
L’officialisation du duo était attendue. Le 3 novembre prochain, François Gabart retrouvera Michel Desjoyeaux pour une transatlantique qui s’annonce très suivie.
Ils n’ont pas encore eu le temps de naviguer ensemble, se croisant juste quelques heures à Paris alors que l’un revenait tout juste de la Solitaire et l’autre filait dans le sud pour préparer le mondial de J80. Pourtant, le 3 novembre prochain, ils prendront ensemble le départ de la Transat Jacques Vabre sur Macif. « Quand je suis rentré du Vendée Globe, je savais que la Transat allait arriver vite, sans avoir beaucoup de temps pour la préparer », explique François Gabart. Le fait de partir avec Michel est un vrai plus : outre le plaisir de naviguer ensemble, je sais qu’on va former un duo immédiatement performant et efficace. Nous n’allons pas nous nous disperser, ni repartir de zéro. » Quelques jours après avoir posé pied à terre, il s’est donc tourné vers celui qui a soutenu son projet Vendée Globe au sein de son écurie, Mer Agitée. « L’autre lascar avait la bouille tellement réjouie ! » se souvient Michel Desjoyeaux. Mais ce duo qui semble aujourd’hui naturel n’était pas si facile à mettre en place. Jusqu’au dernier jour de juin, le Professeur a espéré trouver un sponsor pour son MOD 70 immaculé, rangé dans son hangar depuis la fin de son partenariat avec Foncia. « La proposition de François tombait donc à point nommé pour ne pas regarder la flotte partir des pontons, surtout que cela me faisait mal aux tripes de me dédoubler entre François et mon projet de MOD70. »
Trois victoires du Vendée Globe à eux deux
Sur l’eau, le duo sera très attendu. « De toute façon, le bateau Macif aurait été favori et c’est très bien car cela veut dire qu’on fait du bon boulot », relativise François Gabart. Côté motivation, le duo a une revanche à prendre après l’interruption brutale de leur première expérience en double. Sur la dernière Barcelona World Race, les marins avaient dû abandonner après un démâtage au large de l’Afrique. « Nous avons un truc à finir ensemble, c’est certain », confirme Michel Desjoyeaux. Mais pour cette nouvelle expérience en double, les rôles seront différents avec le benjamin au poste de skipper. « Cela ne me pose aucun problème, assure Michel Desjoyeaux. J’ai déjà fait cet exercice de respect de la hiérarchie. Pour certains, c’est perçu comme une régression mais je ne le vois pas comme cela. Je vais pouvoir impulser de l’énergie sans le poids des responsabilités. Et à bord, il y aura un pépère qui connaîtra très bien son bateau ; je serai en demande de son expérience. » Les deux marins ont toujours fermement refusé de placer leur amitié dans une relation prof-élève, préférant évoquer une complémentarité d’expérience – large et olympisme - et une passion commune. Michel Desjoyeaux retrouve en François Gabart les qualités de son ancien équipier, Emmanuel Le Borgne : motivation et rigueur d’approche. Heureux signe, c’est avec ce marin qu’il avait remporté la Transat 2007.