Orient Express Corinthian : Accor baptise le plus grand voilier du monde
Un palace flottant signé Orient Express
Accor ne se contente plus d’ouvrir des hôtels. Avec l’Orient Express Corinthian, Accor fait entrer l’un des mythes du voyage dans l’univers de la grande plaisance. Ce yacht à voiles de 220 mètres, construit aux Chantiers de l’Atlantique, est présenté par ses créateurs comme le plus grand voilier du monde. À bord, tout reprend les codes d’un palace : bois précieux, marbre, moquette épaisse, ambiance Art déco inspirée des années 1930, majordome dédié à chaque cabine, 5 restaurants, 8 bars, théâtre de 115 places, bibliothèque, piscine, spa Guerlain et espaces de détente. Les 54 suites accueilleront seulement 110 passagers, avec une logique assumée d’exclusivité.
Orient Express Sailing Yachts s’associe au Festival de Cannes pour sa 79e édition, organisée du 12 au 23 mai 2026. Le choix n’a rien d’anodin. Le Festival de Cannes et Orient Express appartiennent tous 2 à un imaginaire collectif très fort, entre glamour, création, art de vivre et excellence française. Pendant 12 jours, la Croisette devient le centre du cinéma international, tandis que le Corinthian s’impose en baie de Cannes comme une nouvelle vitrine flottante du voyage de luxe.
Pour toute la durée du Festival, l’Orient Express Corinthian mouille dans la baie de Cannes. Premier yacht à voiles de la flotte Orient Express, ce navire de 220 mètres, gréé de 3 mâts et propulsé par des voiles SolidSail, célèbre ainsi le début de sa première saison en mer. Né de la collaboration entre Accor et les Chantiers de l’Atlantique, il affiche des intérieurs signés par l’architecte Maxime d’Angeac, directeur artistique d’Orient Express. Sa silhouette profilée, visible depuis la Croisette, prolonge naturellement l’univers du Festival : celui des grandes mises en scène, des rendez-vous internationaux et d’un luxe pensé comme une expérience.
Une croisière pensée comme un hôtel en mouvement
Sébastien Bazin, le PDG d’Accor, résume l’idée en une formule : faire « l’hôtel le plus mobile au monde ». Le Corinthian ne s’adresse pas seulement aux amateurs de croisière, mais surtout à une clientèle habituée aux palaces, aux séjours courts et aux expériences sans contrainte. Les itinéraires ont donc été raccourcis. L’objectif n’est pas de multiplier les longues traversées, mais de relier des destinations très prisées, comme Cannes, Antibes ou Saint-Tropez, sans imposer aux passagers de changer d’hôtel. La mer devient ici un prolongement du séjour haut de gamme, avec un service continu et une adresse flottante.
À bord, cette logique hôtelière se retrouve jusque dans le bien-être. Le spa Guerlain ajoute une signature très palace à l’expérience, avec un univers pensé autour du soin, de la détente et de l’excellence à la française. Sur un navire où chaque détail semble conçu pour rappeler les grandes maisons du luxe, cette présence renforce le positionnement du Corinthian : moins une croisière classique qu’un séjour haut de gamme en mouvement.
Des tarifs qui assument l’ultra luxe
Le positionnement est sans ambiguïté. La nuit démarre autour de 6 000 euros, avec un minimum de 2 nuits, tandis que la suite Agatha Christie, vaste de 230 m² et occupant toute la largeur du pont, peut atteindre 200 000 euros la semaine. Le navire pourra aussi être privatisé pour environ 1 million de dollars les 24 heures.
Cette formule attire déjà particuliers fortunés et entreprises, notamment lors de grands événements internationaux. Monaco pendant le Grand Prix de Formule 1, Venise pendant la Mostra ou Cannes pendant le Festival : l’Orient Express Corinthian veut se placer là où le luxe mondial se donne rendez-vous.
Une vitrine industrielle pour les Chantiers de l’Atlantique
Au-delà du décor, le Corinthian reste un objet naval spectaculaire. Ses trois voiles rigides SolidSail, chacune d’environ 1 500 m², sont portées par des mâts culminant à plus de 100 mètres. Le navire associe propulsion vélique et motorisation hybride, avec une vitesse pouvant atteindre 17 nœuds sous voiles selon les données des Chantiers de l’Atlantique.
Ce projet donne aussi une visibilité forte au savoir-faire français dans la construction navale. Chantiers de l’Atlantique signe ici un navire de croisière qui ne cherche pas à rivaliser par la capacité, mais par la technologie, le design et la rareté.
Le lancement intervient dans un marché du luxe en pleine mutation. Selon Bain & Company, les croisières de luxe ont représenté 6 milliards d’euros en 2025, avec une croissance de 10 %, portée par l’appétit pour les expériences haut de gamme.
Pour Accor, ce virage s’inscrit dans une stratégie plus large. Le groupe a réalisé 5,64 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec une division Luxe & Lifestyle en progression, devenue un moteur important de son développement.
Un premier navire avant l’Olympian
L’Orient Express Corinthian a quitté Saint-Nazaire le 2 mai pour rejoindre ensuite Cannes pour le Festival. Il naviguera ensuite en Méditerranée et en Adriatique avant de traverser l’Atlantique à l’automne pour rejoindre les Caraïbes pendant l’hiver.
Accor ne compte pas s’arrêter là. Un deuxième voilier, l’Orient Express Olympian, est déjà prévu pour 2027. Avec cette nouvelle flotte, le groupe hôtelier ne lance pas seulement une croisière de luxe : il tente d’installer Orient Express comme une marque capable de faire voyager ses clients par le rail, l’hôtel et désormais la mer.




