
Après le Grand Prix Guyader et l’ArMen Race, Oman Air-Musandam s’apprête à partir pour Valence, où s’alignera au départ de la Route des Princes. Nous avons rencontré Sidney Gavignet à Lorient deux semaines avant le départ de la course.
Figaro Nautisme : Avez vous atteint votre objectif de début de saison ?
Sidney Gavignet : Nous avons participé au Grand Prix Guyader et à l’ArMen Race. Je voulais gagner les deux, ce qui n’a pas été le cas, donc non, nous ne l’avons pas atteint. Mais on n’avait pas tout l’équipage permanent du MOD70 sur ces deux épreuves. Cela valide tout de même le travail fait cet hiver. Le départ de Jeff Cuzon nous oblige à être bon en navigation. Neil McDonald qui nous a rejoint cette année à la tactique et à la navigation réapprend le côtier et le multicoque mais ça se passe bien. On doit être bon là-dessus car il ya beaucoup de figaristes dans les autres équipages.
L’arrivée de nouveaux équipiers a-t-il changé la donne ?
Fahad Al Hasni a franchi un pallier dans son intégration. Aujourd’hui, il a un vrai rôle à bord, il fait partie intégrante du team dans son fonctionnement, c’est le bon élève de la bande, il apprend bien. L’an dernier, il fallait tout checker derrière les Omanais. Je n’avais d’ailleurs pas dormir lors la première nuit sur la Krys Ocean Race, mais ils progressent un peu. Il y a deux ans, ils n’avaient pour la plupart jamais mis le pied sur un bateau. Je suis très content aussi de l’arrivée de Neil McDonald et de Damian Foxall dans le team. L’an dernier, je portais tout le team. J’avais besoin d’être challengé par des membres de l’équipage sportivement parlant. Et puis on se connaît très bien tous les trois, on a beaucoup navigué ensemble. Moshin Al Busaidi doit quant à lui se refaire sa place au sein de l’équipage. L’an dernier, on a souffert de notre manque d’entraînement sur les inshores, on a été mauvais mais on a validé certaines méthodes de travail. Là, on a réussi à s’entraîner à six, c’est beaucoup mieux, même si on a parfois manqué de coureurs Omanais mais également de petit temps. On s’est entrainé dans des conditions assez dures. Globalement, on est bien meilleurs cette année.
Quel est votre objectif sur la Route des Princes ?
Gagner la course, mais cela ne sera pas facile car ça s’annonce très serré, surtout face à Spindrift et Gitana, qui ont des équipages relativement fixes. C’est un handicap que certains Omanais n’aient pas beaucoup navigué mais je ne m’en plains pas. Virbac Paprec risque de souffrir un peu plus car ils sont nouveaux et ils ont un équipage très typé offshore, mais ils peuvent quand même tirer leur épingle du jeu, même s’ils ont du temps à rattraper. L’an dernier, on a beaucoup appris sur les bateaux et on continue encore de progresser dans la compréhension du bateau. Sur le Tour de l’Europe, on est arrivé dans du petit temps sur les courses offshore. Ca avait des airs de Solitaire du Figaro, où tout se joue dans les derniers milles. On l’a encore vu sur l’ArMen Race face à Gitana. On n’a pas arrêté de se passer devant. Au final, ils l’emportent d’un mille, mais ce n’est rien sur un parcours de 320 milles. On n’a pas fait beaucoup d’erreurs mais ils en ont fait moins que nous, leur victoire est méritée. Ca présage bien de ce qui va se passer sur la Route des Princes. Mais on est prêts et on peut l’emporter.
Quelles sont les dernières échéances avant la course ?
Nous partons mercredi pour Valence. Tout l’équipage sera à bord. Quand on s’entraîne pour les inshores, je barre quasiment tout le temps. Sur le convoyage, ça sera le contraire, je ne barrerai quasiment pas. Ca va permettre à chacun de s’entraîner. Le convoyage va nous permettre de valider nos systèmes de communication à bord également. Ce n’est pas toujours évident car nous communiquons en anglais à bord. On a des Français, des Omanais, un Irlandais et un Anglais. Les Omanais n’ont pas un super niveau d’anglais, ça ne facilite pas toujours les choses. Gwenael Gbick, qui travaille avec Kito de Pavant, coache le team. Fluidifier les relations prend du temps, surtout dans un équipage international comme le notre L’an dernier, je prenais tout sur mes épaules, et je me suis rendu compte que j’avais délaissé la souplesse dans la communication avec les Omanais sur la deuxième partie du Tour de l’Europe. Il vient en observateur des relations. Il a un rôle beaucoup plus humain que technique. On va également faire un stage météo avec Jean-Yves Bernot.