
Le Président de la République, qui a décoré lundi le vainqueur du Vendée Globe de l’insigne de la légion d’honneur, en a profité pour filer la métaphore du bon cap à trouver pour le gouvernement.
Tous les skippers du Vendée Globe, à l’exception de Samantha Davies, retenue par d’autres obligations, ont été reçus lundi à l’Elysée par François Hollande qui a remis les insignes de la Légion d’Honneur à François Gabart lors d’une cérémonie officielle.
La circumnavigation planétaire, et les difficultés rencontrées par ces hommes seuls sur un bateau, contre vents et marées, a inspiré le président de la République. François Hollande a ainsi comparé les épreuves surmontées par le vainqueur du Vendée Globe avec celles rencontrées actuellement par son gouvernement, faisant allusion aux Français, « dans ce moment où ils s’interrogent : est-ce que le cap est bon, est-ce que la direction est bien la plus courte pour arriver à l’essentiel, est-ce que au delà des tumultes, des turbulences, nous pouvons réussir ? ».
Il en a profité pour saluer « l’exemple qu’un homme, seul, peut battre tous les records, franchir tous les obstacles, être capable d’affronter les épreuves naturelles mais aussi les épreuves psychologiques, car il y a aussi le doute que l’on peut ressentir, l’interrogation que l’on peut avoir, la crainte qu’à un moment un incident peut se produire ».
"L’engouement du public a pris des proportions nouvelles"
Le plus jeune vainqueur de la circumnavigation en solitaire, sans escale et sans assistance a ainsi été fait Chevalier de la Légion d’Honneur par le président de la République, devant quatre anciens vainqueurs de la course mythique : Alain Gautier, Vincent Riou, Michel Desjoyeaux et Titouan Lamazou, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre des Sports, Valérie Fourneyron.
« C’est l’année de tous les records. Celle où le tour du monde a été réalisé en moins de 80 jours. C’est aussi l’année où l’engouement du public a pris des proportions nouvelles, a déclaré François Hollande, qui a salué l’engagement des sponsors, des marins et de l’organisation de la course. Pour lui, le Vendée Globe est « aussi le témoignage du lien très fort entre notre pays et la mer. Ce n’est donc pas seulement du très beau spectacle et du très grand sport. C’est une façon de contribuer au développement de notre économie, à l’essor de notre industrie, à la création des emplois de demain ».
François Hollande en a profité pour honorer la performance d’Alessandro di Benedetto, qui, malgré sa dernière place, a « battu les records des vainqueurs des trois premières éditions », et celle d’Armel Le Cléac’h, dauphin de François Gabart. Il a également remercié Tanguy de Lamotte, qui, grâce à son engagement, a permis de récolter 200.000€ au profit d’enfants atteints de malformations cardiaques. « Il y a des destins, on peut les conjurer. Etre second, c'est préparer la prochaine victoire », a-t-il lancé à l'attention du skipper de Banque Populaire.
De son côté, François Gabart a déclaré : « L’Etat a admiré ce que l’on a fait, du premier au dernier. J’espère avoir apporté de l’air frais, de l’émotion et du bonheur à tous ceux qui nous ont suivi et à ceux qui en avaient besoin. Le Vendée Globe a marqué beaucoup de personnes, des marins et des gens en dehors du milieu de la voile qui ont vibré tout l’hiver. Le Vendée Globe et la voile sont porteurs de belles valeurs dont on a besoin aujourd’hui dans la société. La Légion d’Honneur est une belle reconnaissance ».