
Cette année encore, la ville de départ de la Solitaire du Figaro-Éric Bompard Cachemire sera donc inédite. Les planches se préparent à troquer leurs élégantes vacancières contre des navigateurs en ciré. «Il y a un avant et après Bordeaux 2013, assure Pierre Bojic, directeur général de Pen Duick. Nous avons atteint une nouvelle dimension médiatique et populaire.» L'organisateur ne cache pas son envie de monter les bateaux à la capitale. «Je sais qu'il y a des ponts, je sais qu'il y a des difficultés techniques, avance-t-il. Mais je sais aussi depuis le départ fluvial de Bordeaux que les équipes sont capables de beaucoup d'adaptation.»
En juin 2014, lors des ponts de l'Ascension et de la Pentecôte, Deauville offrira donc une luxueuse vitrine pour convaincre les décideurs et sponsors parisiens. Côté mer, les navigateurs se réjouissent de tirer leurs premiers bords sur une Manche stratégique. «J'ai toujours été meilleur sur les côtes nord, rappelle Jérémie Beyou, skipper de Maître Coq. Ce sont des navigations plus rudes avec des courants, des côtes escarpées et des coups de vent qui rentrent encore facilement à cette époque de l'année.» La flotte se souvient encore de la dernière étape de gros bras sur la Solitaire 2013.
En 2014, la première étape comprendra pas moins de trois traversées de la Manche avec une arrivée jugée à Plymouth.
Un passage en terres anglo-saxonnes prévu de longue date pour saluer les nombreux skippers anglophones attirés par la Solitaire.«Cette année, nous devrions accueillir entre cinq et sept marins venus d'outre-Manche», annonce Pierre Bojic. Parmi eux, un habitué du circuit, prétendant au Top 10, Sam Goodchild. «Cette escale est vraiment importante pour nous afin de convaincre de nouveaux sponsors», explique le jeune Anglais. L'an passé, David Kenefick, le jeune marin qui porte fièrement les couleurs irlandaises sur Full Irish, avait tellement apprécié son expérience sur la Solitaire qu'il avait persévéré jusqu'à la dernière épreuve de la saison Figaro, la Generali Solo. Puis les concurrents hisseront leurs voiles pour aller chercher le célèbre rocher du Fastnet et filer vers Roscoff. «Ensuite, nous souhaitons prendre la direction de la Vendée», poursuit Pierre Bojic. Avant une arrivée jugée à Cherbourg, comme lors de l'édition 2012 qui a vu la première victoire de Yann Éliès.
Un bon présage pour le blond marin, premier double vainqueur de la course en 2012 et 2013 et bien décidé à ne pas s'arrêter en si bon chemin. «Jamais deux sans trois! s'amuse le marin. Ce serait dommage de ne pas tenter ma chance pour une troisième victoire d'affilée.» Il l'assurait au Brésil lors de sa victoire sur la Transat Jacques Vabre: «La victoire, cela se cultive et cela s'apprend.» Le skipper a pris une louche de confiance avec sa première victoire et une marmite avec la seconde.
Yann Eliès trouvera sur son chemin un autre skipper en quête d'une troisième victoire, Jérémie Beyou. Le skipper est à mi-chemin des trois ans fixés pour réussir son pari. «Quand on a déjà connu la victoire, la pression n'est plus tant extérieure que personnelle. Je sais que je peux gagner une troisième fois. Mais cela ne sera pas facile car je connais le potentiel en performance pure de mes adversaires, comme Morgan Lagravière par exemple.» Le jeune homme pressé rêve de Vendée Globe mais pourrait bien tenter le tout pour le tout pour inscrire son nom au palmarès de la Solitaire. Son titre de champion de France 2012 a aiguisé son appétit. Il ne faudra pas non plus négliger les révélations 2013 comme Yoann Richomme, désormais chez Macif, Xavier Macaire, skipper Hérault et dauphin de Yann Eliès en juin dernier, ou Adrien Hardy (Agir-Recouvrement), auteur d'une très belle saison 2013. Sans oublier les stars de la course au large qui ne quittent pas des yeux l'épreuve. Michel Desjoyeaux et Alain Gautier se frotteraient bien une nouvelle fois aux valeurs montantes de la voile. La 45e édition de la Solitaire devrait assurer le spectacle.
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