
ERDF – Des Pieds et des Mains, le Class 40 de Damien Seguin, a été mis à l’eau lundi à Saint-Nazaire. Le premier bateau de course 100% électrique sera baptisé à Nantes le 28 septembre prochain, avant de s’aligner au départ de la Transat Jacques Vabre le 3 novembre.
Après avoir passé avec succès les tests de jauge, le tout dernier Class 40 à avoir été mis à l’eau a pris la mer lundi soir, afin de rejoindre sa base, à Pornichet. Le plan Lombard construit par Akilaria a été customisé dans ses moindres détails par Damien Seguin, le skipper du bateau. « Cela reste un bateau de série mais il a été optimisé partout où ça pouvait l’être, du début de la construction à la finition », souligne le marin, heureux de voir son bateau fin prêt à naviguer. ERDF – Des Pieds et des Mains a la particularité d’être équipé d’un moteur 100% électrique. Une petite révolution dans le milieu de la course au large. Rappelons que s’il n’utilisait pas d’énergies fossiles, l’Acciona de Javier Sanso sur le dernier Vendée Globe fonctionnait grâce à un moteur hybride et une pile à hydrogène. A bord d’ERDF – Des Pieds et des Mains, l’hydro-générateur, ainsi que les panneaux solaires fourniront l’énergie nécessaire à l’électronique embarquée et au pilote automatique, alors que la propulsion sera assurée par un tout nouveau moteur Oceanvolt aimenté par un parc de batteries au lithium-phosphate. Un moteur aux capacités comparables à celles d’un moteur thermique, qui ne sera utilisé que pour les manœuvres de port ou en cas d’avarie majeure. « Le but aujourd’hui est de montrer que ce type de moteur fonctionne et tous les partenaires ont joué le jeu pour le mettre en place sur un voilier de course, poursuit le skipper. C’est un système qui est encore cher mais grâce à l’arrivée de l’électrique dans l’automobile, les prix des batteries et des moteurs vont chuter dans les prochaines années. Je souhaite mettre en place un système électrique depuis plusieurs années car sur ma première course en Class 40, j’avais rencontré de gros problèmes avec le moteur thermique et ce n’est jamais marrant de faire tourner un moteur pour produire de l’électricité. Ça pue, ça fait du bruit et ça chauffe ! Le bateau reste un bateau de série mais nous l’avons optimisé partout où c’était possible. Nous avons par exemple mis en place des safrans relevables qui constituent un plus, autant en matière de sécurité que de performance. Aujourd’hui, c’est un rêve qui se réalise. Ça fait du bien de le voir sur l’eau et ça va faire drôle de quitter le port sans un bruit ».
Damien Seguin débutera les entrainements d’ici quelques jours, avant d’être rejoint par son co-skipper pour la Transat Jacques Vabre, Yoann Richomme. Second de la dernière édition de la Transat Jacques Vabre derrière Aquarelle.com, le duo espère bien figurer une nouvelle fois au classement général de la course. Mais avant cette transatlantique entre Le Havre et Itajai, au Brésil, les deux hommes s’aligneront ensemble au départ de la Rolex Fastnet Race, la première course du bateau.