
A quelques heures du coup d’envoi de la Route des Princes, Pascal Bidégorry, navigateur à bord du MOD70 Spindrift Racing, décrypte pour nous la première étape qui se disputera entre Valence et Lisbonne via Benicarlo sur un parcours de 800 milles.
Les MOD70 et le Maxi80 Prince de Bretagne s’élanceront dimanche après-midi de Valence et mettrons le cap sur Benicarlo, à 60 milles dans le Nord de Valence, avant de redescendre vers Almeria, de négocier le passage de Gibraltar et son trafic intense et de remonter le long de l’Espagne en Atlantique jusqu’au Cap Saint-Vincent puis de gagner Lisbonne. Un parcours qui n’aura rien d’un long fleuve tranquille. Les Multi 50 sont quant à eux dispensés de la petite boucle qui devait les mener vers Benicarlo en raison de la grosse bulle sans vent qui se trouve actuellement au nord de Valence. Ils fileront directement vers le Portugal. « C’est toujours sympa de naviguer en Méditerranée. C’est un parcours intéressant mais qui s’annonce assez stratégique. Il faudra être dessus pour tirer son épingle du jeu, analyse Pascal Bidégorry, navigateur à bord de Spindrift. On arrive à bien s’organiser avec Yann Guichard et Erwan Tabarly pour rester vigilants 24h/24. Tant que la course ne sera pas finie, il y aura des cartes à jouer ».
Beaucoup de près au programme
Si les premiers milles ne s’annoncent pas trop ventés, la majorité du parcours devrait se faire au près. « 90% de l’étape devrait se faire au près, à tirer des bords, avance Pascal Bidégorry. Il faudra être vigilant car à chaque baie ou pointe, la météo change un peu. La montée vers Benicarlo puis la descente devraient se faire dans du vent très mou. On ira ensuite chercher un flux de sud jusqu’à Almeria. Il sera ensuite orienté ouest dans la mer d’Alboran. On devrait ensuite rencontrer un flux d’ouest un peu établi avant de toucher des vents d’un peu moins de 30 nœuds dans la dizaine de milles avant le détroit de Gibraltar. Mais dans de sens là, quand il y a un vent d’ouest, les claques sont toujours moins fortes que dans l’autre sens, quand on arrive de l’Atlantique ». Une fois qu’ils se seront extirpés du détroit de Gibraltar, les équipages devraient rencontrer un flux d’ouest-nord-ouest jusqu’au Cap Saint-Vincent d’une quinzaine de nœuds « si les bateaux ne sont pas en retard », comme le précise Pascal Bidégorry. Avant d’ajouter : « Après le Cap Saint Vincent, le vent finira par rentrer par le nord-ouest. On fera beaucoup de près et on devrait terminer au portant dans les derniers milles. On va devoir aller chercher les bascules et rester dans la pression. Mais en protégeant les bascules à droite, il faudra tout de même faire attention aux fonds de baie. Ma seule inquiétude en termes de vent, c’est pour dimanche après-midi et pour la première nuit. Ca va être tordu, mou et au près ». Le jeu s’annonce serré sur cette première étape où la stratégie sera reine, d’autant que le premier à franchir la marque de parcours de Benicarlo et le premier à Gibraltar marqueront un précieux point qui ne sera pas sans incidence sur le classement général.