6 questions à Damien Dion, directeur d’Outremer Catamarans
Damien Dion : « Je suis passionné de voile depuis l’enfance où j’ai appris la voile au Yacht Club de Carnac. J’ai beaucoup pratiqué la régate en dériveur, planche à voile, puis en quillard. J’ai fait mon service militaire dans la Marine en tant que EOR chef de quart, et ai ensuite fait une belle traversée de Martinique à Tahiti par la canal de Panama, c’est là que j’ai attrapé le virus du grand voyage à la voile. J’ai travaillé ensuite dans des grands groupes IT dans des fonctions de management commercial et de direction de BU au niveau européen. J’ai habité notamment 13 ans en Irlande à Dublin où j’ai passé une dizaine d’années chez Google. J’ai également découvert l’activité voile et régate fabuleuse de la baie de Dublin qui est une des plus actives en Europe, ainsi que la culture des yachts clubs anglo-saxons si chaleureux et chargés d’histoire. De retour en France, je voulais sortir du secteur de la tech et me rapprocher d’un secteur plus proche de ma passion de la voile.
J’ai connu la marque Outremer par sa communauté, notamment en 2014 par des amis qui ont acheté le 1er Outremer 45 de la nouvelle génération VPLP, puis en 2016 pour une transat (New York - Açores) sur un Outremer 51 génération Danson. Plus récemment d’autres bons amis propriétaires d’un Outremer 45, m’ont présenté Xavier Desmarest, co-fondateur du Groupe Grand Large Yachting, maison mère d’Outremer.
J’ai été tout de suite été séduit par la vision de Xavier et de Stéphane Constance les 2 co-fondateurs du groupe Grand Large Yachting, qui recherchaient un Directeur de marque pour Outremer, avec un profil différent pas forcément issu du nautisme, qui pourrait apporter un œil neuf, ainsi qu’une expérience du monde anglo-saxon et bien sûr passionné de voile. Je cochais pas mal de cases, ils m’ont proposé le poste que j’ai accepté avec joie et pris mes fonctions en avril dernier. «
Damien Dion : « Outremer représente pour moi le plaisir de naviguer à la voile sur de beaux bateaux marins, rapides, confortables dotés d’un design épuré et racé, conçus pour la grande croisière et le grand voyage.
Notre force réside dans notre capacité, mais surtout dans notre volonté, de ne pas être seulement un fabricant de catamarans. Outremer propose un accompagnement complet, appelé Outremer Ready, depuis l’achat jusqu’à la prise en main, en passant par la formation, les événements propriétaires, la préparation et le refit des bateaux et même sa revente après le voyage. Cet accompagnement suivi est assez unique dans le nautisme et particulièrement apprécié par les propriétaires d’Outremer.
L’esprit de la marque, c’est aussi sa communauté, composée de nombreuses nationalités et d’horizons très variés, passionnés, novices et ouverte sur le monde. À chacun des événements que nous organisons, qu’il s’agisse de l’Outremer Week, de l’Outremer Cup ou de nos rallyes, les propriétaires répondent présents. Ils prennent manifestement beaucoup de plaisir à se retrouver, à passer du temps ensemble et à échanger avec nos équipes.
Cette communauté est même bien davantage qu’un simple réseau de propriétaires. Je dirais qu’il s’agit d’une véritable famille, avec ses figures marquantes, le plaisir de se retrouver et une réelle culture de l’entraide. L’ambiance est vraiment exceptionnelle.
Outremer est enfin une marque innovante et respectueuse de l’environnement avec des bateaux conçus en France à La Grande Motte et à Lorient, avec des techniques de fabrication impliquant le recyclage pour les mousses et la résine Ce sont aussi des bateaux qui durent longtemps et qui ont une empreinte carbone réduite du fait de leur très fort taux d’utilisation à la voile, capable de naviguer à la voile dès 4 ou 5 nœuds de vent. »
Damien Dion : « Pendant longtemps, le catamaran était considéré comme un bateau de charter pour des petites croisières en vacances. Outremer a créé la niche il y a 40 ans des catamarans de grand voyage et performants : avec leurs dérives, des coques fines, un poids léger, un fardage réduit, un centrage des poids, une nacelle surélevée. Ce segment niche de catamarans de grand voyage a connu une croissance continue dans les années 2010, puis une accélération post covid, où il y eu un engouement fort et un besoin de prendre le large. Cela s’est fait notamment par l’amélioration continue du confort, de la fiabilité des bateaux notamment par les gains de poids engendrés par les progrès des procédés de fabrication qui a attiré de plus en plus de marins avec des projets de grands de voyage.
Nombreux sont ceux qui sont partis faire la fameuse boucle Atlantique voire même un tour du monde.
Les rallyes et les traversées en flottilles ont aussi favorisé ce développement. Comme le rallye World Odyssey que nous organisons avec le groupe Grand Large Yachting, autour du monde pendant 3 ans. Les participants se trouvent actuellement en Polynésie. Parmi les 25 bateaux engagés, certains équipages ne réalisent qu’une étape, tandis que d’autres se relaient pour partager le parcours à bord d’un même bateau. Je suis certain que cette tendance s’intensifiera encore lors de la prochaine édition, dont le départ est prévu en septembre 2027 et pour laquelle il reste encore des places.
Aujourd’hui. Le catamaran est devenu un bateau grand public. Il suffit d’observer le succès du salon de La Grande-Motte, l’International Multihull Show, organisé en avril et entièrement consacré aux multicoques à voile et à moteur. »
Damien Dion : « C’est un vaste sujet. Le premier axe concerne ce que nous appelons l’« easy sailing », c’est-à-dire tout ce qui permet de simplifier et de faciliter la vie de nos propriétaires en navigation, notamment lorsqu’ils sont en équipage réduit ou bien parce qu’ils ne sont pas encore des marins particulièrement aguerris. La simplification des manœuvres, l’amélioration des pilotes automatiques et des plans de pont, mais aussi la réduction du poids des appendices et des voiles constitue donc des sujets essentiels pour les années à venir.
Traditionnellement, les acheteurs d’Outremer possèdent une solide culture maritime. Ils arrivent chez nous après un long cheminement et une réflexion approfondie sur ce que doit être un bateau de voyage. Depuis quelques années, nous voyons toutefois également arriver des primo-accédants.
L’intelligence artificielle, notamment appliquée aux aides à la navigation, à l’analyse météorologique, au routage ou aux systèmes anticollision, va considérablement faire évoluer les pratiques. Elle entraîne déjà des transformations majeures. Nous voyons également apparaître des capteurs intégrés aux voiles, qui seront capables, à terme, d’aider les navigateurs dans leurs décisions, par exemple pour optimiser les réglages ou déterminer le moment opportun pour prendre un ris. On peut aussi imaginer des drones évoluant devant le bateau pour détecter certains obstacles ou analyser les conditions de navigation…
Le deuxième grand axe concerne la construction, avec le développement de nouvelles méthodes de mise en œuvre des matériaux composites. Nous avons la chance de pouvoir bénéficier des avancées de Gunboat, qui appartient également au groupe Grand Large Yachting et dont le chantier est voisin du nôtre. Gunboat innove beaucoup et explore de nombreuses pistes en matière de conception et de fabrication et nous en profitons chez Outremer.
Le bateau de demain évoluera également autour de la gestion et de la production de l’énergie. Nous disposons désormais de panneaux solaires de plus en plus performants, avec des densités énergétiques élevées. Certains commencent même à être intégrés directement aux voiles. La gestion de l’énergie est déjà et deviendra un élément essentiel et structurant des bateaux de demain, avec le développement de l’hydrogénération, des motorisations hybrides et, bien entendu, de nouvelles générations de batteries.
Enfin il se peut que les usages évoluent encore, notamment autour des modes de propriété, de partage et d’utilisation pour des voyages plus courts, en flottille et thématique.
Je suis certain que les Outremer de demain resteront fidèles à notre ADN, fondé sur le confort, la performance et la sécurité, qui constituent les trois piliers de la marque, tout en offrant davantage de flexibilité. »
Damien Dion : « L’histoire du chantier a commencé en 1984, cela fait donc 42 ans. 500 catamarans Outremer naviguent sur toutes les mers du monde, ce qui représente plus de 100 tours du monde complété et plus de 10 millions de milles. Il n’est pas rare que les navigations moyennes dépassent les 200 milles par jour sur nos bateaux. Aujourd’hui, entre les chantiers de La Grande Motte et de Lorient, nous sommes 300 collaborateurs. 70% de notre production part à l’export.
Je citerais enfin trois chiffres : 48, 57 et 64. Le 48 est le dernier-né de la gamme. Le 57 sera le prochain modèle présenté au salon de La Grande-Motte, en avril prochain. Quant au 64, le nouveau navire amiral de la flotte Outremer, il sera mis à l’eau à l’occasion du Cannes Yachting Festival 2027. »
Damien Dion : « Ma dernière grande navigation s’est déroulée entre les Canaries et le Cap-Vert, à bord d’un Outremer 45, avec de très bons amis.
La prochaine sera une croisière en famille dans : les îles Ioniennes, entre Corfou et Céphalonie. Et bien sûr, en catamaran ! »