
Après la pluie, le beau temps. Alors que les régates ont toutes été annulées le week-end dernier, c’est sous le soleil que les multicoques ont quitté les pontons du Yacht Club de Dun Laoghaire lundi matin à 10h00 heure locale. Le coup d’envoi de la 3e étape offshore de la Route des Princes a quant à lui été donné à 11h00 heure locale.
Après avoir effectué un aller-retour de 7,2 milles entre l’East Pier et la bouée Muglins devant le port de Dun Laoghaire, les bateaux sortiront de la baie de Dublin en laissant le DST à bâbord ainsi que la petite cardinale de Kish, avant de descendre vers le sud-est sur l’île de Bardsey, située à la pointe du Pays du Galles. Un premier point de bonus spécial y sera attribué au premier bateau de chaque classe. Il leur faudra ensuite négocier la mer d’Irlande pour aller enrouler le rocher du Fastnet puis mettre le cap vers les Scilly, où ils devront laisser le phare Bishop Rock à bâbord (un point de bonus par classe, ndlr) avant de filer vers Eddystone via Wolf Rock, où la suite du parcours sera décidée, en fonction des conditions météo. « Nous aurons alors quatre choix : les faire aller jusqu’à Shambles Ouest (640 milles) ; jusqu’à Fairway dans l’ouest de l’île de Wight (700 milles) ; jusqu’à Tour Nab un peu plus dans l’est (750 milles) ou carrément jusqu’à Southern Head, à une petite vingtaine de milles de l’entrée du Pas de Calais (850 milles), commente Sylvie Viant, directrice de course. Dans tous les cas, l’arrivée sera jugée devant Plymouth ». Les Multi50, qui ont été dispensé de Fastnet au briefing de ce matin, auront un parcours plus court que les MOD70, afin que les bateaux arrivent en même temps, mercredi dans l’après-midi. Les équipages devront également composer avec les courants, qui seront importants en raison des grandes marées. En effet, les coefficients sont très grands en cette période. « Tant qu’il y aura du vent, les bateaux ne seront pas trop gênés mais lorsqu’ils aborderont la pointe sud-ouest de l’Angleterre, le vent aura faibli et il est possible que certains soient contraints de mouiller en attendant la renverse. Ce sera également complexe à chaque passage de pointes, comme Lizard par exemple, ou à l’entrée et à la sortie du Solent. A ces endroits, les courants sont redoutables, il faut vraiment être vigilant », poursuit Sylvie Viant.
Une étape dans du petit temps
La flotte s’est élancée de Dun Laoghaire dans une dizaine de nœuds, mais le flux devrait mollir rapidement. « Les conditions sont légères et les vents aléatoires. Il est difficile d’établir une stratégie à plus de 24 heures. Il va falloir être opportuniste et aller chercher les petits coups à faire. Cette étape s’annonce sympa stratégiquement et tactiquement parlant », commentait Ewan Le Roux, skipper du Multi50 FenêtréA Cardinal juste avant le départ. Même son de cloche chez Yves Le Blévec (Actual). « Le régime est quasi estival avec un anticyclone qui pousse sur toute l’Europe et qui génère peu de vent. Il va y avoir des zones de transition de part et d’autre des lignes formées par les dorsales et les talwegs. Les systèmes vont se déplacer plus vite que nous. Ca ne va pas être facile, il va falloir être zen. Si on se fait distancer, il ne faudra pas paniquer car il y aura plein d’occasions de se refaire. L’inverse est vrai également. On va descendre le canal de St Georges avec du vent établi puis le jeu s’ouvrira ». Du côté des MOD70, chaque équipage a eu une pensée pour Spindrift, absent sur la ligne de départ, et pour Jacques Guichard, l’équipier qui s’est fracturé le bassin dans le chavirage du bateau samedi dernier. « Il y en a un de moins au départ. C’est bizarre de laisser le bateau noir (Spindrift, ndlr) au port et Jacques à l’hôpital », rappelait ce matin Damian Foxall (Oman Air-Musandam), le local de l’étape. « C’est triste de perdre Spindrift, et triste que Jacques soit blessé, mais la bonne nouvelle, c’est qu’il va s’en sortir. Ca prendra du temps mais il pourra renaviguer », commentait de son côté Sidney Gavignet, skipper du bateau omanais. Pour Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), cette étape sera une nouvelle fois très disputée. « La compétition est serrée, tout le monde est capable de gagner une étape.