
Longtemps dans le peloton de tête, Julien Villion (Seixo Habitat) est finalement arrivé 34e à Porto. Le deuxième bizuth 2012 nous dévoile sa course vue du cockpit.
À 25 ans Julien Villion peut déjà se targuer d'avoir remporté trois Tour de France à la voile dans chacune des catégories existantes : étudiant, amateur et professionnel. Inscrit au pôle de course au large de Port-La-Forêt depuis deux ans, le jeune marin de La Trinité-sur-Mer continue de travailler ses gammes aux côtés des plus grands et c'est sans complexe qu'il s'est élancé de Bordeaux, aux avants-postes en compagnie de Michel Desjoyeaux, Armel Le Cleac'h et Yann Eliès. "La première partie de ma course a été géniale, jusqu'au Cap Finisterre mes compagnons de route étaient tous d'anciens vainqueurs, je voyais les feux de position de Desjoyeaux juste devant moi", raconte Julien Villion avec des étoiles dans les yeux. "Le passage du Cap avec le vent qui forcissait s'est bien passé, j'ai affalé mon spi au bon moment pour le conserver en vue de l'arrivée dans un vent faible au Portugal. Ensuite la course s'est transformée en une longue descente aux enfers...", admet le skipper du Figaro Seixo Habitat.
Un vrai calvaire
Lors de la seconde partie de l'étape vers Porto, Julien Villion chute de la 3e à la 34e place en une nuit. "Dans le sillage de Michel Desjoyeaux et Nicolas Lunven en début de soirée, je suis tombé dans une énorme molle (zone sans vent) à 2 heures du matin dans la nuit de mardi à mercredi. Mes voiles ont faseillé pendant plus de 2 heures ! Je voyais les autres revenir sur moi et contourner la zone dans laquelle j'étais englué, ils m'ont tous dépassé. Sur mon radar je ne captais plus le signal des bateaux de mon groupe, tous s'était échappés, je voyais apparaître les bateaux du groupe de queue de peloton", explique le Breton encore abattu par cette mésaventure.
Analyse GPS et préparation mentale
"Le calvaire a duré jusqu'à la ligne d'arrivée. Je n'avais jamais pris un tel revers. Je suis très déçu mais je cherche à comprendre mes erreurs. Je vais passer du temps à décortiquer les tracés GPS des autres coureurs du pôle et avec mon préparateur mental pour repartir du bon pied et me regonfler le moral". Les skippers disposent de deux journées de récupération à Porto avant de reprendre la mer en direction de Gijón samedi. Les 452 milles vers l'Espagne peuvent encore provoquer de gros écarts comme l'explique Julien Villion : "le passage du Cap Finisterre dans l'autre sens peut s'avérer tout aussi indécis en terme de stratégie".
Nadal-Djokovic pour se décontracter
Ce vendredi, chaque marin tente de récupérer et de recharger ses batteries. Grand amateur de sport, Julien Villion connaît déjà son programme: "Le match des demi-finales de Roland Garros Nadal-Djokovic est la meilleur chose qui pouvait m'arriver pour me décontracter et me refaire partir pied au plancher vers Gijón !" avoue ce sportif aguerri. Trois étapes restent à courir avant l'arrivée finale à Dieppe le 23 juin. D'ici là les vents et les courants auront peut-être souri à Julien Villion.