
250 milles, c’est la distance qu’il reste désormais à parcourir pour les leaders de la Transat Bretagne – Martinique attendus à Fort-de-France, demain à la mi-journée. Pour cette dernière ligne droite, tous les coups sont permis. Car si, de son côté, Erwan Tabarly (Armor Lux – Comptoir de la Mer) semble assuré de la victoire, dernière, de jolis duels se jouent. Rien n’est encore fait pour le podium et les accessits, d’autant que de gros grains font leur apparition à l’approche des Antilles.
« Le rythme est intense, les gars devant ne lâchent rien. C’est usant » lâchait Yoann Richomme, ce matin à la vacation. A la bagarre depuis plusieurs jours avec Adrien Hardy, le skipper de DLBC – Module Création a repris l’ascendant sur son adversaire ce samedi, et compte 9 milles d’avance à 12 heures. De fait, handicapé par la perte de son safran tribord, le skipper d’Agir Recouvrement est un peu plus à la peine depuis qu’il progresse en bâbord amure. Pour l’heure, il s’accroche et fait preuve d’une belle abnégation mais c’est un peu impuissant qu’il voit le Lorientais creuser l’écart. « C’est vraiment dur de voir les autres qui s’en vont sans moi mais il reste de la distance et je vais continuer d’essayer d’avancer le plus vite possible » a promis Adrien. Reste que ce sera difficile, pour lui, de tenir la cadence dans la mesure où il n’aura pas l’occasion de changer d’amure avant la pointe sud de la Martinique. C’est, en effet, sur un seul et même bord que les marins vont rester jusqu’à l’îlet Cabrist.
Situation idéale pour Tabarly
Ce scénario, s’il laisse peu de place à des coups et aucune à des options, fait en tous les cas le bonheur d’Erwan Tabarly. Toujours en tête, le skipper d’Armor Lux – Comptoir de la Mer se trouve à présent dans une situation idéale. « Je ne peux pas être mieux placé. Je suis exactement entre mes concurrents et l’arrivée. Je suis confiant pour la suite » a –il indiqué. Toujours fort d’une avance de 45 milles, on voit mal, en effet, ce qui pourrait maintenant l’empêcher de se hisser sur la plus haute marche du podium, hormis un problème technique ou une casse matérielle. C’est d’ailleurs ce qui l’inquiète, bien plus que le retour de ses poursuivants directs. « Je me méfie et je veille à ne pas taper quelque chose dans l’eau ou à ne pas déchirer une voile » a précisé la Fouesnantais, particulièrement sur le qui-vive depuis que des grains ont fait leur apparition sur la route des Antilles. Car depuis la fin de la matinée, la situation s’est, en effet, un peu corsée.
Le tout pour le tout
Pluie et rafales jusqu’à 40 nœuds : les solitaires doivent s’adapter. Les changements de spis sont fréquents, autant que les départs au tas. Dans ces conditions, le leader de la flotte joue clairement la carte de la prudence, préférant même carrément affaler dans les grosses claques et naviguer sous grand voile seule. Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012), pourtant plus que jamais à la bagarre avec Gildas Morvan (Cercle Vert) pour la deuxième place, choisi lui aussi de lever le pied et de préserver son matériel. « A mon sens, il y aura des petits coups à tenter entre la pointe des Salines et la baie de Fort-de-France même si on va arriver de jour et que la situation sera plus claire pour tout le monde. Je veux pouvoir être capable de jouer à ce moment-là » a souligné le Caennais qui rappelait, très justement un peu plus tôt dans la matinée, que chacun compte aussi sur sa part de réussite. C’est d’ailleurs pourquoi on peut imaginer que certains solitaires voient l’instabilité actuelle comme une parfaite opportunité de grappiller quelques. Car à 24 heures de l’arrivée, nombreux sont ceux qui souhaitent tenter le tout pour le tout.