Nouveau départ en tête de flotte

Vendée Globe
Mardi 12 janvier 2021 à 17h32

Ce mardi 12 janvier, 65 jours après le coup de canon du 8 novembre dernier devant Les Sables d’Olonne, c’est un nouveau départ auquel se livrent les 5 premiers IMOCA. Dalin, Seguin, Bestaven, Ruyant et Burton ne sont séparés que de 25 milles et vont devoir composer avec l’instabilité météorologique jusqu’à Recife, la corne du Brésil, pour enfin cavaler dans des alizés de sud-est stables et vigoureux. En attendant, les skippers s’activent aux réglages, cherchent la bonne risée, observent les grains dans une moiteur étouffante. Du gagne-petit énergivore !

©Charlie Dalin / Apivia
Ce mardi 12 janvier, 65 jours après le coup de canon du 8 novembre dernier devant Les Sables d’Olonne, c’est un nouveau départ auquel se livrent les 5 premiers IMOCA. Dalin, Seguin, Bestaven, Ruyant et Burton ne sont séparés que de 25 milles et vont devoir composer avec l’instabilité météorologique jusqu’à Recife, la corne du Brésil, pour enfin cavaler dans des alizés de sud-est stables et vigoureux. En attendant, les skippers s’activent aux réglages, cherchent la bonne risée, observent les grains dans une moiteur étouffante. Du gagne-petit énergivore !

Encore 24h de vent instable

« La route est toute droite vers le nord mais pas claire. Jusqu’à Recife, les alizés de nord-est ne sont pas stables, il y a des bulles avec moins de vent, et des variations en force et en direction. Sur l’eau, il doit y avoir des écarts de pression donc de vitesse entre les bateaux. Pas simple du tout ! » expliquait ce matin Sébastien Josse, consultant météo pour la direction de course du Vendée Globe. La longue course en solitaire prend aujourd’hui un autre visage, celui d’une régate au contact entre 5 IMOCA, si ce n’est 9 en y ajoutant Herrmann, Dutreux, Pedote et Le Cam. « La position de chassé de Yannick n’est vraiment pas facile car il doit la tenir. Le pire c’est qu’on risque de revenir sur tout le monde car la zone de vent faible va s’en aller » confiait le roi Jean à la vacation matinale remonté comme une pendule, teint frais après sa toute première douchette et moral au beau fixe. Les écarts dans ce groupe de tête sont inédits, présage d’arrivées aux Sables d’Olonne en mode rafale. Jean Le Cam soulignait par la même qu’il y a huit ans « Gabart arrivait en Vendée, quand j’étais encore au Cap-Vert en 5e position. » De quoi en effet remettre les choses en perspective ! Et dire que les 9 premiers se tiennent en 127 milles seulement…

Foiler et bateau dérive : même combat dans les petits airs

« J’ai un foil bâbord que je n’arrête pas de rentrer et de sortir en fonction des risées et qui j’espère me servira dans les heures et jours à venir » lançait Yannick Bestaven à la vacation de la mi-journée. Les appendices de Maître CoQ IV sont en effet dans leur intégrité, comme ceux de Bureau Vallée 2, ce qui n’est pas le cas de LinkedOut ni d’Apivia. A moins que Charlie Dalin ne ressorte l’arme fatale le temps de quelques heures pour reprendre au bon moment l’avantage ? Ce sera bien difficile de le savoir sauf à regarder les vitesses sur la cartographie. Toujours est-il que si dans les alizés puissants, l’avantage des ailes porteuses est indéniable, en-dessous de 15 nœuds de vent, le différentiel est minime. Les bateaux à dérive vont donc jouer cartes sur tables jusqu’à Récife…

Naviguer souple et faire le dos rond

La flotte s’étire sur moins de 7 000 milles ce mardi, et désormais 17 IMOCA naviguent en Atlantique Sud depuis que Pip Hare a doublé le Cap Horn la nuit dernière. Deux concurrents se font encore secouer : Romain Attanasio au large de Montevideo et Alexia Barrier à 800 milles dans l’ouest du point Nemo. Des conditions toniques sur mer chaotique pour Romain qui n’en a que pour quelques heures encore, du vent fort et des vagues de plus de 6 mètres pour Alexia qui mange son pain noir depuis plus de 24h au milieu d’une dépression en provenance de l’Antarctique. Du côté du Cap Horn, les prochains à prendre la porte de l’Atlantique seront Stéphane Le Diraison et l’Espagnol Didac Costa. Les deux hommes crieront un bon coup pour fêter leur victoire sur un Pacifique rude demain midi !

Objectif terre pour Isabelle Joschke

Après son abandon du Vendée Globe survenu samedi à l’Est des Iles Malouines au large de l’Argentine, et l’abattement bien compréhensible qui en a découlé, Isabelle Joschke et le team MACSF se sont très vite remobilisés. Dans les heures qui ont suivi, une course contre la montre s’est engagée pour assurer la sécurité de la navigatrice obligée de poursuivre sa route dans des conditions de mer très difficiles (5 à 6 mètres de houle, plus de 40 nœuds de vent). Isabelle Joschke est donc contrainte de naviguer autrement sur son IMOCA qui ne réagit plus de la même manière. L’équipe technique est intervenue pour l’aider à choisir la meilleure route à suivre et déterminer les vitesses les mieux adaptées. Elle bénéficie également de l’aide précieuse de Christian Dumard, consultant météo auprès de la direction de course du Vendée Globe. « Isabelle va désormais devoir se montrer patiente. Elle traverse en ce moment une zone sans vent. Elle devrait accoster au Brésil plus certainement qu’en Afrique du Sud, même si aujourd’hui la question n’est pas complètement tranchée. Cependant la pointe du continent africain paraît loin et comporte des risques. Le port pourrait être Itajai, Rio de Janeiro ou Salvador de Bahia. L’objectif est qu’elle gagne le nord le plus vite possible pour trouver un flux d’alizés d’Est qui circulent sur la latitude 25-26 Sud. On est en train de mettre en place des solutions d’arrivée pour avoir une équipe prête à l’accueillir » explique Alain Gautier, team Manager du projet MASCF.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.