoyer la grand’voile et enrouler le génois, on trouve des temps comparables à ceux que l’on obtient avec une manivelle manuelle. Les autres manœuvres que l’on effectue avec une manivelle manuelle, par exemple border les voiles ne posent aucun problème. La prise en main est rapide et on apprécie le confort. Le point positif est que les manœuvres s’effectuent sans avoir d’efforts physiques à fournir et on n’hésite pas à reprendre une voile, manœuvre que l’on aurait peut-être pas effectuée, à moins d’être puriste, avec une manivelle standard. Nous avons fait l’essai, bien que cela ne soit pas son utilisation première, pour remonter un mouillage (chaîne de 8 mm ancre de 18 kg) à l’aide d’un guindeau vertical. Avec une manivelle standard, cette manœuvre, que l’on effectue lorsque le guindeau ne fonction plus en électrique, n’est pas évidente. Avec Ewincher cela ne pose pas de difficulté.

Le constructeur annonce plus d’une journée de navigation sur un croiseur ce qui nous semble tout à fait correct. Mais pour être tranquille, il est recommandé de s’équiper d’une batterie supplémentaire, que l’on maintient chargée, sur un bateau à partir de 13 mètres.

Notre avis

Nous et les différents plaisanciers qui ont pu voir cette manivelle en action, sommes tous unanimes pour reconnaître son intérêt à bord. L’utilisation reste simple pour celui qui l’utilise souvent. Si vous avez des équipiers, il est impératif de bien leur montrer le fonctionnement qui n’est pas aussi évident sur un bateau que dans un salon, en particulier, pour le changement de sens et la bonne tenue de la manivelle.

Quant à la forme, on retrouve une poignée proche d’une manuelle mais avec un corps ayant plus d’embonpoint dû à la présence du moteur. Le point important est qu’elle possède la même longueur qu’une manuelle pour pouvoir l’utiliser sur tous les winches. En résumé, comme le précise son concepteur, c’est une manivelle avec assistance électrique qui peut être utilisée tout électrique, électrique plus manuel et en manuel.

Les plus

• Le sérieux de la construction.

• Les fonctions offertes.

• La protection (coupe-circuit thermique).

• Les moyens de contrôle (charge de la batterie).

• La possibilité de la recharger à bord (convertisseur fourni).

Les moins

• Le prix.

• L’utilisation qui demande une certaine pratique.

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Les éléments fournis avec le pack Ewincher 2© Albert Brel

Caractéristiques

Tension : 25.2 V

Batterie : Li-Ion 3000 mAh

Puissance max : 450 W

Puissance utile max : 250 W

Recharge moyenne : 90 mn

Vitesse à vide : 15/80 t/mn

Couple max : 90 Nm

Longueur poids  : 250 mm 2.2 kg

Etanchéité : IPX6

Prix moyen : 2 300 euros

Prix batterie : 349 euros

Garantie : 2 ans

Fabrication : Française

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…