
Marraine de la 5e édition de la Calanques Classique à laquelle elle a participé à bord de Sonda, un côtre bermudien de 1951, Florence Arthaud devrait retrouver son ancien sponsor, Pierre 1er, sur une course qu’elle espère organiser en 2014.
Figaro Nautisme : Vous êtes marraine de la Calanques Classique. Qu’avez-vous pensé de la course ?
Florence Arthaud : C’est un événement super sympa. Il y a un très bon esprit sur la course et on assiste à un joli spectacle. On y retrouve des passionnés qui ont parfois mis des années à retaper leur bateau, qu’ils ont racheté pour certains à l’état d’épave. Un voilier classique demande beaucoup de travail et d’entretien. En tous cas, je me suis bien régalée sur la course. Il a fait beau, nous avons été super bien reçus à La Ciotat, il y avait une bonne ambiance. Et puis nous avons navigué dans des coins magnifiques le long des Calanques.
Quels sont vos projets ?
Je vais essayer d’organiser une course qui sera réservée aux femmes, dont le départ sera donné en 2014. Le parcours d’environ 2.000 milles couvrira l’ouest de la Méditerranée avec un départ à Marseille et une arrivée à Monaco, et des escales à Valence, Saïda, Alger, Sidi Boussaïd, à Rome ou en Corse. C’est difficile pour les navigatrices de trouver un embarquement ou un sponsor de nos jours. J’ai envie de transmettre ma passion et de faire découvrir la large à ces femmes qui n’en avaient pas eu l’occasion jusqu’à présent. La course se disputera à bord de Dufour 375. Ce sont des bateaux monotypes relativement faciles à manœuvrer. Il y aura une professionnelle à bord de chaque bateau et quatre équipières. J’espère avoir 9-10 bateaux sur la première édition. La course aura lieu tous les ans. Pour 2015, je prévois un parcours dans l’est de la Méditerranée avec des escales au Caire, en Italie, à Istanbul, en Grèce ou encore à Beyrouth.
Participerez-vous à la course ?
Mon ancien sponsor Pierre 1er a décidé d’engager un bateau sur la course. Je pense que je le skipperai. Aujourd’hui, je cherche des partenaires pour l’organisation de la course mais également pour les bateaux. Cela représente un budget assez conséquent.
Quel regard portez-vous sur la course au large actuelle ?
Je pense avoir vécu les belles années de la voile. Aujourd’hui, les choses sont différentes. La course a perdu un peu de son âme. Le dernier Vendée Globe n’avait aucun intérêt à mes yeux. On a assisté à un duel entre deux bateaux qui avaient un gros budget. Je trouve qu’il y a toujours de belles aventures mais elles sont mal racontées. Et puis côté multicoque, on avait une belle flotte de 60’ ORMA avant. L’évolution architecturale a été bloquée par l’arrivée des MOD70 alors que cela aurait été mieux de faire le Vendée Globe en monotype. Aujourd’hui, il y a trop de catégories et pas assez de concertation.
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