
Les conditions vont être très musclées pour l’ultime étape de la Solitaire. Le directeur de course, Gilles Chiorri, a même pris la décision d’en réduire le parcours.
La baie de Morlaix a retrouvé un semblant de quiétude en ce mardi. Et la pluie, enfin, manque à l’appel en ce 18 juin. Mais comme l’on dit dans le coin, quand il ne pleut pas, c’est qu’il va pleuvoir. Mise à part Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham) dont le bateau devait être mis à l’eau avant l’heure du goûter après des réparations sur le tableau arrière, les skippers, en ce début d’après-midi, ont choisi la position horizontale. La traditionnelle sieste où ils peuvent se bercer d’illusions. La lecture des dernières prévisions météo aura certainement retardé le passage du marchand de sable. Une grosse cartouche étant annoncée pour la fin de la quatrième étape de cette Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire 2013.
A 16 heures, Gilles Chiorri annonçait officiellement qu’un nouvel avenant allait être affiché sur le tableau officiel. Avenant annonçant la réduction de l’étape entre Roscoff et Dieppe de 514 à 415 milles : « Un gros coup de vent rentre à partir de vendredi soir jusqu’à samedi dans la journée. On parle de vents fichiers de 40 nœuds, de force 7 à 8. Des conditions donc dures en Manche de secteur Ouest-Sud-Ouest. Nous avons donc décidé de modifier le parcours pour que les bateaux soient déjà dans une zone beaucoup plus abritée par la côte française au plus fort du coup de vent », précisait le directeur de course. Les 40 concurrents encore en course n’iront pas ainsi refaire un passage à la pointe du raz de Sein, mais vireront une bouée, à 18 milles de Roscoff, avant de prendre le chemin vers Wolf Rock, au large de pointe de la Cornouailles britannique.
« Le vent sera alors de secteur Nord-Ouest pour faire un joli louvoyage en bords de près. Ensuite, on longe la côte anglaise mais au lieu d’aller à Owers, nous irons à Needles Fairway, située à l’Ouest de l’île de Wight. A priori, la mer ne sera pas encore trop formée. Nous avons choisi cette marque pour qu’ils n’aient pas trop à louvoyer dans leur traversée de la Manche. Ils iront sur un bord vers une bouée du chenal d’Antifer avant de rejoindre Dieppe. Le parcours a donc la même orchestration, la même architecture, mais avec des petites variantes pour assurer l’intégrité de nos marins » concluait Gilles Chiorri tout en précisant que suivant les prévisions plus affinées demain par Météo Consult, la marque Aman ar Ros, à 18 milles de Roscoff serait éventuellement supprimée.
Pour Morgan Lagravière (Vendée) à qui l’on vient d’apprendre le changement, les conditions tempétueuses ne sont pas une crainte : « J’apprécie particulièrement le gros temps. Cela va vite et physiquement, il faut être réactif et vigilant. Même si je n’ai pas un physique de rugbyman, j’aime ça. J’y vois un côté positif. En dépassant cette crainte légitime pour la convertir en énergie. Qui dit conditions ventées dit en général qu’il y aura des écarts plutôt faibles. Encore plus si le parcours est diminué. Comme je suis actuellement dans une situation pour défendre et non attaquer, je suis donc content de ce contexte ».
Alors qu’ils se préparaient tous pour la remise des prix de l’étape entre Gijón et Roscoff devant se dérouler à 19 h 30 sur le port, les concurrents semblaient quelque peu rassurés par rapport aux décisions prises pour leur périple de falaise en falaise devant débuté jeudi à 13 heures.