Jean-Pierre Dick : « Digérer la défaite sportive ».

Course au large
Par Figaro Nautisme

VIDEO - Après deux victoires en double sur la Barcelona World Race, le skipper de Virbac-Paprec a mis toutes ses forces dans la bataille du Vendée Globe pour enfin gagner en solitaire. Malheureusement, une avarie de quille en a décidé autrement. Nous l’avons retrouvé aux Sables d’Olonne, lors de la remise des prix.

VIDEO - Après deux victoires en double sur la Barcelona World Race, le skipper de Virbac-Paprec a mis toutes ses forces dans la bataille du Vendée Globe pour enfin gagner en solitaire. Malheureusement, une avarie de quille en a décidé autrement. Nous l’avons retrouvé aux Sables d’Olonne, lors de la remise des prix.

Figaro Nautisme : Qu’avez-vous ressenti au moment de monter sur la scène lors de la remise des prix ?

 

C’est une page qui se tourne et cette course était beaucoup pour moi. Avec le recul, je dirais qu’elle m’a beaucoup apporté même si j’attendais une régate et que j’ai finalement vécu une grande aventure. Mais ce qui reste et qui fait la beauté de cet événement, c’est l’obligation de se dépasser.

 

Comment avez-vous vécu votre retour à terre ?

 

Il faut désormais vivre avec la passion de beaucoup de gens qui sont spectateurs de l’événement et qui le vivent très intensément. Le regard sur nous change et nous avons la chance de bénéficier de cette reconnaissance.

 

Avez-vous réussi à digérer l’aventure de vos 2600 milles sans quille ?

 

Le côté aventure est plutôt la partie désormais sympa dans mon esprit. Ce qui est plus difficile à avaler c’est la défaite sportive : ne pas pouvoir gagner alors que j’avais les cartes pour le faire. J’ai tout donné et pourtant j’ai dû admettre l’adversité. Disons que cela fait partie de la vie. C’est déjà extraordinaire d’avoir remporté deux tours du monde sur la Barcelona World Race. Peut-être que la chance me sourira un jour sur le Vendée !

 

LIRE AUSSI: Le blog de Jean-Pierre Dick, Inside Vendée Globe


Reviendrez-vous sur le Vendée Globe ?

 

Pour l’instant, je ne peux pas dire si je vais y retourner un jour. Il faut une énergie colossale et je n’ai pas envie de faire un Vendée en demi-teinte. Il faut les ressources qui vont bien pour gagner cette épreuve car c’est aussi une course de moyens. Le Vendée Globe est mon rêve depuis plusieurs années et cela l’est toujours mais la victoire est un graal extrêmement difficile. Avec la remise des prix, on voit la déception des skippers qui pouvaient gagner, notamment dans le regard de Vincent Riou ce samedi soir, dans celui d’Armel le Cleac’h bien sûr… et dans le mien aussi. Mais il n’y a qu’un gagnant et celui là est très fort donc il n’y a pas d’acrimonie, juste l’envie de partager cela un jour. Je sais que c’est déjà très beau de passer la ligne d’arrivée mais la victoire est extraordinaire.

 

Qu’est-ce qui donne envie d’aller sur le Vendée Globe ?

 

D’abord la passion de la mer car un tour du monde reste une communion avec la nature. Ensuite la compétition. Ces deux passions conjuguées créent en moi un cocktail explosif qui me fait faire beaucoup de sacrifices ! Ce sont des années de préparation mais nous sommes chanceux d’être portés par tant de gens qui croient en nous et qui tiennent à cette course qui les fait rêver.

 

Qu’est-ce qui a vraiment changé sur l’édition 2012-2013 ?

 

La médiatisation bien sûr. Mais ce que j’ai vécu sur ma course c’est aussi l’intensité de l’implication physique, du non-stop, du très haut niveau. C’est devenu un sport très complet. Le Vendée Globe franchit également, édition après édition, des paliers en terme de technicité pour toujours mieux mener les bateaux.

 

Vous avez participé à l’avalanche de records dans les mers du sud. Pensez-vous que la standardisation des quilles et des mâts, pour le Vendée Globe 2016, pourrait brider de prochains records ?

 

La nouvelle jauge bloque deux éléments mais nos bateaux restent des machines très performantes et je pense que ce qui fait la beauté du Vendée Globe, ce ne sont pas les records. Comme pour chaque édition, les parcours diffèrent avec des portes de glace qui changent, il n'y a pas de référence donnée. Ce qui fait l’alchimie du Vendée Globe ce sont des êtres humains qui se battent dans la nature avec des aléas qui peuvent tout arrêter très vite.

 

Vous naviguez désormais en MOD 70. Quelles sont vos sensations en mer ?
 

C’est encore plus extrême avec des bateaux très pointus qui vont en moyenne une fois et demie voire deux fois plus vite que les monocoques 60 pieds. J'apprécie également le format en équipage avec, à bord de Virbac-Paprec 70, des marins venus d’horizons différents. J’ai toujours eu envie de partager ma passion de la mer mais aussi de ces belles machines et j’aime embarquer nos partenaires à bord. Enfin, le multicoque en France fait également rêver le public. Mon idée est de faire le tour du monde en multicoque.

 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…