
Le skipper de Team Plastique est à la recherche active d’un sponsor pour le Vendée Globe 2016. Nous l’avons rencontré à Lausanne, lors de la remise des prix du championnat du monde IMOCA.
Quelle impression gardez-vous de votre arrivée ?
C’était fantastique. Le départ est impressionnant mais les 300 000 spectateurs sont là pour tout le monde et nous étions quand même 20 skippers sur la ligne de départ. Alors que l’arrivée est unique, très personnelle… Je dirais même qu’elle est intime. Je me souviens d’un chenal rempli de monde, un vendredi après-midi, malgré le froid. Cela s’est terminé en apothéose avec un bain de foule en compagnie de mon sponsor et du président du conseil général. Cela ne pouvait pas se terminer d’une meilleure façon !
Comment avez-vous vécu le tourbillon médiatique qui vous a happé aux Sables d’Olonne ?
Une partie de mon métier, c’est de partager mes navigations avec le public, et encore plus à l’arrivée d’une course fantastique comme le Vendée Globe. Cela me donne de la visibilité pour la recherche de nouveaux partenaires en vue de l’édition 2016.
Aviez-vous anticipé cette arrivée lorsque vous étiez en mer ?
Non, je n’y pensais pas vraiment mais quand tu touches terre, tu réalises cet engouement : les gens te reconnaissent dans le métro, dans la gare, en montant sur un avion ou au restaurant… c’est fou ! Cela fait plaisir parce que cela reste très discret ; les gens me disent « merci, tu nous a fait rêver ». Cela ne peut que me faire du plaisir. En rencontrant les enfants des écoles ou les patients en psychiatrie qui suivaient mon Vendée Globe, j’ai réalisé qu’eux aussi avaient fait un parcours de vie tout en restant à terre. C’est impressionnant.
Avez-vous eu des questions surprenantes ?
A l’arrivée, un enfant m’a posé une question en commençant par : « Combien de kilos … » J’ai répondu « Tu as perdu ? Non pas beaucoup de poids. » Et il m’a corrigé : « Non, combien de kilos de farine as-tu emporté ? » C’était sympa car je ne m’attendais pas à une question comme cela ! Cela signifie qu’il a vraiment suivi mon Vendée Globe car il savait que j’avais cuisiné à bord.
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Avez-vous le sentiment d’avoir désormais retrouvé votre quotidien ?
Les sollicitations médiatiques font désormais partie de mon quotidien. J’essaye d’organiser des conférences pour raconter mon périple et mes aventures précédentes. Je vis aussi de cela car je n’ai pas les mêmes salaires que les autres skippers qui ont derrière eux de gros sponsors. Tout le monde le sait, nous avons fait le tour du monde avec le plus petit budget du Vendée Globe. Et je suis honoré de cela. Maintenant, je cherche d’autres partenaires pour le reste de l’aventure avec notamment la Jacques Vabre, le 3 novembre prochain, puis le Vendée Globe 2016. Je crois qu’en terme de communication, les sociétés qui souhaiteraient investir sur moi ont tout à gagner ! J’ai compris que les gens aiment bien ma façon de communiquer, le fait que je ne cache pas les choses à bord, que je raconte la vraie vie. Et puis, même si l’important c’est de participer, j’essayais de ne pas traîner en chemin. Au final, j’ai ramené à bon port un bateau de 15 ans qui courait quand même son quatrième Vendée Globe (ndlr : Il est arrivé après 104 jours 2 heures 34 minutes et 30 secondes de course, battant le record du plus faible écart entre le premier et le dernier.)
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Je suis content de la performance sportive d’autant que ce tour du monde en 60 pieds était une première pour moi. Désormais, mon objectif est de trouver des sponsors pour faire construire un prototype 2016 et prendre le départ de mon deuxième Vendée Globe. Mes objectifs ? Pourquoi pas le podium ! Donc là, s’il y a des sponsors intéressés, c’est le moment de me contacter.
Que pensez-vous de l’évolution de la jauge ?
J’étais favorable à une jauge plus Open que lors du dernier Vendée Globe. Là, nous n’avons pas une monotypie mais quelque chose qui est entre les deux; cela reste des prototypes avec des limitations. On va faire avec ! La standardisation de la quille répondait à des impératifs de sécurité mais pour le mât je ne suis pas tout à fait d’accord. Je n’aimerais pas que les prochains votes nous emmènent vers la monotypie car cela nous ferait perdre le charme du Vendée Globe. Cependant je vais respecter le vote et c’est comme ça que nous allons courir le Vendée Globe 2016. Tout le monde ne peut pas avoir le même avis.
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