Canicule à bord – Froid devant

Equipements
Vendredi 5 août 2022 à 11h30

En ces temps de chaleurs records, maintenir aliments et boissons à la bonne température, que ce soit pour raisons de conservation ou de dégustation, est plus qu’impératif. Du simple réfrigérateur au congélateur, en passant par le conservateur, à ouverture verticale ou horizontale, refroidissement à air, à eau de mer, ou à eau douce, raisonnable ou gigantesque, le choix est vaste.

©Photo Bali Catamarans - DR
En ces temps de chaleurs records, maintenir aliments et boissons à la bonne température, que ce soit pour raisons de conservation ou de dégustation, est plus qu’impératif. Du simple réfrigérateur au congélateur, en passant par le conservateur, à ouverture verticale ou horizontale, refroidissement à air, à eau de mer, ou à eau douce, raisonnable ou gigantesque, le choix est vaste.

C’est un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître, celui de la chasse au pain de glace à chaque escale. Quelle autonomie et quelle liberté l’arrivée du froid mécanique nous a données ! Bien sûr, les premières années, sa consommation électrique nous forçait à quelques heures de moteur pas toujours désirées. Mais aujourd’hui, le rendement des panneaux solaires modernes nous affranchit de cette contrainte, peu écologique il faut bien l’avouer. Pour peu que l’on optimise le nombre d’ouvertures quotidiennes, et que l’on soit équipé d’un matériel de qualité, bien isolé, le bonheur est dans le froid. Attention, par facilité linguistique, il est souvent évoqué par les constructeurs une option congélateur. Il ne s’agit en fait dans la très grande majorité des cas de conservateurs. Atteignant une température négative (moins 18°C théoriquement), ils permettent de conserver un aliment congelé sans limite de durée, ou de garder consommable quelques jours un poisson pêché à bord. Mais il ne descend pas à -30°C comme le fait un vrai congélateur, permettant la conservation quasiment ad vitam aeternam des produits ainsi traités. Quant au compartiment "freezer" des réfrigérateurs, il ne permet de conserver les aliments que de deux jours à quatre semaines, selon qu’il descend à -6°C ou -12°C.

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Ensemble réfrigérateur et conservateur à tiroirs sur le Nautitech 44 Open© Photo François Tregouet - MULTImedia
Frontal, vertical ou à tiroirs ?

Cette précision étant faite, le conservateur remplit parfaitement la fonction à laquelle on le destine en croisière : des menus variés et de qualité même après épuisement des vivres frais et lisser la consommation d’une pêche soudainement miraculeuse ! L’isolation, il ne faudrait pas l’oublier, est dans le cas d’un conservateur jusqu’à deux fois plus épaisse que pour un réfrigérateur. Aussi, pour un même volume disponible à bord, le volume utile varie sensiblement. Là où un réfrigérateur proposera 130 litres, un congélateur ne proposera que 95 litres utiles pour un même encombrement. Bien sûr, il y a longtemps eu le débat ouverture verticale ou frontale. La première permet théoriquement une moindre déperdition de froid. Mais son ouverture souvent prolongée, le temps de trouver, caché tout au fond, l’aliment recherché, vient quelque peu grever l’avantage attendu. Apparus plus récemment, les frigos à tiroirs proposent une solution aussi originale qu’intéressante. Avec une ouverture facile et un accès aisé au contenu, ils permettent de diviser facilement l’espace dédié aux vivres frais, de celui des boissons ou des légumes. Cependant, leur profondeur importante ne facilite pas leur intégration en seconde monte. Enfin, les portes frontales "comme à la maison" ont fini par devenir largement majoritaires dans nos cambuses. On trouve même sur les plus grands multicoques des réfrigérateurs domestiques, en 220V, qui offrent un volume incomparable et sont très bon marché. Techniquement, un parc de batteries un peu surdimensionné, un convertisseur dédié, et le tour est joué.

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Réfrigérateur dans l'axe sur l'Ovni 400, pour que rien ne tombe à la gîte© Photo Alubat - DR
Opération portes fermées

Cependant, il ne faut jamais oublier qu’à technologie équivalente, la consommation électrique est dépendant du volume à réfrigérer ! De 300 Wh par 24 h pour un tout petit 30 litres, on passe ainsi à 440 Wh pour un plus classique 130 litres, et à 800 Wh pour un combiné réfrigérateur/congélateur de 200 litres. Par forte chaleur comme actuellement, un modèle dit "tropical" capable de supporter des températures extérieures jusqu’à 43°C serait idéal. Comme leurs grands frères "terrestres", ces différents formats reposent le plus souvent sur un système de refroidissement à condenseurs à air statiques. Quand la température extérieure monte, on l’a vu, la consommation grimpe en flèche et/ou… la température interne monte ! Alors, pour ne pas grever encore leur bilan énergétique, il faut dégivrer très régulièrement et optimiser le nombre d’ouvertures ! Si l’espace disponible est suffisant, il peut être intéressant de prévoir deux petits frigos plutôt qu’un grand. L’un amené à être ouvert le plus souvent sera dédié aux boissons et produits quotidiens. L’autre recevra les viandes, le poisson, les produits laitiers, qui nécessitent une température toujours constante, et ne sera ouvert que deux à trois fois par jour maximum.

L’eau fait la différence

Longtemps, la technologie eutectique a fait figure de panacée en termes d’économie d’énergie. La plaque se refroidit quand un surplus d’énergie est disponible, moteur en marche par exemple, pour restituer progressivement le froid tout au long de la journée. En fait, son rendement est très faible, proche de celui d’un pain de glace. La température d’un frigo doit se situer entre 4 et 6 degrés Celsius. Plus le delta avec la température extérieure est élevé, plus le compresseur devra tourner souvent et user des batteries du bord. D’où, l’intérêt de groupes refroidis à l’eau de mer. Trois solutions existent : soit un condenseur fixé sur la coque, soit une pompe de circulation d’eau de mer, soit une déviation du circuit de refroidissement dans un passe-coque. L’amplitude thermique de l’eau de mer étant bien moins élevée que celle de l’air, cette technique permet une production de froid même par très forte chaleur. Inconvénient majeur en revanche, si le bateau est à terre pour maintenance ou hivernage, ou tout simplement échoué à marée basse, plus de froid à bord.

Pour finir, rappelons qu’il y a un revers à toute technologie. Un groupe froid fait du bruit, plus ou moins selon les modèles, mais aussi et surtout en fonction de la qualité de son installation. Enfin, parce que, dans la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, un groupe froid produit aussi de la chaleur. Voilà deux bonnes raisons d’éloigner les groupes froids des cabines et protéger ainsi votre sommeil.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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