
Ils ne seront pas au départ de la Solitaire cette année mais leur apprentissage sur le circuit a marqué leur façon de naviguer. Trois solitaires passés en équipage reviennent pour nous sur leur expérience alors que la 44e édition de la course se prépare à Bordeaux.
« Ma victoire sur la Solitaire en 2004 m’a donné confiance, assure Charles Caudrelier, actuellement navigateur du trimaran MOD 70 Edmond de Rothschild. Je sais que j’ai remporté une course qui fait référence en France. » Le skipper du même MOD70, Sébastien Josse, ajoute que cette épreuve est une remise en question permanente : « Ça forge le caractère ! J’ai déjà vu des concurrents taper sur le bateau avec une manivelle ou crier. Il faut savoir faire face aux aléas de la course. » En France, la Solitaire du Figaro est considérée comme un passage obligé pour toute carrière de navigateur. « Ce n’est pas pour rien que tous les vainqueurs du Vendée Globe depuis 1992 sont issus du circuit Figaro », assure Charles Caudrelier.
Précision et répétition
« On reconnaît les figaristes dans leur capacité à décomposer une manœuvre », explique Sébastien Josse, actuellement skipper du trimaran MOD 70 Edmond de Rothschild. « Quand on passe au monocoque 60 pieds IMOCA, c’est juste que la liste est plus longue. » Son équipier explique que sur la Volvo Ocean Race, les anciens du Figaro se comprenaient très bien. « Nous sentions l’empreinte Figaro au niveau de la sensibilité aux réglages : il faut très finement régler un monotype pour se démarquer donc c’est une très bonne école pour la suite, détaille-t-il. Tous les figaristes comprenaient la stratégie de Franck Cammas et de Jean-Luc Nelias à bord de Groupama… Mais ce n’était pas forcément un atout d’être trop nombreux à donner un avis ! » Meneur du M34 Bretagne – Crédit Mutuel Elite sur le Tour de France à la voile, Nicolas Troussel observe que ses équipiers passés par la Solitaire sont polyvalents et plus à l’aise avec le large. « Ils connaissent également mieux leurs limites pour se gérer sur le long terme. Notamment, au niveau du sommeil. Ce sera très important sur la longue étape Deauville-Brest cette année. » Les trois marins sont unanimes : la Solitaire est la course la plus exigeante en terme de sommeil. « Sur le Vendée Globe, on retrouve parfois la même intensité que sur la Solitaire mais cela ne dure pas », précise Sébastien Josse. En équipage, le skipper du trimaran MOD 70 Edmond de Rothschild observe que les figaristes anticipent leurs défaillances et bénéficient d’une plus grande régularité en navigation avec de bonnes performances de nuit. « A un moment où il faut être très concentré, sur les chiffres, les sensations, précise-t-il. Il faut être le plus performant possible avec moins de données qu’en journée. » Les trois marins expliquent que la Solitaire leur a appris à dormir n’importe quand. « Avec une sieste de 20 minutes, je trouve sans souci un sommeil de qualité, explique Charles Caudrelier. Et c’est quelque chose qu’on ne peut pas vraiment travailler à terre. Il faut être en mer pour aller au bout de soi-même. Alors je comprends très bien pourquoi Michel Desjoyeaux, avec son palmarès, revient sur la Solitaire. Pour rester au niveau, il n’y a pas de meilleure école. » Charles Caudrelier envisage lui aussi un retour sur la Solitaire pour préparer le Vendée Globe 2016.
Programme des trois marins:
Bretagne – Crédit Mutuel Elite sera sur la Normandy Sailing Week du 4 au 9 juin au Havre, dernière étape avant le Tour de France qui partira de Dunkerque le 28 juin prochain.
Le compte à rebours est lancé pour l'équipage du MOD70 Edmond de Rothschild qui partira de Valence le 9 juin prochain.