
Les 37 concurrents encore en course attendaient avec appréhension des conditions musclées jusqu’à Dieppe, terme de l’épreuve.
En passant devant Portsall vendredi vers 11 h, une route de 90 milles venait de s’ouvrir en direction du phare de Wolf Rock à la pointe de la Cornouailles, marque du Grand Prix GMF Assistance. Après une nuit à jouer au chat et à la souris dans la brume et sur une route mal pavée entre Ouessant, Sein et le chenal du Four, la flotte s’apprêtait ainsi à se retrousser les manches.
En tête en enroulant cette dernière marque, Morgan Lagravière (Vendée), 2e au classement général, était relativement détendu : « Nous rentrons dans un tronçon avec un peu plus de répit, ce qui nous change de la manœuvre et de la conduite des dernières heures. Le bateau avance assez bien tout seul car la mer est encore plutôt plate. Il faut savoir en profiter pour recharger les batteries, regarder la météo, faire les routages. Des paramètres impossibles à faire lorsqu’on est la tête dans le guidon. L’exercice maintenant est de bien s’appliquer sur la trajectoire ».
Le leader après trois étapes, Fred Duthil (Sepalumic), était lui un peu plus circonspect par rapport à la suite de l’histoire : « Ce matin, le groupe dans lequel j’étais n’a pas eu de chance alors que nous n’étions pas loin des premiers. On est tombé dans une molle et c’est parti par devant. C’est un peu dommage mais nous sommes toujours en contact. Nous devrions toucher du vent fort sous peu ». Proche des meneurs, Jérémie Beyou (Maître CoQ) se préparait aussi au futur combat : « Le vent va se renforcer à mesure que l’on va se rapprocher des côtes anglaises. Cela risque d’être assez sport toute la nuit. C’est une autre régate qui va commencer. Pour ceux qui ont pris un peu de retard comme Duthil, Desjoyeaux (TBS) ou Le Cléac’h (Banque Populaire), avec des trous d’air qu’il était difficile de sentir avec la brume, les écarts n’ont rien de significatif. Sous spi, cela va être très chaud et il ne faudra pas se mettre à l’envers. Celui qui tiendra la cadence sera devant ».
Les éoliennes devaient commencer à s’agiter alors que Wolf Rock allait être laissé à tribord vers 20 h. Ils savaient tous que les turbines friseraient la surchauffe jusqu’à l’arrivée dans la nuit de samedi à dimanche. La conduite le long des côtes d’Albion avec un vent à dominante Ouest, avec des rafales au-delà des 35 nœuds, nécessitant d’être un as du volant sur les 300 milles restants via l’île de Wight, le chenal d’Antifer et la ligne du triomphe à Dieppe.