
Des visages et des minis - Ce dimanche, nous découvrons un nouveau portrait de skipper de la Mini-Transat (Douarnenez, 13 octobre 2013). A 48 ans, notre marin du jour enchaîne sa deuxième Mini-Transat.
Il nous reçoit sur un quai brestois, à deux pas du chantier du Guip où il bichonne des coques en bois lourdes d'histoire. Son mini 6.50 en carbone est perché sur un conteneur, attendant patiemment de reprendre la mer. Il sera notamment au départ de la Mini-Fastnet, en juin, à Douarnenez. « Pour cette nouvelle saison, mon bateau partira avec un nouveau mat et un système de ballast pour reculer les poids et filer dans les alizés, au portant, explique le skipper. Le parcours de la Mini-Transat (départ le 13 octobre) s’annonce agréable, sauf peut-être si nous avons du mauvais temps d’automne dans le golfe de Gascogne. Nos bateaux supportent difficilement le mauvais temps avec leur petite taille. Au-delà de 40 nœuds cela devient délicat. » La Mini-Transat partira de Douarnenez en direction de la Guadeloupe avec une étape aux Canaries.
Un récidiviste
De sa première Mini-Transat, en 2011, Yann Mauffret (Solidaires) se souvient de son arrivée, sous des trombes d’eau. « Je m’attendais à une plage avec des cocotiers mais une dépression nous a cueilli à froid à l’arrivée, commente le skipper. Deux jours avant, c’était du grand beau temps sous spi, je m’imaginais arriver le lendemain, et finalement je suis arrivé deux jours plus tard, dans la baston. » Lorsqu’il a franchi la ligne en 22e position - sur 33 protos inscrits - Yann Mauffret portait tout le stress et la fatigue accumulée lors de ces dernières heures de course. « Ce n’est pas mon meilleur souvenir », assure-t-il, préférant évoquer les découvertes à foison de sa première transatlantique. « Tout était nouveau car je n’avais jamais navigué dans le sud. Je me souviens de ciels jamais vus, de poissons volants en pagaille et de situations météo qui changent très vite, énumère-t-il. Je retiendrais aussi la découverte du bateau sur un temps long comme on a rarement l’occasion de le faire ».
Des skippers de 7 à 77 ans
Le slogan du journal Tintin est à peine exagéré quand on fait défiler la liste des pré-inscrits à la Mini-Transat 2013. « Je trouve cela sympa de pouvoir se confronter à tous types de skippers », se réjouit le Brestois. Des différences de profils qui éclatent à la VHF. « Nous n’avons pas de moyen de communication sauf notre radio VHF qui porte à dix mille nautique donc on sait ce qui se passe avec le groupe immédiatement à proximité, explique-t-il. Après, il y a de grands bavards donc parfois je coupe la radio pour ne pas gâcher le plaisir de la navigation. J’aime être à l’écoute du bateau et de la mer et j’ai une vision utilitaire de la radio : c’est un outil de sécurité. Mais c’est vrai que cela fait du bien aussi de parler quand on a une galère ou pour soutenir un participant en difficulté. » Yann Mauffret sait que s’il jongle entre le chantier et l’entraînement, plusieurs participants se préparent à plein temps pendant l’année qui précède la Mini-Transat. Mais il sait aussi qu’il est sans doute l’un de ceux qui a le plus navigué sur son bateau.
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