
Jackson Bouttell (Artemis 77) devance Claire Pruvot (Port de Caen-Ouistreham) de 11 minutes 56 au classement général après la première étape. Les deux jeunes navigateurs en tête du classement Bizuth, respectivement 23e et 24e, vivent actuellement des moments de bonheur pur.
Ils viennent à peine d’achever leur parcours initiatique sur la légendaire course des solitaires qu’il faut à nouveau se remettre à l’ouvrage. Un rythme qu’ils découvrent, sans complexe, sachant qu’ils sont là pour apprendre. Dans un milieu convivial à terre. Galanterie oblige, le sujet de sa gracieuse Majesté laisse la seule femme de l’épreuve évoquer ses premiers sentiments. Arborant un sourire irradiant, la Normande revient sur son périple entre Pauillac et le Portugal avec passion : « Cette course correspond bien à se que je m’imaginais. La première étape a été très complète. Avec pratiquement toutes les conditions possibles. Une très bonne mise en jambe donc. Il y a eu des moments critiques à appréhender comme les 40 nœuds et les énormes surfs, de nuit, au niveau du cap Ortegal. Avec le gros risque de planter dans la vague rattrapée. D’ailleurs, vu mon manque d’expérience, j’avais préféré affaler mon spi. Et cela m’a fait perdre un peu de terrain. Mais je me suis toujours bien sentie dans cette manche. La dernière journée, elle, a été particulièrement difficile, avec la fatigue à gérer ».
Se retrouver sur le podium lors de la remise des prix, dans les caves Sandeman au bord du Douro, est un moment fugace en ce vendredi après-midi. Elle sait que l’histoire ne fait que débuter : « Mon objectif reste le classement Bizuth à Dieppe. Être deuxième à 10 minutes du premier est très satisfaisant comme résultat. Mais la route est encore longue avec trois étapes dont celle entre Porto et Gijón qui risque également d’être compliquée. Il peut y avoir des écarts importants au final. Je ne dois donc pas me focaliser sur mon résultat actuel ».
Le leader de 22 ans, était lui aussi un des ravis de la crèche : « J’ai beaucoup trop dormi sur la fin car la première partie de la course a té très dure. Sans vent, la tactique était très compliquée. En ce sens, Yann Éliès a fait une course exceptionnelle. Mais une 23e place pour moi est un excellent résultat pour moi surtout que je termine juste derrière d’anciens vainqueurs comme Jérémie Beyou ou Armel Le Cléac’h ». L’Australien de naissance doit encore découvrir beaucoup de choses : « J’ai beaucoup navigué en équipage. Là, il faut prendre les décisions tout seul et agir. Et puis c’est très long une étape. C’est la première fois que je passais trois nuits en course, tout seul à bord. Manœuvrer tout le temps, surveiller le plan d’eau, savoir se reposer quand il faut, c’est un exercice difficile. J’ai maintenant que 10 minutes d’avance sur Claire et 41 sur Edmund Hill. Ce n’est rien et la route va être encore très longues ».
Trois étapes vont encore les buriner. En souhaitant que les bons moments qu’ils vont vivre soient le début d’une carrière de solitaire qui ne demande qu’à s’exprimer.