
A trois jours du dénouement de la tentative de record de l'Atlantique, les deux prétendants, Zbigniew Gutkowski et Marc Guillemot, sont au coude à coude. Ils doivent arriver avant samedi soir pour battre le record détenu depuis 2012 par Alex Thomson.
Après la douloureuse fatigue de dimanche, Marc Guillemot a pris le temps de se ménager. « J’ai bien dormi cette nuit, se réjouit-il ce mercredi. Pour ne rien vous cacher, je n’ai même pas mis mon réveil ! » Il faut dire que la lutte est dure sur l’Atlantique avec un concurrent polonais très offensif qui oblige Marc Guillemot à utiliser le « nous » quand il évoque sa trajectoire. Gutek navigue dans son tableau arrière avec quelques incursions devant son étrave, comme ce mercredi matin. « Bien sûr, l’enjeu est différent, répond le skipper de Safran. Il ne suffit pas de faire un meilleur temps que l’actuel détenteur du record, Alex Thomson, il faut aussi arriver avant Gutek. C’est plus exigeant et cela me plaît. Seul, j’aurais pu perdre du temps sans que cela soit dramatique. Pas dans ces conditions. » Le skipper d’Energa, parti de New York une petite quinzaine de minutes après Safran, évolue sur un plan Finot-Conq de 2007, la même année de construction que le VPLP Verdier de Safran. « Il assure vraiment bien, apprécie Marc Guillemot. Il a fait du bon boulot avec son équipe. » Le skipper d’Energa a dû abandonner prématurément sur le Vendée Globe sur avarie technique mais il a déjà prouvé sa capacité à pousser son bateau lors de la Velux 5 Océans. Il était monté sur la deuxième marche du podium avec un voilier vainqueur du Vendée Globe près de 20 ans auparavant, l’ex Bagages Superior d’Alain Gauthier. Son bateau actuel, ex Hugo Boss, bénéficie également d’une belle réputation puisqu’il a permis à son ancien skipper de remporter plusieurs records de vitesse sur 24 heures. Des qualités qui devraient lui être utiles pour s’accrocher malgré des conditions météorologiques qui se compliquent. Les deux marins ont navigué ce mercredi dans un bon flux de sud-ouest mais ils attendent une dépression pour la fin de la journée avec 35 nœuds, 38 dans les rafales. « La dépression va monter très nord en approche du Groenland et une bulle anticyclonique en marge complique la donne, observe Marc Guillemot. Nous allons devoir montrer vers l’Irlande et rebasculer au sud de l’île. Évidemment, cela nous rallonge la route mais c’est la seule solution. » Le marin sait que les dernier 100 milles s’annoncent décisifs. « Ce n’est pas gagné mais ce n’est pas perdu non plus sinon je ferais directement route vers la Bretagne ! » lance-t-il dans un sourire.