Les premiers mots de Miranda Merron après son arrivée

Vendée Globe
Jeudi 18 février 2021 à 15h04

Miranda Merron a franchi la ligne d'arrivée en 22e position mercredi soir à 23h16min et 51 secondes. Lors du passage obligé de la conférence de presse, elle a livré ses premières impressions sur son tour du monde.

©Jean-Marie Liot / Alea
Miranda Merron a franchi la ligne d'arrivée en 22e position mercredi soir à 23h16min et 51 secondes. Lors du passage obligé de la conférence de presse, elle a livré ses premières impressions sur son tour du monde.

L'air entraînant de la musique "Feeling Good" choisit par la skipper de Campagne de France pour accompagner son arrivée en disait long sur son état d'esprit. Elle s'est prêtée au jeu des questions/réponses.

Pourriez-vous résumer votre course en quelques mots ?

"Extraordinaire et incroyable."

Est ce que cette course était comme vous l’attendiez ?

"Je ne savais pas à quoi m’attendre même si j’avais déjà été 4 fois dans le grand Sud. C’était assez varié et compliqué. Je savais que ça allait être dur donc je n’ai pas été surprise.

J’ai essayé d’être compétitive tout en étant conservatrice car notre bateau Campagne de France n’était pas assuré donc le but premier était de boucler le tour et le bonus était de pouvoir avoir des concurrents derrière moi. C’était donc une vraie course, mais avec une certaine prudence. J’aurais pu faire mieux, mais ça sera pour une autre course !"

Quelle est la genèse du programme ?

"Il y a plusieurs années je voulais faire le Vendée Globe et je n’ai pas réussi à réunir le budget nécessaire. Il y a deux ans, je voulais tenter le record du tour du monde avec notre 40 pieds, mais à ce moment-là, Halvard m’a dit qu’il serait même possible de voir plus grand et de faire le tour avec plus d’ambition sur un IMOCA. Je voulais aussi faire ça pour remercier mon sponsor, Campagne de France, qui me suit depuis 10 ans, et je pense qu’il n’y avait pas meilleur moyen de le faire que de les amener sur le Vendée Globe."

Ne vous êtes-vous pas sentie très seule pendant ces 101 jours ?

"J’étais seule (rires) ? C’est un choix de partir sur le Vendée Globe, personne ne m’a forcé, j’étais heureuse d’y aller, donc autant être de bonne humeur. J’ai eu peu de coups de mou. WhatsApp était quelque chose de révolutionnaire cette année. Ca nous permettait de rester très connecté avec la terre, mais aussi avec les skippers en mer. On partageait beaucoup d’informations techniques, mais aussi des choses du quotidien comme les anniversaires ! J’ai beaucoup apprécié cette solidarité qu’il y avait entre les marins de la course. Même si on est seul à bord, on n’est pas seul en mer.

Et puis ça permettait aussi de garder un lien avec les amies ! Tous les vendredis soirs j’avais rendez-vous à 18h avec Sam Davies pour l’heure de la bière. Je n’avais pas de bière à bord donc c’était du thé pour moi. Demain, par solidarité pour Sam qui est encore en mer, je serai connectée comme d’habitude."

Qu’allez-vous faire maintenant ?

"J’ai vraiment envie de passer du temps avec mes amis, ma famille, mes partenaires. Je suis très triste qu’ils ne soient pas tous là aujourd’hui. Je vais aussi beaucoup dormir et manger. Je suis désolée, mais je ne sais pas encore ce que je ferai cet après-midi."

Qu’est-ce que vous auriez aimé savoir avant de partir ?

"J’aurais aimé en savoir davantage sur le fonctionnement de tout le système électrique ! J’ai un peu appris pendant la course, mais je vais continuer ma formation."

Avez-vous eu des moments de doutes ?

"Il y a eu deux tempêtes ou j’ai vraiment eu peur et à moment là je me suis demandée ce que je faisais là. On choisit d’aller dans des endroits ou on ne devrait pas aller, il faut assumer les conséquences."

Aviez-vous une journée type ?

"Il n’y a pas de journée type sur le Vendée Globe. La météo et l’état du bateau dictent ce qu’il se passe au quotidien. J’essayais de prendre un petit-déjeuner avant le lever du jour et deux repas dans la journée. Si le vent changeait et si je devais changer de voile, toute l’organisation serait modifiée. Jusqu’à l’arrivée je n’ai pas fait d’écart, je restais concentrée. Je me forçais à attendre de ne pas penser à l’arrivée et depuis deux jours je n’ai envie que d’une bière ! (Rires)"

Aviez-vous fait une préparation mentale ou Halvard vous avait coaché ?

"J’ai 51 ans donc si je ne me connais pas maintenant, je ne me connaîtrai jamais. Parfois il faut se donner un coup de pied au mental. Il faut savoir se remettre sur le bon chemin seul. Les fois où Halvard sentait que j’étais de mauvaise humeur au téléphone, il me disait qu’il ne voulait pas me parler donc le problème était vite résolu."

Pensez-vous revenir en 2024 ?

"Ça fait à peine 2 heures que j’ai remis pied à terre donc je serai plus apte à parler de cela cet après-midi."

Avez-vous un programme de récupération particulier ?

"Je viens de manger un steak pour mon petit-déjeuner là-bas donc c’était déjà génial. Les premiers jours seront rythmés par beaucoup de sommeil et de repas car c’est une course très fatigante. Le plus dur sera la part psychologique car je passe d’un monde de total liberté dans lequel j’ai vécu pendant plus de 100 jours à un autre rempli de contraintes. C’est très brutal."

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
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Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.