
Yann Éliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir), a frappé un grand coup hier en creusant de jolis écarts.
Le tenant du titre de la Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire l’avait annoncé au départ de Pauillac, il allait se battre avec son indéfectible rage de vaincre. Et sa pugnacité n’a jamais failli tout au long des 536 milles théoriques du parcours, entre l'estuaire de la Gironde et la Douro Marina de Porto. Pointé tous les jours au moins une fois en tête du peloton, il s’est détaché du groupe hier matin à la faveur d’une brillante inspiration. Sans ordinateur de bord depuis le départ, ne sachant donc pas où en était la concurrence et navigant à l’ancienne, Yann Éliès a franchi la ligne d’arrivée portugaise à 16 h 03. Achevant ce premier tronçon en 3 jours, 3 heures et 3 minutes et remportant ainsi sa 8e victoire d’étape en 14 participations. Il devançait son dauphin, Frédéric Duthil (Sepalumic) de 44 minutes alors que Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls) montait sur le podium avec 56 minutes de débours.
Le Briochin d’origine pouvait jubiler en touchant terre : « Ce n’était pas l’étape la plus facile. Elle a été riche en rebondissements. Il a fallu la chercher à l’arrachée. Avec des moments durs comme au cap Finisterre où après le coup de vent je pensais avoir fait le trou et tout le monde est revenu dans la molle. J’ai compris alors qu’il fallait jouer la courbure de la dépression. Et je ne me suis plus posé de question. Je devais aller tout droit. Mais les conditions ont été très dures car le vent n’arrêtait pas de tourner. Les réglages étaient incessants ».
Après 75 heures de lutte intense, Yann Éliès arborait une mine étonnamment rayonnante sur les pontons alors que le parcours avait été avalé pratiquement toujours sous spi. « Nous avons eu la chance d’avoir deux grandes plages où l’on a pu vraiment dormir beaucoup. Je me suis gavé de sommeil surtout la deuxième journée. C’était indécent. Le bateau marchait bien sous pilote et je me suis forcé à dormir car je m’ennuyais presque », en souriait le Breton. Il était surtout satisfait de tout le travail effectué tout cet hiver, une des clés de sa réussite : « Pour garder un avantage en vitesse, on a fait un gros boulot avec Vincent, mon préparateur. Sur la carène et les safrans. Et puis j’ai progressé sur des petits réglages au portant où j’allais vite et j’en suis très satisfait ».
Les arrivées se succédaient. Il savait que le matelas qu’il venait d’engranger était forcément conséquent. Surtout pour certains des grands favoris de cette 44e édition concédant plus de deux heures de retard : « Avoir de tels écarts, c’est important. Mais je ne dois pas crier victoire tout de suite et reste lucide et humble avec cette marge de sécurité. Ce n’est que la première étape. Et l’erreur est humaine ».
Prochaine étape dès samedi, en direction de Gijon.
Classement hier à 18 heures
1. Eliès (Groupe Queguiner – Leucémie Espoir) en 03 j 03 h 03 m 26 s
2. Duthil (Sepalumic) à 44 m 04 s
3. Nicol (Bernard Controls) à 56 m 18 s
4. Macaire (Skipper Hérault) à 01 h 05 m 12 s
5. Loison (Groupe FIVA) à 01 h 17 m 56 s
6. Morvan (Cercle Vert)) à 01 h 22 m 40 s
7. Chabagny (Gedimat) à 01 h 24 m 20 s
8. Goodchild (Shelterbox – Disaster Relief) à 01 h 46 m 03 s
9. Meilhat (Skipper Macif 2011) à 01 h 51 m 06 s
10. Richomme (DLBC) à 01 h 56 m 09 s
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