
Déjà détenteur des records en solitaire du tour du monde, du chrono des 24 heures et de celui de la Route de la Découverte, Francis Joyon vise le record de l’Atlantique Nord. Il sera en stand by à New York dès le mois de mai.
Francis Joyon a présenté son défi ce jeudi dans un luxueux hôtel proche des Champs Elysées. Il n’a pas l’air plus à l’aise qu’à New York, où il doit affronter la douleur d’un vacarme citadin qu’il ne sait pas évacuer, mais dès qu’il parle de sa prochaine navigation, c’est la sérénité qui l’emporte. Il connaît la route, qu’il a parcouru en 6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes en 2005, mais cette année il devra filer à près de 21 nœuds de moyenne pour reprendre le record actuellement entre les mains de Thomas Coville (2008 : 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes). « On ne peut pas se permettre d’avoir une baisse de régime, explique-t-il. Et comme nos trimarans vont très vite, nous devons trouver la bonne fenêtre météo pour traverser l’Atlantique avec un seul système dépressionnaire. » Il attendra la bonne opportunité à partir du mois prochain. « C’est un peu tôt dans la saison mais on ne sait jamais », précise-t-il. Patrice Lafargue, président du groupe IDEC et fidèle sponsor de Francis Joyon, espère le trouver à New York à la mi-mai lorsqu’il le rejoindra avec ses collaborateurs mais il sait bien que le marin pensera avant tout à prendre la mer.
Thomas Coville, l’actuel titulaire du record, a assuré ce jeudi qu’il restait de la marge pour batter son record, assurant même qu’il allait « doucement à la fin », dans la brume. Le skipper de Sodebo a présenté un bel hommage à son éternel concurrent, expliquant que Francis Joyon était son échelle de valeur. « J’ai besoin de lui pour avoir envie d’y aller, pour me dépasser », at-t-il précisé avant de confirmer que si le skipper IDEC lui reprenait son record, il y retournerait très vite. Thomas Coville a également loué la pugnacité de Francis Joyon : « C’est dans les moments difficiles qu’on trouve les ressources pour aller plus haut et cela, je l’ai appris en côtoyant Francis. »
Lors de sa dernière tentative de record de l’Atlantique Nord, en 2011, Francis Joyon avait chaviré peu après New-York. Il a donc pris le temps de digérer cet accident avant de reprendre la route légendaire de Charlie Barr (premier recordman en équipage en 1905), Eric Tabarly (1985), puis des solitaires Bruno Peyron (1987 et 1992), Florence Arthaud (1990), Laurent Bourgnon (1994) et donc Thomas Coville (2008).
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