Portrait de skippeuse 1/6 : Pip Hare, la tenace

Pour sa deuxième participation, Pip se lance dans cette aventure qu’elle connaît déjà et qu’elle a réussi à terminer en 2020. Mais cette fois-ci, elle se « lance » avec plus d’expérience, un IMOCA de haute performance, et des ambitions renouvelées.
Née en 1974 dans le comté du Dorset en Angleterre, Pip Hare développe très tôt un amour pour la mer. Elle commence à naviguer dès son plus jeune âge, et au fil des années, elle transforme cette passion en vocation, devenant une navigatrice professionnelle respectée. Avant de s’initier au monde de la course au large, elle était skippeuse dans le privé, réalisant surtout des convoyages, du charter ou des croisières. Elle participe tout d’abord à des courses comme la Mini Transat et la Transat Jacques Vabres en Class40. Avec son expérience croissante, c'est la participation au Vendée Globe qui devient pour elle un rêve ultime et un défi personnel. Avec une détermination farouche et une capacité unique à rester concentrée face aux éléments, Pip décide de se lancer dans cette aventure en solitaire.
Un premier Vendée Globe couronné de succèsEn 2020, Pip Hare prend le départ de son premier Vendée Globe, avec de nombreux skippers hautement compétitifs. Elle s’élance alors à bord de l’IMOCA Medallia, construit en 2000 et connu sous le nom de Superbigou, et loin d’être aussi performant que les IMOCA de dernière génération. Pip savait qu’elle ne pouvait rivaliser en vitesse, et pourtant, elle poussa le bateau dans ses retranchements et le fit avancer plus rapidement pendant 95 jours. Au fil des semaines, Pip se bat contre les éléments et surmonte de nombreux défis techniques. L’un des moments les plus marquants survient lorsqu’elle est contrainte de remplacer un safran endommagé dans des conditions extrêmes, en plein océan Indien. Un acte de bravoure et de technique qui force le respect de la communauté nautique et prouve sa capacité à improviser et à surmonter les obstacles. Pip termine finalement le Vendée Globe en 95 jours, se classant 19e sur 33 participants, un exploit remarquable pour une première participation avec un bateau moins performant. Et elle devient ainsi la huitième femme à terminer le Vendée Globe.
Un IMOCA de légende et de nouvelles ambitions pour 2024Pour cette nouvelle édition, Pip Hare revient avec un bateau bien plus compétitif : Medallia, l’ancien Bureau Vallée II, auparavant Banque Populaire VIII. Conçu en 2015, ce foiler a un pedigree impressionnant. Sous les couleurs de Banque Populaire VIII, il a permis à Armel Le Cléac’h de remporter le Vendée Globe 2016-2017 avec un temps record à l’époque. Racheté ensuite par Louis Burton et rebaptisé Bureau Vallée II, ce bateau s’est de nouveau illustré en se classant 3e en 2020-2021.
Pour Pip Hare, naviguer sur cet IMOCA légendaire représente une chance inespérée et un tournant dans sa carrière de navigatrice professionnelle. Grâce à de nombreux efforts et au soutien de sponsors, elle a pu moderniser et adapter le bateau à ses besoins. Bien qu’il ne soit plus des dernières générations de foils, elle saura en tirer le meilleure partie, pour réaliser une belle performance, comme en 2020.
Une course symbolique et un message de persévéranceAprès une préparation rigoureuse et exemplaire, faite de mois passés en mer et d'un entraînement physique intensif pour renforcer son endurance et sa résistance aux longues semaines de solitude, Pip est enfin prête à affronter les océans du globe. Devenue une figure emblématique de la course au large, elle suscite une grande sympathie et incarne des valeurs d'endurance et de persévérance. Lors du dernier Vendée Globe, les spectateurs avaient découvert une femme rayonnante, partageant son quotidien avec ce charme et cet humour typiquement britanniques que l'on apprécie tant.Alors qu’elle s’apprête à franchir la ligne de départ le 10 novembre, Pip Hare sait que le défi sera rude. Mais pour cette navigatrice passionnée, l’essentiel est d’être fidèle à elle-même, de donner le meilleur et de repousser encore une fois ses limites.