
La 34e Coupe de l’America, le plus vieux trophée sportif au monde (1851), est officiellement lancée depuis cette nuit avec une inauguration fastueuse à San Francisco, le jour de la fête nationale américaine. Mais les festivités ne masquent pas les difficultés de la Coupe. Lundi, un jury international se prononcera sur le différend qui oppose les organisateurs et deux des trois challengers.
Ce vendredi, les bateaux entrent en scène avec une parade du defendeur Oracle – le tenant du titre –, et de deux des trois challengers Emirates Team New Zealand et Luna Rossa. Le troisième challenger, le suédois Artemis ne devrait rejoindre la compétition qu’à la mi-juillet, son premier catamaran AC72 a été détruit lors du chavirage tragique du 9 mai dernier, ayant entraîné la mort du Britannique Andrew Simpson. Le bateau avait plongé dans l’eau par l’avant et chaviré en se brisant en morceaux, piégeant l’équipier sous une partie solide du bateau. Ce drame avait mis en lumière le danger que pouvait représenter ces catamarans, extraordinaires machines technologiques, capables de filer à 40 nœuds. Pour mieux encadrer les premières compétitions de ces voiliers ultra-puissants, les organisateurs ont introduit des changements dans le règlement mais ceux-ci sont aujourd’hui contestés par Emirates Team New Zealand et Luna Rossa. Les premiers ont pris les devants le 27 juin dernier en demandant au jury international de constater que le directeur des régates, l’Australien IaIn Murray, avait dépassé son autorité en présentant unilatéralement des modifications au règlement. Les Italiens ont ensuite rejoint la procédure. Les deux équipes estiment que le changement modifiant la partie du gouvernail qui permet aux catamarans de se soulever, sur les deux safrans et l’un des foils, ne concerne pas strictement la sécurité mais serait « purement une intervention sur la performance », selon les termes d’un porte-parole de Luna Rossa. Les deux protestataires soutiennent que cette modification de dernière minute, sur des bateaux déjà très complexes, pourrait avantager le bateau tenant du titre, le defender, Oracle. En effet, ce voilier n’entrera en scène que le 7 septembre, après la phase éliminatoire appelée Coupe Louis Vuitton. Le jury doit se réunir lundi, soit le lendemain de la première régate. De son côté, le directeur des régates IaIn Murray a rappelé que la question des plans porteurs avait été abordée le 22 mai, en présence de toutes les équipes, dans le cadre des 37 recommandations de sécurité suggérées après le chavirage d’Artemis. Il n’avait alors relevé aucune objection.