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Entre le vent et les vagues qui jouent sur les coques très sonores, les concurrents du Vendée Globe évoluent dans des mers du sud très bruyantes. Fatiguant mais aussi très utile car le bruit aide à la navigation.
« J'arrive à peu près à vous entendre sans boucher l'autre oreille ! » s'exclamait François Gabart à la vacation de ce mercredi. Le skipper de Macif est enfin sorti des mers du sud et de son bruit infernal.
La mer gronde, rugit, hurle, le vent claque dans les drisses et siffle le haubanage.
Dès le 3 décembre, Jean-Pierre Dick nous présentait ainsi l'ambiance sonore de Virbac-Paprec.
Ambiance bruyante à bord
Arnaud Boissières a choisi de ne pas emporter de casque anti-bruit pour être en alerte et en lien avec son bateau. Tanguy de Lamotte a choisi d'en emporter un même s'il l'utilise finalement assez peu. Mais ce jeudi, il a confié sur sa page Facebook en evoir besoin: "Le vent de travers, c'est bruyant et mouvementé: le bateau penche beaucoup et traverse les vagues avec force, explique-t-il. C'est un peu comme si vous restiez dans votre voiture pendant le lavage automatique et que quelqu'un vous rentre dedans toutes les 30 secondes alors que vous êtes installés dans un pouf dans lequel vous êtes toujours vautrés mais plus ou moins à l'aise, des grands "slurp slurp" de l'eau qui s'écoutent dans le cockpit, des "plouf ppffssshhh" des vagues qui recouvrent la cabine, les "boing dong" des caisses et du matériel qui sursautent à chaque vague. C'est presque musical mais c'est plutôt un tintamarre dans une machine à laver !" Il décrit ainsi l'effet du casque anti-bruit: "On dirait qu'on a la tête dans une bulle de verre comme les astronautes et qu'il y a moins de vent mais ça permet toujours de "sentir" les mouvements du bateau et donc de savoir comment ça se passe."
Pour Jean Le Cam, le bruit est le détecteur numéro un du moindre souci: "Par exemple, quand on entend une écoute qui claque contre la coque, on est capable de repérer au bruit l'écoute concernée pour aller régler le problème. » Le skipper de Synerciel ne voit pas le buit comme un problème mais comme le quotidien du marin. En revanche, Bernard Stamm admet facilement qu'il ne gère pas le bruit mais le subit. « Je n'ai pas d'artifice pour me protéger mais mon corps a baissé le volume par lui-même », explique-t-il. « Des fois, ça me fait mal comme après un concert. Il y a des bruits que j'entends moins bien alors qu'il y a évidemment des bruits que j'ai besoin d'entendre. » Il explique tendre constamment l'oreille.
Selon Thomas Coville, multiple circumnavigateur, le bruit est l'élément le plus fatiguant à bord: « Il faut toujours être attentif ». Le marin remarque ainsi que quand il rentre au port, son ouie est particulièrement fine. Il lui faut quelques jours avant de retrouver des perceptions plus habituelles.
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