
Le tenant du titre a creusé l'écart avec ses concurrents sur cette première étape. Il est arrivé à Porto avec 44 minutes d'avance sur son plus proche poursuivant, après la plus longue étape de la course (536 milles). Comme prévu, tout s'est joué le long du Portugal.
Yann Eliès a peut-être tué le match dès la première étape de la Solitaire du Figaro - Eric Bompard Cachemire. Retour sur les moments clefs de cette victoire. Départ inédit en eaux douces pour la Solitaire du Figaro. La flotte a joué au parcours d'obstacles entre les bancs de sable, les courants et les rondins de bois, jusqu'au large marqué par le majestueux phare de Cordouan. L'entrée en matière n'étant pas le point fort du skipper de Groupe Queguiner - Leucémie Espoir, c'est au large que le marin retrouve ses aises. Dans le Golfe de Gascogne, alors qu'un vent de nord-est de 10 à 15 noeuds impose un tribord plein ouest jusqu'à pouvoir empanner et faire route directe vers le large du cap Ortega, où le nord-est se renforce à 30/35. Le cap Finisterre est conforme à sa réputation avec un coup de vent qui donne des sueurs froides au skipper de Groupe Queguiner-Leucémie Espoir: «J'ai enfourné mais j'ai eu le réflexe de choquer au dernier moment, c'était limite, super chaud.» Il passe relativement près de la côte entre Ortega et Finisterre pour garder son spi dans un vent qui prend de la gauche.
Le délicat cap Finisterre
Les skippers attendent le cap Finisterre comme un nouveau départ mais c'est un coup dur pour Yann Eliès. «Je pensais avoir fait le trou, a-t-il détaillé à l'arrivée à Porto. Quand le vent a commencé à mollir, je me suis dit, c'est bon, je leur ai pris dix milles. Et puis le temps de ranger le bateau, j'ai vu trois petits feux passer sous mon vent. Je me suis dit «bien voilà, tout à refaire». C'était dur!» D'autant que le skipper est obligé de naviguer à l'ancienne, sans son ordinateur de bord. Finalement, un petit recalage vers l'ouest en profitant d'un temporaire Nord - Nord Est au large de La Corogne lui permet de se tenir à 10 milles des côtes, «un bon dosage entre les déventes côtières et un trop grand détour au large», observe Eric Mas, directeur de l'information météo chez Météo Consult - La Chaîne Météo. C'est ce subtil dosage qui sera son meilleur atout sur cette étape. Le vent tourne alors au nord et le tribord amure sous spi reste bon jusqu'au large du cap Finisterre. «Comme la majorité de la flotte, il a dû faire le contre bord avant de rentrer dans le marasme dépressionnaire collé à la côte portugaise, explique Eric Mas. En effet il reprend quelques heures de bâbord amure pour gagner au plus vers le sud, (cap 160) sans trop se rapprocher des marasmes de la côte.»
Un avantage à fructifier
Mardi, journée de transition. Vers 18 heures, avec la majorité de la flotte, Yann Eliès empanne de nouveau pour repartir au large et éviter les calmes nocturnes à la côte. S'il n'est pas en tête il est en tout cas le plus sud par rapport à ce groupe, et aura alors un léger avantage en bénéficiant le premier de la rotation du vent vers le nord-ouest, qui donnera rarement plus de cinq noeuds dans la nuit. Il augmente alors son avantage au sud. Mercredi matin, il mène la flotte et se réjouit: «On a bien avancé avec un vent inespéré, c'est mieux!» La journée sera longue puisque le vent faiblira au fur et à mesure de son avancée vers Porto mais les poursuivants arrivent dans les mêmes conditions et ne peuvent rien faire pour le repasser. Il remporte donc la victoire d'étape à 16 heures et 3 minutes, avec une belle avance de 44 minutes sur son dauphin.
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