Départ du Vendée Globe le 8 novembre : à quelles conditions météo peut-on s'attendre ?

Vendée Globe
Mercredi 28 octobre 2020 à 13h04

Le départ de la 9ème édition du Vendée Globe sera donné le 8 novembre prochain aux Sables d’Olonne. D’un point de vue météo, le début du mois de novembre correspond à une période de transition entre l’été et l’hiver. Les conditions météo sur le littoral vendéen peuvent y être très variées. Alors quelles seront les conditions météo possibles pour le départ ?

©Vincent Curutchet / DPPI
Le départ de la 9ème édition du Vendée Globe sera donné le 8 novembre prochain aux Sables d’Olonne. D’un point de vue météo, le début du mois de novembre correspond à une période de transition entre l’été et l’hiver. Les conditions météo sur le littoral vendéen peuvent y être très variées. Alors quelles seront les conditions météo possibles pour le départ ?

L’analyse des observations météo des "8 novembre" sur les 20 dernières années (2000-2019) mettent en évidence la prédominance des flux océaniques de sud-ouest à nord-ouest dans 60% des cas tandis que la fréquence des flux de nord à nord-est de l’ordre de 20%. Concernant la force des vents, on a observé des vents faibles (inférieurs à 10 nœuds) dans 25% des cas, des vents modérés (10 à 20 nœuds) dans 50% des situations et des vents soutenus (supérieurs à 20 nœuds) dans 25% des cas. Des rafales supérieures à 30 nœuds ont été observées avec une fréquence de l’ordre de 40%.

Les situations perturbées océaniques

Elles sont assez fréquentes à cette période de l’année. Lorsque les dépressions circulent sur le nord de l’Atlantique à des latitudes élevées, la Vendée se trouve en marge des systèmes dépressionnaires avec des perturbations peu actives et des vents modérés. En revanche, lorsque les dépressions circulent entre l’Irlande et l’Angleterre, la Vendée subit de plein fouet l’assaut des perturbations avec le passage de fronts actifs associés à des coups de vent. Dans ce cas, les vents moyens peuvent atteindre une trentaine de nœuds et les rafales atteindre ou dépasser 45 à 50 nœuds. A cela s’ajoutent les fortes conditions de mer avec des houles d’ouest à nord-ouest dépassant parfois 5 mètres en allant vers le large.

Les bordures anticycloniques

En automne, le littoral vendéen peut se situer en bordure de l’anticyclone des Açores qui s’étend par une dorsale vers le sud du golfe de Gascogne. Dans cette situation, un flux d’ouest à nord-ouest modéré permet aux navigateurs de débuter leur course dans de bonnes conditions de vent. Dans certains cas, un anticyclone vient s’installer sur les Iles Britanniques et génère un flux de nord-est plus ou moins consistant sur le littoral vendéen. Avec ce flux continental, les navigateurs bénéficient d’un vent portant qui leur permet de traverser rapidement le golfe de Gascogne.

Les petites conditions de vent au cœur des anticyclones

Les situations de vent faible sont peu fréquentes à cette période de l’année. Elles surviennent généralement lorsque la Vendée se situe au cœur d’une zone de hautes pressions ou au passage d’une dorsale (extension d’un anticyclone dans une direction donnée). Ces petites conditions de vent, appelées pétole par les navigateurs, sont redoutées car les marins se retrouvent parfois immobilisés sur l’eau pendant plusieurs heures et obligés de surveiller la moindre risée pour pouvoir repartir.

A cette échéance, les premières modélisations atmosphériques envisagent une situation faiblement perturbé en bordure d’un système dépressionnaire sur le proche Atlantique avec un flux orienté au sud. Cette tendance météo à une dizaine de jours manque encore de fiabilité. On reviendra dès le début de semaine prochaine sur la situation météo de départ avec un bulletin météo quotidien pour mieux comprendre les enjeux de la course.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.