
Les 40 skippers ont quitté Roscoff hier pour 520 milles endiablés en direction de Dieppe, terme de l’épreuve.
La brume n’a pas dilué les ardeurs des concurrents de la Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire hier au départ de Roscoff. Au contraire, la tension était extrême à 13 heures alors qu’ils s’apprêtaient à entamer leur ultime périple s’annonçant plus que corsé, surtout sur la fin. Dans un vent manquant de vapeur, Michel Desjoyeaux (TBS) se mettait rapidement sur de bons rails en pointant son étrave en premier à la marque Geolink pour rester aux commandes jusqu’à la bouée Radio France. Il devançait Corentin Horeau (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir), Adrien Hardy (Agir Recouvrement), Julien Villion (Seixo Habitat) ou encore Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012). Monté dans un compartiment de première alors qu’il n’avait jusqu’à présent qu’un billet de seconde avec une 11e place au classement général, à 1 h 41 du leader Frédéric Duthil (Sepalumic), le triple vainqueur de la Solitaire l’avait annoncé le matin même, la bonne résolution était de partir devant et de creuser des écarts. Chose faite donc avec allant : « Le départ était plutôt délicat avec pas mal de courant. Mais mon choix du premier bord a payé. J’essaye maintenant de voir les cailloux de loin pour ne pas écraser les crabes et surtout ne pas casser le bateau. Parfois cela était assez chaud car il faut toujours prendre des risques. Heureusement la cartographie électronique nous aide bien avec le GPS. La flotte est étirée maintenant et on commence à avoir du courant favorable. Cela va bien nous aider dans notre progression vers Sein ».
Grosse frayeur pour Xavier Macaire (Skipper Hérault), actuel 4e du classement avec 45 minutes de retard. Victime d’un accident peu avant le départ il continuait cependant la course : « J’essayais d’éviter certains bateaux spectateurs et se faisant, j’ai une collision avec Amaiur Alfaro (Région Aquitaine-Ateliers de France) et je n’étais pas prioritaire. Son étrave est rentrée dans mon flanc. J’ai une belle cabosse. C’est dans le ballast tribord et apparemment il n’y a pas de danger de voie d’eau. Je vais faire en sorte de calfeutrer le trou quand cela sera plus calme ».
Le périple façon tortillard sur la côte Ouest de la Bretagne devait s’effectuer tout au long de la nuit jusqu’à la bouée Grande Basse de Portsall, aiguillage obligatoire vers les rivages anglais.
Malheureusement pour Vincent Biarnes (Prati Bûches) l’histoire était terminée plus tôt que prévu avec la casse de son étai. Le Costarmoricain de retour au port à 15 h, signalait à l’organisation son abandon.