
Pour battre le record de l’Atlantique, détenu depuis 2012 par Alex Thomson, le skipper de Safran doit arriver au cap Lizard avant samedi, 22h27 heure française. Mais comme il le redoute depuis le départ, les cent derniers milles s’annoncent les plus compliqués.
Ce vendredi matin, la communication est difficile avec le bateau de Safran. « Alors plus je m’approche, moins on m’entend ! » Marc Guillemot plaisante mais la tension est palpable. Depuis cette nuit, le skipper lutte pour profiter du moindre souffle d’air avec des vitesses qui oscillent entre 5 et 7 nœuds. « Il faut être très attentif, j’ai basculé le poids des voiles et du matériel vers l’avant pour enfoncer au maximum l’étrave. Je cherche à gagner en légèreté mais je ne vais pas me foutre à l’eau quand même ! » Marc Guillemot se réjouit d’avoir une marge de sécurité sur le temps d’Alex Thomson en 2012 mais il sait aussi que ce matelas ne durera qu’un temps. « Il faut être patient mais c’est difficile », lâche-t-il. Dans ces conditions, l’ETA est très difficile à calculer. « Des routages indiquent une arrivée possible samedi matin, précise-t-il. Si c’est ça cela me va bien mais pour l’instant j’essaye juste d’avancer. » A 64 milles dans son tableau arrière, Zbigniew Gutkowski sur Energa ne semble plus représenter une menace mais Marc Guillemot reste prudent. « Ce n’est plus très inquiétant mais nous sommes dans un système compliqué et aléatoire, rappelle-t-il. On comptera les points à l’arrivée. » Le skipper n’attend aucun changement mirobolant dans les heures à venir et s’arme de patience pour une avant-dernière journée de navigation ensoleillée sur une mer d’Irlande bercée par une houle résiduelle et avec quelques goélands pour compagnons. Une fois passée la ligne d’arrivée, le skipper de Safran poussera la barre, cap sur La Trinité.
Ci-dessous, vidéo du bord