
Pour sa troisième participation à la Solitaire, l’Anglais Sam Goodchild (Shelterbox-Disaster Relief) est un jeune homme heureux alors qu’il attend avec impatience la dernière étape.
A deux sons de cloches de Notre-Dame de Croaz-Batz, dans le jardin du gîte loué par l’équipe anglo-saxonne de cette Solitaire 2013, l’heure est à la fin de grasse matinée. Les cirés colorant la pelouse finissent eux de sécher. Les visages sont reposés et la visite du Fort du Taureau programmée pour le déjeuner, en baie de Morlaix, semble les enthousiasmer. Sam Goodchild arrive avec le sourire. Le garçon est toujours disponible sauf quand il s’apprête à prendre le départ d’une manche. Il s’y brûle la rate comme le soldat partant au front. Regardant le classement général, les yeux brillent une fois de plus. Après trois étapes, avec une 8e, une 11e, et une 14e place, le voilà dans le Top 10. Comme dans un rêve : « Je ne m’imaginais pas un tel résultat. Je suis vraiment surpris. Au départ, j’espérais être dans la bonne moitié du tableau, là, c’est vraiment cool. Surtout que derrière moi, il y a Michel Desjoyeaux et Armel Le Cléac’h, à une et dix minutes. Une raison pour moi d’être plutôt fier. Cela va être difficile de garder cette place ».
Toutes les conditions météo ont été rencontrées au cours des trois premières étapes de cette Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire. Et la plupart du temps avec un soleil en RTT. Le natif de Bristol n’a pas toujours apprécié certains longs bords, même si le plaisir de la compétition est son euphorisant : « Sous spi je suis vraiment rapide. Au cap Finisterre, sur la deuxième étape, je crois que je suis allé très vite. Sur le troisième parcours, au près, j’ai perdu beaucoup de temps. J’espère donc que l’ultime étape sera très ventée avec beaucoup de phases sous spi. Mais dans cette série Figaro Bénéteau, le secret est qu’il faut être bon partout ».
Entre ces déplacements vers Falmouth ou la Grenade aux Antilles, ses deux havres lorsqu’il n’est pas en compétition, Sam Goodchild a passé quelques stages cet hiver à Port-la-Forêt. La vallée des stakhanovistes du taquet et de l’écoute : « Je suis persuadé que cela explique mon classement mais il n’y a pas que ça. Il y a l’expérience acquise sur mes deux précédentes Solitaire. Et puis, j’ai très peu navigué depuis le début d’année. Je suis plus en forme peut-être ».
Courant sous les couleurs d’une association caritative, le « Glaouche » comme il s’amuse à dire, est aidé par l’équipe Artemis et surtout un mécène lui laissant la jouissance de son Figaro Bénéteau en ce mois de juin. Il souhaite leur offrir encore un beau résultat sur l’ultime parcours devant amener les 40 skippers encore en course vers les falaises de Dieppe. Via les côtes anglaises où il espère glisser avec sa voile ballon.
A 15 heures, de retour sur Roscoff après la balade pour compter les cailloux de la baie, il reprenait la compétition sportive. Cette fois-ci il évoluait en double. Comme pour la prochaine Jacques Vabre sur un 40 pieds. Mais là, c’était pour le grand concours de pétanque organisée pour les coureurs. Si la Solitaire est devenue professionnelle, heureusement son esprit convivial perdure.
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