
Les 41 concurrents ont entamé en début d’après-midi et fleur au fusil leur périple de 300 milles à destination de Gijón.
Un ciel bas et lourd était au rendez-vous alors que l’ensemble de la flotte de cette Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire s’apprêtait à prendre le départ de la deuxième étape. La visibilité sur le plan d’eau était néanmoins parfaite, les plus gros nuages ayant vidé leur cuve. Lors du coup de canon à 13 h, les ardeurs débridées avaient du mal à se contrôler. Un coup de règle sur les doigts, et donc après un rappel général, les skippers pouvaient s’élancer en ordre serré vers les Asturies. A l’issue de leur courte exhibition par vent léger face à Porto et en arrivant à la dernière marque avant le large, la bouée Radio France, Jérémie Beyou (Maître CoQ), toute crête dehors, devançait Adrien Hardy (Agir Recouvrement) et Anthony Marchand (Bretagne-Crédit Mutuel Performance). Jérémie Beyou, quelques milles plus loin, avait la voix sereine : « J’aime bien la baston dans la basse-cour et c’est toujours plus sympa de sortir du parcours en tête. Désormais, chacun fait son option. Mon idée est de traverser le talweg au plus tôt ». La voile ballon repartie dans sa baille, il faisait route vers l’Ouest, suivi en cela par la majorité des concurrents.
Adrien Hardy menait quant à lui le groupe dissident ayant décidé de garder le spi : « Je suis plutôt content de ce début tout en sachant que cela ne fait pas tout. Sur la première étape, j’avais bien commencé mais le résultat final avait été moins brillant. Me voilà avec une bonne petite avance sur ceux qui ont fait le même choix que moi. Avec Jérémie nous avons 20° d’écart de route. Il a préféré anticiper le futur vent. Mois je préfère progresser sur la route tant que nous avons du vent et cela ma semble pas si mal que ça. Dans les heures qui viennent, cela devrait refuser en grand et passer Nord-Ouest en présence d’un front ».
Après une première étape catastrophique, il s’était échoué dans l’estuaire de la Gironde et se retrouve dans les tréfonds du classement, Simon Troël (Les Recycleurs Bretons) avait enfin le ton du garçon armé des meilleures intentions. « Cela c’est bien passé vu qu’il n’y avait pas de banc de sable. C’est le chantier, il y a des bateaux partout. Cette fois-ci ils ne sont pas partis sans moi. J’essaye maintenant de suivre ma stratégie. Je suis au contact et c’est super », déclarait l’un des plus jeunes du plateau qui venait de passer 6e à la marque.
Nicolas Lunven (Generali), étonnamment en retrait sur cette mise en jambe, faisait en sorte de relativiser. La procession vers le cap Finisterre dans un premier temps, ne faisant que commencer : « Un départ plus que loupé. Avec manque d’inspiration sur le parcours de dégagement. Mais bon, maintenant nous prenons le large, la flotte s’étalant sur le plan d’eau d’Est en Ouest. Il fait bon, il y a du vent, et nous attendons la bascule ». Comme ses camarades de pèlerinage vers les côtes espagnoles, le Morbihannais allait se préparer pour apprivoiser sa première soirée en solitude. Observant du coin de l’œil l’écran lui proposant les positions AIS de tous les sangliers de la harde. Big Brother ayant ôté la part de mystère qui faisait le charme de l’épreuve. Première indication de leur performance demain, à 9 heures, lorsque le directeur de course commencera l’énumération du classement.