
Entre Michel Desjoyeaux et ses trois victoires sur l’épreuve ou Armel Le Cleac’h, dauphin du dernier Vendée Globe et double vainqueur, l’affiche de cette 44e édition de La Solitaire du Figaro avait de quoi impressionner. Désormais, elle ajoute encore plus de sel à son brillant parcours.
A Bordeaux, Yoann Richomme (DLBC – Module Création) nous avouait se sentir perdu face au plateau de cette 44e édition qu’il jugeait très homogène. « Quand je pense à la flotte, je me dis qu’arriver dans les 15 serait un très beau résultat, pronostiquait-il. Bien sûr j’espère rentrer dans le top 10 et je pense que c’est là un objectif honnête envers moi-même. » Finalement, le marin de 29 ans s’est hissé à la quatrième place du classement général (avant jury), devançant le double vainqueur Jérémie Beyou grâce à une impressionnante constance (10e – 6e – 6e – 4e). « Je suis super satisfait du résultat et même dans mes plus beaux rêves je n’aurais pas pensé finir 4e de cette édition. C’est top ! » s’est-il exclamé ce samedi soir en arrivant sur la terre ferme.
Entre intuition et raison
Le sourire facile, la voix posée, Yoann Richomme a su trouver l’équilibre qu’il attendait, entre intuition et raison. « Je ne veux pas prendre trop de risques dans une option, mais en même temps il faut se démarquer un peu pour recoller la tête de flotte », analysait-il à mi-parcours. C’est finalement avant Antifer que le skipper a su se démarquer pour prendre la quatrième place de la dernière manche et grimper au classement général. Le skipper de DLBC- Module Création explique être plus confiant dans ses choix depuis la première étape de l’édition 2012, lorsqu’une panne d’ordinateur l’avait forcé à revenir aux bases de la navigation. Il explique aussi avoir senti un déclic dont il a pu profiter dès la Transat Bretagne-Martinique qu’il a terminé en 5e position et 1er bizuth. « J’ai gagné en sérénité et je me sens bien à bord, nous a-t-il confié. Je commence à avoir de réels automatismes et pour une des premières fois, je prends vraiment du plaisir à bord de mon Figaro. » Ce déclic lui a permis de profiter de tout son potentiel sur sa 4e Solitaire. « J’ai très mal, on est vraiment allé au bout et je n’en peux plus. Je n’ai plus un gramme d’énergie ! a-t-il lâché en arrivant à Dieppe. C’était extrêmement violent la nuit dernière pendant une quinzaine d’heures avec 30-35 nœuds établis et des rafales à 40. J’ai fait de nombreux plantés, je priais pour que rien ne casse car c‘était tellement violent que n’importe qui aurait pu y laisser du matériel facilement. » Le marin est désormais tourné vers la victoire : « Ce qui me pousse à revenir d’année en année c’est de me dire qu’un jour je la gagnerai, c’est juste une question de travail et de progression au fur et à mesure. »
Sa constance lui permet également de prendre provisoirement la tête du championnat de France de course au large.
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