
Réduit à 298 milles au vu des conditions météo annoncées, le deuxième parcours au tracé côtier peut relancer la donne.
L’impressionnante démonstration de Yann Éliès (Groupe Queguiner-Leucémie Espoir) sur la première étape de cette Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire sera-t-elle réduite à peau de chagrin entre Porto et Gijón ? Les vents faibles annoncés par Météo Consult sur une partie de ce long parcours côtier débutant ce samedi à 13 h, la bouée au milieu du golfe de Gascogne ayant été supprimée, sont sans aucun doute une lueur d’espoir pour tous les laissés pour compte atomisés par leurs longues heures de retard sur le leader. Morgan Lagravière (Vendée), 13e au classement général, se retrouve dans le peloton des favoris ayant concédé plus de 2 heures. Comme Michel Desjoyeaux (TBS), Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) où Jérémie Beyou (Maître CoQ), le réunionnais d’origine, champion de France en titre, sait que cette voie vers les Asturies peut lui permettre de reprendre des couleurs. Météo oblige : « C’est le genre de situation où il ne faut pas avoir des idées arrêtées. Il faut naviguer au feeling, au ressenti sur l’eau pour calculer ses trajectoires. Mon retard peut paraître énorme, rédhibitoire, mais nous évoluons dans un sport difficilement prévisible et cette étape risque d’être tout aussi olé-olé. Cela me donne la motivation de bien naviguer et l’envie de faire mieux, même si Yann est monstrueux. Et il n’est pas à l’abri d’un aléa ».
Les neurones vont tourner à plein dès le départ pour les 41 concurrents alors que le vent est annoncé instable pour cette course de côte à la progression en pointillé. Pétole, brume, effets thermiques, un plan d’eau très fréquenté, joueront les rabat-joie. Le cap Ortegal passé, quelques 200 milles après le départ, les skippers emprunteront une route jamais défrichée par la Solitaire. Une route orientale pavée elle aussi de complexités. La lucidité sera de mise le long des hautes falaises des côtes Nord espagnoles.
Yann Éliès sait que ses plus proches adversaires au classement, Frédéric Duthil (Sepalumic) et Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), à moins d’une heure, feront en sorte de le contrarier : « Cela ne va pas être simple et cette étape peut encore créer des écarts dans ce contournement de la péninsule ibérique. Il faut que je reste dans le même état d’esprit. Le danger serait de croire que tout est déjà joué. Je vais me faire confiance, sans regarder autour de moi, et pourquoi pas en remettre une couche à Gijón. Ce que je sais, c’est que mentalement, il ne peut rien m’arriver ».
Arrivée estimée à Gijón, mardi dans la matinée.