
Edmond de Rothschild est le seul team, avec Oman Air-Musandam, à avoir fait appel aux services d’un coach sur la Route des Princes. C’est à Dublin – Dun Laoghaire que nous avons suivi sur l’eau Tanguy Leglatin, coach du Gitana Team, avant le coup d’envoi des régates in-shore.
La collaboration entre Tanguy Leglatin et le Gitana Team remonte à 2011. Après un essai concluant sur la préparation du Tour de Belle-Ile et du record SNSM, Sébastien Josse lui propose de venir coacher l’équipage du MOD70 Edmond de Rothschild, lors des entrainements mais également sur les courses in-shore et off-shore. Une collaboration qui se poursuit aujourd’hui sur la Route des Princes, sur laquelle il joue un rôle crucial en apportant un regard extérieur au team dans le but de faire progresser tout le monde sur différents points. « Les équipiers ont souvent la tête dans le guidon et n’ont pas toujours le temps d’identifier les priorités à bord, nous explique Tanguy Leglatin. On travaille beaucoup sur l’aspect communication, le timing des manœuvres mais également sur la gestion des priorités. 90% du travail se fait en amont des régates. Le naturel des navigants est de se focaliser sur l’aspect technique. Ils risquent de ne pas aller chercher la cause du problème. Mon rôle de chercher pourquoi on en est là à un moment donné ».
Coach et espion à la fois
Sur la Route des Princes, Tanguy Leglatin embarque à bord du semi-rigide du Gitana Team sur chaque course in-shore aux côtés de Jean-Christophe Mourniac, qui se coure que les étapes off-shore. Et sur l’eau, il analyse, observe. « J’observe le plan d’eau avant les régates et je fais des relevés, ce qui permet à l’équipage de gagner un peu de temps. Jean-Christophe, qui a fait beaucoup de tornado, apporte quant à lui son expérience de lecture du plan d’eau, poursuit-il. Les zones de régates sur les in-shore sont relativement contraintes afin d’être proches du public. Même si l’organisation essaie de stéréotyper les parcours en termes d’ordre d’allures, il y a toujours des phases clefs. Mon rôle est notamment d’essayer de les identifier et de donner l’information à l’équipage, mais également de vérifier que le bateau est bien réglé, comparé au reste de la flotte. J’observe aussi les réglages des autres bateaux et donne des petites informations à l’équipage. Je joue un peu le rôle d’espion ». Armé d’une caméra, Tanguy Leglatin filme également les départs des régates, les manœuvres et les réglages. « On fait même parfois un ou deux faux départs avant le vrai. L’idée, c’est de ne pas passer trop de temps à regarder les vidéos, mais si jamais on identifie un problème récurent, je peux aller chercher des informations dans les vidéos. Idem si un concurrent fait quelque chose de différent qui fonctionne, je peux leur montrer ». Un débriefing est fait le lendemain matin de chaque jour de régate avec l’équipage. « Je suis là pour apporter du recul par rapport à tout ce qui se passe l’eau et pour déterminer les points à travailler. Cette année, je vais passer 25 jours avec le team en tout ». Sur les courses off-shore, le travail se fait également en amont, à la fois sur les performances du bateau que de celles de l’équipage. Tanguy Leglatin prend également le temps de discuter avec chaque membre de l’équipage. Un aspect humain important sur une course qui s’étale sur un mois. « C’est bien d’avoir quelqu’un qui puisse avoir un œil extérieur à la fois sur la partie technique que psychologique. C’est important d’instaurer un dialogue avec les navigants, même si la personne en face ne veut pas parler. En général, j’arrive à leur faire dire les choses. Le dialogue est primordial, d’autant plus qu’il est important qu’il n’y ait pas de décalage dans les attentes mutuelles ». Le travail du coach a porté ses fruits, le MOD70 Edmond de Rothschild de Sébastien Josse ayant dominé les régates in-shore depuis le début de la course. Le Gitana Team continuera-t-il sur cette belle lancée? Verdict samedi midi après les in-shore de Plymouth.
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