Les manœuvres électriques entrent dans une nouvelle ère à bord des voiliers

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Longtemps associée au confort, l’électrification des manœuvres devient aussi un enjeu de précision, de sécurité et de gestion de l’énergie. Winchs plus progressifs, bômes à enrouleur mieux contrôlées, assistance mieux intégrée au bateau : le marché évolue vers des solutions plus fines, capables d’accompagner les plaisanciers sans effacer le geste marin.

Sur un voilier, l’électrique ne sert plus seulement à soulager les bras. Il doit désormais offrir du contrôle, de la finesse et une vraie sécurité dans les manœuvres. Ewincher s’inscrit pleinement dans cette évolution avec deux nouveautés qui élargissent son offre électrique : SailForce 2, un moteur de winch conçu pour les winchs de plus grande taille, et une nouvelle gamme de moteurs électriques pour bômes à enrouleur. La marque française, installée à Hyères, confirme ainsi son ambition de rendre les manœuvres plus accessibles, plus maîtrisées et moins exigeantes à bord. Le sujet dépasse largement la seule question du confort. Sur un voilier, l’assistance électrique doit désormais permettre de doser l’effort, de contrôler la tension, de limiter les risques pour le gréement et de préserver l’installation électrique du bord. C’est précisément sur ce terrain qu’Ewincher entend se différencier, en s’éloignant des motorisations classiques souvent perçues comme trop brutales ou trop limitées dans leur fonctionnement.

SailForce 2
SailForce 2

SailForce 2, plus de puissance pour les grands winchs

Avec SailForce 2, Ewincher complète sa gamme de moteurs de winchs électriques et s’adresse à des voiliers de plus grande taille. Ce nouveau moteur brushless outrunner développe 1 500 W, avec un couple pouvant atteindre 120 Nm selon la configuration et un rendement annoncé jusqu’à 75 %. Il vient compléter SailForce 1, qui développe 1 250 W, jusqu’à 82 Nm de couple et jusqu’à 72 % de rendement. La montée en puissance est nette, mais la marque insiste aussi sur l’intégration. Avec une hauteur de 184 mm, quelle que soit la taille du winch, SailForce 2 conserve un encombrement réduit. Un point important sur des bateaux où l’espace technique est souvent compté, notamment lorsqu’il s’agit de moderniser un équipement existant sans revoir toute l’organisation du cockpit.
L’intérêt principal de SailForce ne se résume pourtant pas à ses performances. Là où de nombreux winchs électriques fonctionnent encore sur une logique très directe, avec une vitesse peu modulable, Ewincher mise sur une commande progressive. Plus la pression exercée sur le bouton augmente, plus le winch accélère. Cette variation de vitesse permet d’embraquer rapidement une écoute sous faible charge, puis de ralentir très finement lorsque la manœuvre demande plus de précision. Le système peut maintenir une vitesse minimale autour de 1 m/min, soit environ 1,7 cm/s, y compris sous charge selon la taille et la configuration du winch. C’est ce type de détail qui change l’usage à bord. Le plaisancier ne se contente plus d’actionner un moteur. Il retrouve une forme de dosage, avec une assistance capable de suivre la manœuvre au lieu de l’imposer.

Une assistance qui surveille aussi les efforts

L’autre axe fort de SailForce concerne la sécurité. Le système intègre un limiteur de tension très sensible. L’utilisateur peut définir une tension maximale pour chaque manœuvre. Si cette limite est atteinte, le moteur s’arrête immédiatement. L’objectif est d’éviter qu’une charge excessive n’endommage une voile, une drisse, une écoute ou une pièce d’accastillage. Sur le papier, cette fonction peut sembler très technique. En navigation, elle répond pourtant à des situations fréquentes : une bosse de ris qui se bloque, un coulisseau qui force, un nœud pris dans une poulie ou une écoute qui travaille mal. Avec un moteur puissant, l’effort peut monter très vite. En coupant automatiquement avant que la tension ne devienne problématique, le système ajoute une sécurité utile, surtout sur des bateaux plus grands ou manœuvrés en équipage réduit. « SailForce n’est pas simplement un moteur électrique ajouté à un winch », résume Bruno Rabu, CEO et fondateur d’Ewincher. La formule traduit bien l’approche de la marque : ne pas seulement motoriser un équipement existant, mais repenser la manière dont le winch électrique peut être utilisé à bord.
Cette logique se retrouve dans les boîtiers de commande. Essential Command permet le contrôle local du winch. Advanced Command ajoute l’affichage en temps réel de la tension du bout et le pilotage centralisé. Une configuration plus complète permet aussi de commander plusieurs winchs SailForce depuis le cockpit, avec une lecture plus claire des efforts en cours.

Boomfurler motor
Boomfurler motor

Une gestion de l’énergie pensée pour le bateau

Ewincher met également en avant une architecture électrique différente. Plutôt que de tirer directement de fortes intensités sur les batteries de service, chaque moteur SailForce utilise sa propre batterie lithium tampon. SailForce 1 fonctionne avec une batterie 30 V de 144 Wh. SailForce 2 reçoit une batterie 36 V de 216 Wh. Cette batterie alimente le winch pendant son utilisation, puis se recharge progressivement depuis le réseau du bateau, en 12 V, 24 V ou 48 V. L’intensité prélevée sur les batteries de service est ainsi limitée entre 1,6 A et 9 A selon la configuration. Pour les plaisanciers, l’intérêt est clair : bénéficier d’un moteur puissant sans imposer des appels de courant trop importants à l’installation électrique du bord.
Ce point devient de plus en plus stratégique. Les voiliers modernes embarquent davantage d’équipements électriques, de l’électronique de navigation aux systèmes de confort. Une motorisation efficace ne se juge donc plus seulement à sa puissance. Elle doit aussi s’intégrer sans fragiliser l’équilibre énergétique du bateau.

La bôme à enrouleur passe aussi à l’électrique contrôlé

La seconde nouveauté présentée par Ewincher concerne les bômes à enrouleur. La marque lance une gamme de moteurs électriques destinée à être intégrée par les fabricants de bômes. L’objectif est d’accompagner le développement d’une solution de plus en plus recherchée par les propriétaires de voiliers, mais encore freinée par son coût. La bôme à enrouleur conserve un argument majeur : elle permet de faciliter la manœuvre de grand-voile tout en gardant une voile lattée. Contrairement à l’enrouleur de mât, elle préserve davantage la forme de la voile, son efficacité et l’esthétique du gréement. Pour les plaisanciers qui veulent gagner en confort sans renoncer à la qualité de marche du bateau, l’intérêt est réel.
La nouvelle gamme s’organise autour de Model 100 et Model 110. Le premier est conçu pour des bômes jusqu’à 7 m selon les performances requises, tandis que le second vise des bômes jusqu’à 9 m. Les deux modèles reçoivent un moteur brushless de 800 W et proposent une vitesse d’enroulement variable de 8 à 40 tr/min. Là encore, la progressivité est au cœur du dispositif. Le système intègre aussi plusieurs fonctions de contrôle. Un freinage proportionnel permet de maintenir la tension du guindant pendant le hissage et peut ralentir le déroulement de la voile en cas de rafale. Un limiteur de tension arrête automatiquement le moteur si l’effort devient excessif. Un crabot à cliquet verrouille le mandrin au repos, reprend les efforts de drisse après une prise de ris et se déverrouille automatiquement lors de l’enroulement.

Rendre une technologie plus accessible

Le moteur de bôme est piloté par un boîtier de contrôle compact, installé à l’intérieur du bateau jusqu’à 5 m du moteur. Ce boîtier dispose de sa propre batterie et peut être alimenté en 12 V, 24 V ou 48 V, avec une puissance d’alimentation nécessaire limitée à 110 W. Un boîtier secondaire peut également être installé près du poste de barre afin de contrôler à la fois le moteur de bôme à enrouleur et les winchs électriques SailForce.
Pour Bruno Rabu, l’enjeu est aussi économique. Les bômes à enrouleur électriques constituent selon lui une solution attractive, mais leur coût a longtemps limité leur diffusion. Avec cette nouvelle gamme, l’ambition est de « rendre cette technologie plus accessible », tout en apportant aux fabricants des performances élevées et des fonctions de contrôle avancées. Cette orientation est importante, car elle place Ewincher sur un segment en pleine évolution : celui de l’assistance électrique intelligente. Il ne s’agit plus seulement de rendre les manœuvres moins physiques, mais de les rendre plus lisibles, plus contrôlables et mieux adaptées aux usages réels à bord.

 

Une même philosophie pour deux nouveautés

SailForce 2 et les nouveaux moteurs pour bômes à enrouleur répondent à deux usages différents, mais partagent une même logique. Dans les deux cas, Ewincher cherche à remplacer l’assistance électrique brutale par une assistance plus progressive. Le moteur ne doit pas seulement tirer plus fort. Il doit aussi permettre de doser, de ralentir, de surveiller la tension et de protéger le matériel. Cette approche correspond à l’évolution de la plaisance. Les propriétaires naviguent souvent avec des équipages réduits, parfois sur des bateaux plus grands, plus équipés et plus exigeants en manœuvre. Ils recherchent du confort, mais aussi de la sécurité et de la précision. L’électrique devient alors un outil d’accompagnement, pas seulement une solution de facilité. Avec SailForce 2 désormais disponible à la vente et ses moteurs de bômes à enrouleur proposés à l’intégration auprès de fabricants, Ewincher renforce son positionnement sur le marché des manœuvres assistées. La puissance reste nécessaire, mais elle ne suffit plus. À bord, la vraie différence se joue désormais dans la qualité du contrôle, la protection du gréement et l’intelligence de l’intégration.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.