Le Groupe Beneteau redresse nettement ses comptes au premier semestre 2026 et mise sur ses nouveautés

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Le Groupe Beneteau retrouve des couleurs au premier semestre 2026. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 11,2 %, un résultat opérationnel courant presque revenu à l’équilibre et des ventes bien orientées lors du dernier Cannes Yachting Festival, le constructeur vendéen confirme le redressement engagé. Le groupe reste néanmoins prudent face au ralentissement des commandes observé depuis le printemps et aux conséquences de son désengagement de certaines activités américaines.

Le premier semestre 2026 marque une nette amélioration pour le Groupe Beneteau. Entre janvier et juin, le spécialiste français du nautisme a réalisé 449,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 403,8 millions un an auparavant. Cela représente une progression de 11,2 % en données publiées et de 13 % à taux de change constant. Hors effets de base et change, la croissance ressort encore à 9 %.

Cette dynamique s’appuie notamment sur les nouveautés lancées ces derniers mois. Les 23 nouveaux modèles présentés en 2025 ont représenté près de 30 % des ventes du semestre, tandis que les ventes retail du réseau ont progressé de 14 % sur la période. Un résultat obtenu dans un marché que Beneteau décrit pourtant comme plus difficile, notamment depuis le début du conflit au Moyen-Orient en mars, qui a provoqué un ralentissement des prises de commandes et incité les concessionnaires à gérer leurs stocks avec davantage de prudence.

Un résultat opérationnel presque revenu à l’équilibre

Le changement est particulièrement visible du côté de la rentabilité. Le résultat opérationnel courant (ROC) s’établit à -0,2 million d’euros, contre -20,6 millions d’euros au premier semestre 2025 : une amélioration de plus de 20 millions d’euros en un an. Surtout, en excluant les activités américaines dont le groupe est en train de se désengager, le ROC redevient positif à 9 millions d’euros, alors qu’il affichait une perte de 12 millions d’euros un an auparavant à périmètre comparable. La croissance des volumes a contribué à hauteur de 16 millions d’euros à cette amélioration, tandis que les leviers opérationnels ont apporté 8 millions d’euros supplémentaires.

Beneteau attribue notamment cette progression à la stabilisation de son ERP, aux gains de productivité réalisés en France et en Pologne ainsi qu'à la réduction des coûts de structure. Une partie de ces économies a toutefois été réinvestie : 4 millions d’euros ont été consacrés à des dépenses ciblées de R&D et de développement commercial au cours du semestre.

L’EBITDA suit la même trajectoire et atteint 29,4 millions d’euros, contre seulement 8,5 millions un an plus tôt. Sa marge passe ainsi de 2,1 % à 6,6 % du chiffre d’affaires. « Le premier semestre confirme la reprise d’activité du Groupe, avec un chiffre d'affaires en croissance de 11 %, surperformant le marché sur chacun des segments, et un redressement marqué du résultat opérationnel courant qui revient en territoire positif, hors activités américaines dont le Groupe se désengage », souligne Bruno Thivoyon, président du Directoire du Groupe Beneteau.

Les activités américaines continuent de peser lourd

Le tableau reste en revanche plus contrasté au niveau du résultat net. Celui-ci demeure négatif à -21,4 millions d’euros, contre -24,8 millions d’euros au premier semestre 2025. En cause : 30 millions d’euros d’éléments non récurrents, essentiellement liés au retrait de certaines activités industrielles américaines. À elles seules, ces activités ont représenté un impact négatif de 39 millions d’euros, comprenant 9 millions de pertes opérationnelles, 10 millions de provisions pour charges et indemnités et 20 millions de dépréciations d’actifs portant notamment sur les marques, les moules et les outillages.

À cela s’ajoutent une charge exceptionnelle de 3 millions d’euros liée à la cession des activités américaines de boat clubs et une dépréciation de 2 millions d’euros d’impôts différés actifs. Ces charges ont toutefois été partiellement compensées par 14 millions d’euros de complément de prix lié à la cession de la division Habitat, encaissés en juillet. En excluant ces éléments exceptionnels, Beneteau indique que son résultat net du semestre aurait atteint +9 millions d’euros.

Une trésorerie qui reste supérieure à 200 millions d’euros

Le Groupe conserve par ailleurs une situation financière solide. Sa trésorerie nette atteignait 201,7 millions d’euros au 30 juin 2026, après avoir reversé 22 millions d’euros à ses actionnaires au cours du semestre : 16 millions sous forme de dividendes et 6 millions à travers des rachats d’actions.

Le free cash-flow ressort néanmoins à -24,3 millions d’euros, dans un contexte d’investissement toujours soutenu. Beneteau a consacré 31 millions d’euros à ses investissements nets, contre 29 millions un an auparavant, notamment pour accompagner l’accélération de son plan produit.

Cannes conforte Beneteau dans sa stratégie produit

C’est justement sur le produit que le constructeur entend accélérer. Lors du Cannes Yachting Festival, qui ouvrait la saison 2026-2027, le Groupe a dévoilé 18 nouveautés sur les 24 lancements prévus cette saison. Et les premiers signaux se veulent encourageants : selon Beneteau, les ventes enregistrées pendant le salon par le groupe et son réseau ont été supérieures à celles de l’édition précédente, à la fois en volume et en valeur.

Sur la voile, où la demande reste fragile, le constructeur met notamment en avant le démarrage du Lagoon 47. Dans le Motor Yachting, le Prestige F4.9 et le Beneteau Swift Trawler 43 ont contribué à soutenir l’activité, malgré un ralentissement du premium.

Le Dayboating affiche pour sa part une accélération des ventes grâce notamment aux nouveaux Jeanneau Cap Camarat 6.0 et EX34, au Beneteau Flyer 30 et au repositionnement de la marque Wellcraft. « La poursuite du conflit au Moyen-Orient pèse sur les prises de commandes depuis le mois de mars et continue d'appeler à la prudence. Néanmoins, le très bon accueil réservé aux 18 nouveautés présentées à Cannes, première étape d'un plan de 24 lancements sur la saison, nous conforte dans notre stratégie produits offensive », poursuit Bruno Thivoyon.

Entre 860 et 900 millions d’euros de chiffre d’affaires attendus en 2026

Malgré les incertitudes économiques et géopolitiques, Beneteau précise désormais ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice. Hors activités américaines abandonnées, le Groupe vise une croissance de son chiffre d’affaires comprise entre 4 % et 9 % en 2026. Le chiffre d’affaires consolidé devrait ainsi se situer entre 860 et 900 millions d’euros, contre 848 millions en 2025, dont 39 millions générés l’an dernier par les activités désormais arrêtées. Le carnet de commandes livrable sur l’exercice est par ailleurs désormais supérieur au niveau des ventes enregistré en 2025.

En parallèle de son offensive produit, le constructeur entend poursuivre ses efforts de productivité et de maîtrise des coûts. L’objectif est désormais de terminer l’année avec un résultat opérationnel courant positif, toujours hors impact des activités américaines arrêtées.

Pour Beneteau, l’équation de cette fin d’année est donc claire : maintenir la dynamique créée par le renouvellement accéléré des gammes tout en composant avec un marché nautique encore hésitant. Les résultats commerciaux des nouveautés dévoilées à Cannes seront, à ce titre, particulièrement scrutés au cours des prochains mois.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.