Taxe plaisance : la CNP lance une mobilisation nationale contre une réforme jugée injuste

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

La Confédération du Nautisme et de la Plaisance appelle les plaisanciers, les ports, les entreprises du secteur et les élus à se mobiliser contre la réforme de la taxe sur les bateaux de plaisance, prévue pour entrer en vigueur le 1er janvier 2027. À travers la plateforme plaisancejuste.fr, la filière demande une réécriture du texte, jugé trop complexe, mal concerté et pénalisant pour la plaisance populaire.

Une contestation lancée depuis Saint-Malo

Réunie à Saint-Malo à l’occasion du Nautic Forum, la Confédération du Nautisme et de la Plaisance a annoncé le lancement d’une mobilisation nationale contre la réforme de la taxe sur les bateaux de plaisance, dite TAEMUP. Cette réforme, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2027, suscite une vive inquiétude dans le monde du nautisme. Pour la CNP, le texte actuel pose 3 problèmes majeurs : il serait injuste pour une partie importante des plaisanciers, difficile à comprendre dans son fonctionnement et insuffisamment construit avec les acteurs directement concernés. La confédération appelle donc à une réécriture urgente de la réforme, afin d’éviter une fiscalité jugée déconnectée des réalités du terrain.

La mobilisation s’organise autour de la plateforme plaisancejuste.fr, pensée comme un point de ralliement pour les professionnels, les plaisanciers, les ports, les fédérations, les élus des territoires littoraux et fluviaux, mais aussi tous ceux qui défendent une plaisance accessible.

Une réforme accusée de pénaliser la plaisance populaire

Le principal point de tension concerne l’impact de cette taxe sur les pratiques les plus modestes. Selon la CNP, la réforme ne toucherait pas seulement les grandes unités ou les usages les plus coûteux, mais aussi des bateaux familiaux, des petites unités côtières, des embarcations de promenade ou encore des bateaux utilisés pour la petite pêche de loisir. Jusqu’ici exonérés, plusieurs dizaines de milliers de plaisanciers pourraient ainsi être soumis à une taxe annuelle, parfois supérieure à 500 euros. Une charge supplémentaire qui viendrait s’ajouter à des dépenses déjà élevées pour de nombreux propriétaires : entretien, assurance, stationnement, équipements et coûts liés à l’usage régulier du bateau.

Pour la confédération, cette évolution risque de transformer peu à peu la relation des Français à la mer et aux eaux intérieures. La plaisance, insiste la CNP, ne peut pas être résumée à une pratique de luxe. Elle fait aussi partie d’un loisir familial, d’une culture maritime de proximité et d’un lien direct avec les territoires.

Une filière nautique déjà sous pression

Au-delà des plaisanciers eux-mêmes, la CNP alerte également sur les conséquences possibles pour l’ensemble de la filière nautique. Les vendeurs de bateaux, chantiers, réparateurs, équipementiers, services nautiques et ports de plaisance pourraient être directement touchés si la réforme renchérit trop fortement le coût d’usage des bateaux. Dans un contexte déjà tendu pour de nombreux professionnels, la confédération craint un effet domino : moins d’achats, moins d’entretien, moins de travaux confiés aux chantiers et, à terme, une fragilisation de l’activité dans les territoires littoraux. Or le nautisme ne repose pas seulement sur la vente de bateaux. Il fait vivre tout un écosystème de métiers, de services, de savoir-faire et d’emplois locaux.

La CNP rappelle à ce titre le poids du secteur : 6330 entreprises de l’industrie et des services nautiques, 473 ports de plaisance, 1500 formateurs, 1 million de licenciés de sports nautiques et 4 millions de plaisanciers réguliers sont concernés de près ou de loin par cette réforme.

Une taxe environnementale jugée mal calibrée

La CNP ne rejette pas le principe d’une évolution de la fiscalité. Elle conteste en revanche la méthode et l’efficacité du dispositif actuel. Selon elle, une fiscalité à vocation environnementale ne peut fonctionner que si elle reste lisible, réaliste et adaptée aux usages réels. La confédération estime notamment que la réforme prétend encourager le recours à des motorisations alternatives alors que ces solutions ne sont pas encore toujours disponibles, adaptées ou financièrement accessibles selon les types de bateaux et les pratiques. La transition écologique du nautisme, selon la CNP, ne peut donc pas reposer uniquement sur une logique de taxation.

Elle appelle plutôt les pouvoirs publics à ouvrir une concertation avec l’ensemble des parties prenantes afin de construire des mesures réellement utiles à la transition environnementale du secteur.

Une demande de réécriture avant 2027

Avec cette mobilisation, l’objectif affiché n’est pas de bloquer toute réforme, mais d’obtenir un texte plus clair, plus juste et plus efficace. La CNP demande aux pouvoirs publics et aux parlementaires de revoir en profondeur le dispositif afin qu’il préserve les pratiques populaires, tienne compte de la réalité économique de la filière et contribue réellement au financement de la transition environnementale. La confédération insiste aussi sur la nécessité d’un texte construit avec les acteurs de terrain. Pour elle, une réforme touchant aussi directement les plaisanciers, les ports et les entreprises nautiques ne peut être pensée uniquement depuis une logique administrative ou budgétaire.

« Cette réforme est profondément injuste parce qu’elle frappe d’abord la plaisance du quotidien : les bateaux familiaux, la petite pêche de loisir, les pratiques populaires qui font vivre nos ports et nos territoires. Elle est aussi le symbole d’une absence d’écoute du terrain. Nous ne refusons pas une réforme. Nous demandons une réforme juste, lisible, concertée et réellement utile à la transition environnementale de notre secteur. Avant 2027, il est encore temps de réécrire la taxe plaisance. » précise Yves Lyon-Caen, Président de la CNP.

À quelques mois de l’entrée en vigueur prévue, la CNP veut donc faire monter la pression. Son message tient en une idée : avant 2027, la taxe plaisance doit être réécrite.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.