Après avoir remporté la transatlantique Figaro en double l’année dernière, Gildas Morvan s’est octroyé une deuxième place sur la Transat Bretagne-Martinique. Il est arrivé ce dimanche après une traversée de 21 jours et 1H46.
En arrivant au ponton, les premiers mots de Gildas Morvan furent pour Jacqueline Tabarly, la tante du vainqueur. « Ah, j’ai pensé à toi ! Tu dois être tellement contente ! » Il lui a aussitôt tendu sa bouteille de magnum en ajoutant dans un clin d’œil : « Tu bois à ma santé quand même ! » Le skipper de Cercle Vert vient de boucler sa Transat Bretagne Martinique. « J’avais déjà la première place (2009), la troisième (2005), il me manquait la deuxième ! » s’amuse-t-il. « Erwan mérite sa victoire, c’est un client toujours dans le match. Si quelqu’un méritait de l’emporter, c’est bien lui. En août dernier, il a remporté la Le Havre Allmer Cup et on lui a demandé de payer sa tournée. Une bière à la main, il m’a dit que c’était bien de gagner au Havre mais qu’il rêvait surtout de gagner une transat. » Gentleman, les premiers mots de Gildas Morvan furent donc pour son meilleur ennemi celui avec lequel il avait bataillé pour 4 minutes d’écart à l’arrivée de l’édition 2009, et qui cette fois-ci a renversé la balance.
Une première partie de course capitale
Quelques heures seulement après leur départ de Brest, le 17 mars dernier, les marins ont été accueillis par un sérieux coup de vent. C’était le début des ennuis. « On a pris cher, résume le skipper de Cercle Vert. J’ai même mis mon tourmentin à deux ris, c’est la première fois. » Puis les alizés ont prouvé qu’ils n’étaient pas une partie de plaisir avec 48 heures de baston : « Je me suis couché avec le petit spi, à 90°. Les grains duraient longtemps, une demie heure parfois. » Sur les pontons de Fort-de-France, il ne le cache pas, la course a été rude, mettant à l’épreuve son physique et son mental. Mais il garde également des centaines de souvenirs au fond des yeux, évoquant avec plaisir sa descente le long des côtes africaines : « Une fois que la guerre était passée, on est descendu plein sud, c’était magique, fabuleux, il y avait des poissons partout, des centaines d’oiseaux, des pêcheurs, un 4x 4 sur la route qui me suivait, des grandes dunes, des villages, on a fait une super balade. C’était un grand tour, c’est super rare de passer entre Les Canaries et Le Cap Vert. »
Côté stratégie, Gildas Morvan en est sûr, cette deuxième place s’est jouée dans le golfe de Gascogne. « Il y avait des choix à faire, a-t-il rappelé. Le routage donnait d’aller droit dans la dépression, mais je me disais qu’il y avait moyen de casser du matériel. Mon idée rapidement, c’était un décalage plus sud, là où il avait moins de vent, et je voyais bien qu’il fallait descendre très bas dans le sud ; Fabien m’a suivi, Adrien aussi, Erwan a fait un mixte des deux, et il a eu un avantage avant même Les Canaries. »
Après quelques jours de repos, Gildas Morvan repartira sur son Figaro pour préparer sa 18e participation à la Solitaire. Départ le 2 juin prochain de Bordeaux.
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