
Des visages et des minis- Troisième portrait de notre série sur les marins de la mini-transat, qui partira de Douarnenez le 13 octobre prochain, Julien Marcelet baptise ce vendredi son voilier "Hissons les voiles en Nord-Pas-de-Calais. Il a évoqué pour nous son projet de transatlantique.
« La mini-transat, c’est quelque chose qui me trotte dans la tête depuis le lycée, explique Julien Marcelet. Avec mon voisin de table, nous dessinions alors des bateaux sur un coin de table dès qu’on avait un moment de libre… Apparemment j’étais plus porté sur les prototypes à cette époque ! » Mais les contraintes professionnelles de cet ingénieur mécanique, embauché par Michel Desjoyeaux juste avant le départ de la Route du Rhum 2002, l’ont finalement conduit à préférer le voilier de série. « Et puis je n’ai pas envie de travailler le week-end : la semaine je bidouille les bateaux et le week-end est réservé à la navigation. » Sur l’eau, justement, Julien Marcelet aime bien quand « ça mouille », quand « ça tape » et il en profite pour filer très vite au près. « Le 6.50 est le bateau le plus rapide pour un petit budget, il est très toilé pour sa taille, détaille-t-il. Avant, j’aimais le portant au laser et maintenant c’est le portant en 6.50. » La mini-transat sera sa première transatlantique. « Je n’ai jamais passé plus de 15 jours en mer », explique-t-il.
La navigation en Atlantique : un territoire inconnu pourtant familier
« La mini-transat est assez difficile à préparer tant qu’on ne l’a pas vécue, concède le marin. Celui qui dit qu’il sait ce qui va se passer est vraiment fort ! » Alors l’ingénieur mécanique discute avec ceux qui sont passés par là et qu’il côtoie tous les jours. « J’ai compris les astuces de réglages du mât ou du pilote en voyant faire les navigateurs ici, au travail. Auprès de Michel Desjoyeaux, j’ai appris que lorsqu’on fait une erreur, on ne s’affole pas et on s’arrange pour revenir doucement. On a commis une erreur d’accord, on s’en souvient pour la prochaine fois, mais surtout on continue à avancer. » Au fil des courses, Julien Marcelet apprend à prendre soin de lui et du bateau. « Pour la première fois cette année, j’ai réussi à arriver sur la ligne sans eau dans mon bateau, remarque-t-il ainsi. J’améliore aussi le rangement à bord, je pense à ces petites choses qui font qu’on se fatigue moins. » Il explique également aller beaucoup plus vite dans la préparation de son carnet de route, maintenant qu’il sait de quelles informations il a besoin. « L’an dernier, je prenais beaucoup trop de données », précise-t-il. Le skipper de « Hissons les voiles en Nord-Pas-de-Calais a terminé 12e de sa première course de la saison et première étape du championnat de France, la Pornichet Select 6.50.