
VIDEO - Près de quatre jours après son départ, le skipper de Safran compte plus de 100 milles d’avance sur le record de l’Atlantique en solitaire et monocoque détenu par Alex Thomson (Hugo Boss) depuis 2012. Il est suivi de près par un autre prétendant au record, le skipper polonais Zbigniew Gutkowski.
Ce dimanche soir, Marc Guillemot est arrivé au bout de ses forces, exténué par un duel haletant avec le skipper Polonais Zbigniew Gutkowski, dit Gutek, dans des conditions compliquées. « Il fallait faire quelque chose, je n’avais pas encore pu me coucher sur ma bannette depuis le départ, nous a-t-il expliqué ce lundi matin. Je me contentais de me poser sur mon siège, les yeux rivés sur l’AIS. » La première partie de course en navigation côtière fut tendue. « C’était difficile, avec beaucoup d’angoisse, a-t-il raconté. Lors de la navigation le long des côtes américaines, il y avait peu de visibilité et beaucoup de trafic maritime. Je ne suis pas mécontent d’avoir quitté les bancs de Terre-Neuve ! » Dans la nuit de dimanche à lundi, Marc Guillemot a donc enfin pu s’allonger sur sa bannette humide après avoir passé de longues heures dans la brume. La visibilité est maintenant de 100 mètres mais ce dimanche, le marin n’y voyait pas à plus de cinquante mètres.
Une mer contrariante
Lors de notre conversation téléphonique, au moment de dresser une carte postale embrumée de sa matinée de navigation, Marc Guillemot s'est absenté pour gérer une sortie de route de son voilier. « Les vagues de travers à l’arrière ont fait basculer le bateau, a rapidement expliqué le marin. J’ai déjà connu cela trois fois cette nuit. » Marc Guillemot regrette une mer « un peu dégueulasse » qui l’empêche d’aller aussi vite qu’il le souhaiterait. D’autant que le marin est poursuivi par un concurrent très motivé. Lors de la vacation de ce lundi matin, il apprend ainsi que Gutek était à neuf milles derrière lui dans son axe à 1 heure du matin. « Il était tout près ! » sest étonné Marc Guillemot. Les deux marins n’ont pas échangé pendant la première partie de transatlantique. « Ce n’est pas jouable de parler en anglais par VHF avec son fort accent… et le mien aussi », a brièvement expliqué le skipper de Safran. Pour la suite de la journée, Marc Guillemot s’attend à des conditions bien soutenues avec une mer toujours désordonnée. « La dernière moitié du parcours s’annonce compliquée, noua s-t-il annoncé. Cela évolue tous les jours mais pour l’instant, il semblerait que les dépressions aient prévu de remonter vers l’Irlande donc l’atterrissage s’annonce plus délicat. » Pour battre le record de l’Atlantique, Marc Guillemot doit tenir une moyenne supérieure à 13,7 nœuds sur les 2.880 milles du parcours et franchir la ligne d’arrivée au Cap Lizard en Cornouailles avant le 6 juillet en soirée.
Ci-dessous, la dernière vidéo de bord