Records – La voile à grande vitesse

Régates
Mercredi 18 mai 2022 à 11h32

Emirates Team New Zealand vient de baptiser « Horonuku », son engin destiné à battre le record de vitesse absolu à la voile, sur terre. Aux quatre coins de la planète, des hommes et des femmes rêvent d’aller toujours plus vite à la seule force du vent, mais sur l’eau. Le World Sailing Speed Record Council (WSSRC) supervise et valide depuis 50 ans, toute tentative avec impartialité, qu’elle soit sur 500 mètres ou autour du monde.

©DR Vestas Sailsrocket
Emirates Team New Zealand vient de baptiser « Horonuku », son engin destiné à battre le record de vitesse absolu à la voile, sur terre. Aux quatre coins de la planète, des hommes et des femmes rêvent d’aller toujours plus vite à la seule force du vent, mais sur l’eau. Le World Sailing Speed Record Council (WSSRC) supervise et valide depuis 50 ans, toute tentative avec impartialité, qu’elle soit sur 500 mètres ou autour du monde.

Alors que tout le monde peut tenter d’être le plus rapide à la voile, à quelque endroit que ce se soit sur la planète, et sur n’importe quel support, le WSSRC apporte en 1972 de la rigueur et des règles pour que l’on puisse s’y retrouver. Une distance de référence de 500 mètres est d’abord retenue. Trois autres catégories seront ensuite intégrées : le record du mille nautique, la plus grande vitesse sur 24 heures, et enfin, en 1988, les parcours offshore.

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© DR Syroco

De Crossbow à Vestas

C’est donc au début des années 70 que le prao de 60 pieds « Crossbow », spécialement conçu et construit pour Timothy Colman, est le premier détenteur du record avec une vitesse de 26,30 nœuds. Six ans plus tard, « Crossbow II » atteint 36.00 nœuds. Mais l’invention d’un nouveau jouet, beaucoup plus simple et infiniment moins coûteux va tout révolutionner, il s’appelle le Windsurf. Cette planche à voile et ses milliers d'amateurs. En 1986, le Français Pascal Maka, explose le chronomètre avec une vitesse de 38.86 nœuds. Il est actuellement détenu par l’Australien Paul Larsen sur « Vestas Sailrocket 2 », qui a atteint 65.45 nœuds en 2012. Actuellement, deux équipes sont en lice pour s’en emparer. Alexandre Caizergues, qui a détenu le record en 2008 (50.57 N) et 2010 (54.10 N), a remisé sa planche de kite pour une capsule révolutionnaire baptisée Syroco, suspendue entre une aile volante et un foil sous-marin. La seconde équipe est constituée d’étudiants et ingénieurs de l'École Polytechnique de Lausanne. Ils développent le projet SP80. Plus proche de Sailrocket par sa forme, ils ont comme Syroco, un double objectif : battre le record actuel et, si possible, atteindre les 80 nœuds ! Peut-être moins prestigieux, ou nécessitant un support plus marin, le record du mille a connu moins de détenteurs. C’est le légendaire windsurfer Bjorn Dunkerbeck qui établit un premier temps de référence en juillet 2003 : 33.96 Nœuds. L’Hydroptère d’Alain Thébault, précurseur des trimarans Ultim actuels, a régulièrement amélioré ce record entre 2007 et 2009, année où il est le premier à dépasser les 50 nœuds. Mais l’incontournable Paul Larsen et son Vestas Sailrocket le détrôneront en 2012 en atteignant 55.32 nœuds sur la distance.

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© DR SP80

908 milles en 24 h

Inaccessible aux planches légères et autres kite, le record des 24 heures voit les grands et onéreux bateaux prendre leur revanche. Et cette compétition ne date pas d’hier puisque déjà, en 1854, le bien nommé clipper de 225 pieds (68.58m)  « Champion of the Sea » parcourait 467 milles en une journée. Repris en main par le WSSRC en 1994, les grands multicoques de course au large l’améliorent presque tous les ans. Pourtant, curieusement, il n’a pas été battu depuis 2007, Pascal Bidegorry et son équipage sur le trimaran géant Banque Populaire V parcourant la distance hallucinante de 908.2 milles en 24 heures. En solitaire, c’est François Gabart sur Macif (devenu Actual avec Yves Le Blevec comme skipper) qui détient le record, avec une marque incroyable, à plus de 850 milles. Le détenteur en monocoque, le Comanche (100 pieds) de Jim Clark et Ken Read, pourtant mené en équipage n’a pas pu faire mieux que 618 milles en 2015.

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© Benoit Stichelbaut

Le tour du monde en 40 jours

Enfin, si le nombre de parcours offshore est potentiellement infini, seulement quelques routes mythiques retiennent l’intérêt des plus grands marins et attirent grand public et medias. C’est bien sûr le tour du monde qui concentre le plus l’attention. Si la dream team de Bruno Peyron a été la première, en 1993, à passer sous la barre mythique des 80 jours, c’est l’équipage de Francis Joyon sur Idec qui depuis 2017 est détenteur du fameux trophée Jules verne en 40 jours 23 heures et 30 minutes. Plusieurs grands trimarans, dont le Gitana de Charles Caudrelier, pourraient s’y attaquer l’hiver prochain après la Route du Rhum Destination Guadeloupe. En solitaire, François Gabart n’a pas mis deux jours de plus (42 jours 16 heures et 40 minutes), pour faire le tour de la planète ! Bien sûr, on peut aussi faire le tour du monde en monocoque (Armel Le Cleac’h 74 jours), en 40 pieds (Guo Chuan – 137 jours), être une femme (Ellen MacArthur – 71 jours), ou même à l’envers, comprendre vers l’Ouest, à contre-sens météorologique (JL Van Den Heede - 122 jours) …

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© DR François Gabart - Macif

En attendant les Ultim

Mais après le tour du monde absolu, le record le plus mythique reste sans doute celui de la traversée de l’Atlantique Nord, à réaliser entre le phare d’Ambrose (New York) et le Cap Lizard au Sud de l’Angleterre. En 1905, la goélette Atlantic et ses 50 hommes d’équipage menés par Charlie Barr avaient mis 12 jours et 4 heures. Il faudra attendre 75 années avant qu’il ne soit pas battu par Éric Tabarly en personne qui, en 1980 réalise la traversée en 10 jours et 5 heures à bord du foiler Paul Ricard. Il est surprenant que les trimarans Ultim actuels (Sodebo, Gitana, Actual, SVR-Lazartique…) n’aient pas encore battu le temps établi en 2009 par l’équipage de Pascal Bidegorry sur Banque Populaire V : 3 jours 15 heures et 25 minutes. Plus récemment, en 2017, Thomas Coville sur Sodebo 4, a battu le record en solitaire en le faisant tomber à 4 jours 11 heures.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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