Vendée Globe : la détermination de Samantha Davies

Depuis son installation en Bretagne en 2001, elle est devenue une figure du monde de la voile en France. "Il fut un temps où je n’étais pas toujours en tête, mais maintenant que j'y suis plus souvent, j’en ai pris goût", confie Davies avec un grand sourire. Cette fois, elle dispose d’un bateau mis à l’eau en juillet 2022, conçu pour soutenir l’initiative caritative qu’elle défend, capable de rivaliser avec les modèles Imoca les plus performants. "Je touche du bois, mais le processus de fiabilisation s’est super bien passé. Au fur et à mesure des courses, on a eu moins de problèmes, on a pris confiance et on a pu appuyer sur le champignon, c’était un cercle vertueux", se réjouit-elle à quelques semaines du départ.
Un rêve de podiumSur le papier, Samantha Davies a toutes les qualités pour viser le podium. Aucune femme n’a réussi cet exploit depuis sa compatriote Ellen MacArthur en 2001, mais Davies pourrait bien changer la donne.
Originaire de Portsmouth, elle a fait ses premiers pas en mer aux côtés de MacArthur, allant même jusqu’à ramener le bateau de 50 pieds après la victoire de cette dernière dans la Route du Rhum de 1998. Près de trente ans plus tard, Davies est devenue l’une des navigatrices les plus aguerries de la compétition, s’étant brillamment qualifiée avec une troisième place dans la difficile Transat et en parcourant un grand nombre de milles ces trois dernières années. "J’ai voulu naviguer un maximum pour me sentir le plus à l’aise possible à bord", explique-t-elle. Qualifiée d’office pour cette édition en raison de son engagement à bord d’un des treize bateaux neufs inscrits, Davies affirme n’avoir jamais ressenti de lassitude. "A aucun moment, je ne me suis dit : c’est trop. L’océan me fait toujours autant rêver et cette course aussi", dit-elle avec enthousiasme.
Un retour dans les eaux du SudLa navigatrice aborde cette course avec plus de sérénité qu’auparavant. "Avant, j’étais terrorisée à l’idée de ne pas finir, je me mettais une pression de fou et, au final, j’ai abandonné à deux reprises", confie-t-elle. Pour ce quatrième Vendée Globe, elle s’est donc préparée plus rigoureusement que jamais. Sur les réseaux sociaux, elle partage ses séances de natation, de pilates et de musculation avec sa coach Anne Beaudart, visant à rester en pleine forme pour relever les défis physiques du voyage. "Pendant la course, on dépense énormément d’énergie à bord, on perd du muscle. Il faut savoir répondre physiquement aux challenges d’un voyage de plusieurs mois sans aucun moment de repos", décrit-elle.
Superstitieuse, elle prévoit d’offrir un peu de chocolat et quelques gouttes d’alcool à l’océan en passant près du point Némo, là où elle avait dû renoncer à une tentative en 1998. "C’était une tentative de Jules Verne avec un équipage 100 % féminin. On a démâté brutalement et j’ai toujours le point GPS sur mon logiciel de cartographie. J’y retourne aussi pour ça, me réconcilier avec les coups durs que j’ai vécus dans le Sud", dit-elle.
Samantha Davies semble avoir trouvé la clé de la réussite pour ce défi extrême. "Il faut un mental d’acier, une équipe exigeante qui a bien préparé le bateau et un bon mode dégradé, car comme d’habitude, les voiliers vont tous finir bien cassés." Plus prête que jamais, elle est déterminée à surmonter chaque obstacle pour briller dans cette aventure exigeante et inspirante.