
Au lendemain de l’arrivée de la première étape de la Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire et de la victoire de Yann Éliès, les sentiments sont évidemment très différents lorsque l’on regarde le classement général avec certains concurrents
Troisième à 56 minutes de Yann Éliès (Groupe Queguiner-Leucémie Espoir), Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) signe son troisième podium d’étape lors alors qu’il en est à sa 7e participation :
« Quand tu veux gagner une course, tu dois taper dans les coins. Taper dans les coins veut dire que l’on a une stratégie et que l’on ne fait pas ça bêtement. Cela a toujours été ma marque de fabrique. J’assume. Je suis offensif, et parfois je me plante. Yann a pris des risques pendant des années avant de gagner sa première étape. Là, en plus, j’ai fait 450 milles avec un petit spi, avec 15 m2 de moins face aux meilleurs navigateurs de course au large au monde. Je suis hyper fier de mon résultat car je pense que c’est un petit exploit. En plus, comme je suis un joueur, plutôt dans l’émotion, il fallait que je retire paradoxalement cette part d’émotion pour pouvoir mieux maîtriser mes courses. J’ai fait un travail là-dessus cet hiver. Quand mon spi s’est cassé, c’était douloureux à subir mais je n’ai pas baissé les bras, me disant qu’il y aurait encore beaucoup de coups à jouer.
En voile, il y a toujours un petit malin qui joue avec nous, c’est souvent aléatoire. Le plus fort mentalement est souvent récompensé. Yann est très fort et c’est normal qu’il ait gagné cette étape. Comme je ne suis pas loin de lui, cela veut dire que je progresse dans ce domaine ».
Vincent Biarnès (Prati Bûches) a souvent été aux avant-postes. Après une nuit de repos, le Costarmoricain relativisait sa 16e place et 2 heures et 3 minutes de retard sur le leader :
« Je suis un peu déçu de mon classement et des écarts car j’ai souvent été dans le coup. J’étais bien en sortant de la Gironde, j’ai bien navigué sans prendre trop de risques jusqu’au cap Finisterre en ayant bien anticipé le coup de vent au cap Ortegal. C’est le point positif pour moi. Sur le nouveau départ à cet endroit, je m’en suis bien sorti. A un moment, je me voyais bien devant tout le groupe avec Yann à au moins 6 milles derrière. Après, je reste trop à terre et je me retrouve scotché. J’ai donc vu tout le paquet passer au large et moi coincé avec mes 2 nœuds de vent. Il y avait Fabien Delahaye à côté de moi. Je m’en sors quand même à peu près, mieux que le groupe qui était encore plus au large avec Michel Desjoyeaux ou Adrien Hardy. Ils avaient bien navigué et doivent être les plus déçus de cette étape ».
Michel Desjoyeaux (TBS), 2e à la bouée Radio France à la sortie de la Gironde et 1er à la bouée GMF en passant au large du cap Finisterre, termine ce premier parcours à la 21e place. Il a surtout 2 h 21 de retard sur le vainqueur devant la Douro Marina :
« Quand j’observe le classement, je vois qu’il y en a un qui a pris beaucoup d’avance d’un coup. Bravo et tant mieux pour lui. Derrière, c’est relativement serré. J’en ai au moins une dizaine devant moi à moins d’une demie heure. Maintenant, on sait que nous en sommes qu’au début, qu’il y en a un qui est stressé et plein d’autres qui ont faim. Je dis ça mais je dis rien… j’en pense pas moins. Ce n’est pas un résultat que j’avais imaginé au départ, ni la photo que j’avais au cap Finisterre où j’étais en tête. Mais c’est le jeu, même si sur une première étape des coups de Trafalgar comme ça sont rares. Je rappelle quand même que le classement général sera à Dieppe ».
30e avec 3 heures et 36 minutes de débours, Anthony Marchand (Bretagne-Crédit Mutuel Performance) est l’un des grands perdants de cette première partie d’épreuve. Son plus mauvais résultat depuis qu’il évolue sur le circuit Figaro Bénéteau :
« J’ai une sensation bizarre dans le sens où je ne suis pas totalement déçu. Je n’étais pas trop rapide dans le dégolfage, mais suis revenu après dans les bons coups. A 100 milles de l’arrivée, j’étais collé à Yann, avec une bonne partie de la flotte sous notre vent. A ce moment-là, une bonne partie de la flotte est partie à la côte chercher le vent. Moi, je voulais faire le tour de la molle par l’extérieur. Un à un, il partaient tous, Michel Desjoyeaux, Jérémie Beyou, Armel Le Cléac’h… Il ne restait plus que Yann, Frédéric Duthil, Alexis Loison au large. En fait, j’ai préféré alors jouer la sécurité et rester avec le gros de la flotte. J’ai donc empanné comme un con. Sans conserver mon objectif de départ. Après, je n’ai jamais réussi à m’extirper de la molle. Maintenant, une grosse partie du classement est fait. Pour Yann, cela se goupille pas mal. Sur ses principaux adversaires annoncés au départ, il y en a cinq qui ont pris deux heures. Mais bon, la deuxième s’annonce tout aussi compliquée.
L’an dernier, j’abandonne sur blessure et cette année je ne commence pas très bien. Pour justifier le mot Performance, ma résolution est de réaliser trois belles étapes ».